‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 25 sur 170 · Hec.j 1164; Phœniss., 526; Ion, 831; Med · texte numérisé non relu

Hec.j 1164; Phœniss., 526; Ion, 831; Med

6. Art. Eschyle. Voyez encore l'article Eurip'de, où il est dit : « Il est absurde d'imputer à l'auteur à'ane tragédie les sentiments qu'il lait débiter par ses personnages. »

maxime, prouvait assez combien elle pouvait être dangereuse, s II n'est point, en effet, sans danger de prêter à une pensée coupable, par un tour sentencieux, l'apparente autorité d'une vérité générale, et de préparer ainsi des axiomes commodes aux apologies du crime.

Ces apologies ne manquent point chez Euripide, et quand la morale les absoudrait toujours, elles seraient quelquefois condamnées par la vraisemblance dramatique. Il a des personnages qui étalent assurément avec trop de complaisance et proclament avec trop d'orgueil leur bassesse et leur méchanceté. L'égoïsme et le vice ont aussi leur pudeur, et les secrets honteux du cœur n'arrivent pas si facilement sur les lèvres. Ces personnages montrent en outre une scélératesse qui n'est pas toujours nécessaire, et c'e^t ce qu'Aristoîe appelle des mœurs gratuitement mauvaises *. Il est rare qu'on soit plus méchant qu'on n'a besoin de l'être.

Si Euripide manque trop souvent dans ses scènes aux convenances théâtrales , ce défaut devait surtout se montrer dans ses chœurs, d'une belle poésie sans doute, mais faiblement rattachés à l'action et qui lui restent même quelquefois complètement étrangers ^. Le chœur, ce fondateur de la tragéJie grecque, qui en était dans l'origine l'unique acteur, qui longtemps s'était maintenu au rang des principaux personnages, qui, lors même qu'il n'agissait pas, était encore sur la scène l'interprète des pensées secrètes du poëte et comme le démonstrateur de son œuvre, le chœur était bien déchu do son antique importance : ce n'était plus qu'un témoin incommode, dont la présence continuelle nuisait à la vraisemblance du drame; on l'y souffrait par habitude, comme ces fa-

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