‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 42 sur 170 · Popwl., prol., I · texte numérisé non relu

Popwl., prol., I

2. M. Welcker, Trag. gr. p., m, p. 927, pense que VEsculape d'Aristarque de Tégée a bien pu inaugurer ce tliéâtre d'Fpidaure, dont nous avons plus haut, p. 7>>, rapp lé réiaMis^cment. Seit'n M. W. C. Kayser, ibid., p. 208, le poêle y avait ptohablement représenté le demi-dieu, dont l'art menaçHit d'iruerronipre les loi- de la mort, puni comme Proméihée, de ses bienfaits envers la race bumauie, par la foudre de Jupiter.

3. PlutHicli., Vit. Num. ,yi; in Epicur.; Etym, Magn., v. Ae^ttov. Cf. Philostrat., Vit. Apollon., 111, 17; VIll, 7; Imag., xni; Vil. Sophocl. On peut ajouter aux dt'ux [licces citées d'Aristarque de Tégée un Tantale dont il est question chez le scoliaste de Sophocle, OEdiv Col., 1320, et Stobée, Florileg.

le public lui donner, de son vivant, un successeur *, en se retirant à cette cour de Syracuse où la faveur d'Hiéron attirait tant d'illustres hôtes; où en jouissaient ensemble, parmi des entretiens semblables à celui que Xénophon a

1. A ce motif qu'allèguent, avec vraisemblance, Plutarque (Vit. Cini., viii) et l'auteur grec de la vie d'Eschyle, ce dernier en ajoute un autre, du même g^nre, le chagrin d'avoir été vaincu par Simonide dans un concours élégiaque en l'honneur des guerriers morts à Marathon. On a encore attribué la détermination d'Eschyle au méconlenlement excité comre lui, soit pur un écroulement du théâtre survenu pendant qu'on y jouait une de ses pièces (Suid., v. Âîaxu>oc), soit par les désordres dont li représentation des Euménides fut accompagnée {Vit. Eschyl.). Mnsgrave [Chronol. scen.) l'a rattachée, d'après Élien [Var. hist.,Y, 19) et Apsine (c. Hepi àvrtTimTovxwv) à des persécutions poiititiues et religieuses que lui aurait attirées cette même tragédie des Euménides (vo\ez plus haut, p. 46). Cherchant à concilier quelques-unes > e ces opinions, Bœckh {Grœc. trag. princ, iv) a supposé que les Euménides , couronnées, avec les deux autres pièces qui foamaient VOrestie, la deuxième année de la lxxx^ olympiade (Arg. Agamemn.), l'avaient été en son absence, lorsqu'il était déjà définitivement établi en Sicile, et qu'il les avait doimé's sans succès auparavant, peut-être quand Sophocle remporta sa première victoire, la quatrième année de la Lxxvii' olympiade. Ce système, quelque peu hasardé, a été combattu par God. Hermann, qui {Dissert, ii de choro Eumenid. Ai^sch.; Opusc.,i. II, p. 139 sqq.), admettant comme Bœckh, mais bien plus que lui, qu'Eschyle a fait en Sicile plusieurs voyages : un, la première année de la ixx^ olympiade, après l'écroulement du théâtre doni parle Suidas à l'article d'Eschyle Ctmme à celui de Pratinas, et qui peut avoir eu lieu en efl'et lorsque ces deux poètes s'y disputaient le prix ; un autre, la première année de la lxxiii» olympinde, aprè< la victoire de Simonide; un autre encore, après celle de Soplioclv, la quatrième année de la Lxxvii* olympiade; un autre enfin, la deuxième année de la lxxx' olympiade, après, et malgré le succès des Eumémdes, est arrivé par une conciliation plus complète que celle de Bœckh, peut-être trop compb te, en prêtant à Eschyle une existence s ngulièrement troublée par la malveillance, et une grande susceptibilité de caractère, à ne rejeter aucune des traditions accréditées sur les motifs de son séjour en Sicile. "Welck^r {Tril. d'Esch., p. 516 et suiv.), discutant à son tour cette question obscure, n'a reconnu comme incomeNtables que deux \oya^'es d'i schyle en Sicile : l'un antérieur au jugf^ment qui lui préféra Sophocle, jui-'ement sur lequel, selon lui, a pu influer le mécontentement qu'il avait donné aux Athéniens en devenant le commensal et le poète d'un tyran étranger; 1 autre, qu'amena la représentation des Euménides ^ et dont, comme Musprrave, suivi en cela par Bœttigeret W.Schlegel, il [)enche à chercher la véritable cause dans les désa^^réments que dut lui attirer la hardiesse politiqu-' d'une pièce où étaient indircct^'mont censurées les entreprises de Pcnclés et du parti populaire contre l'autorité de l'Aréopage. (Voyez plus loin, liv. II, chap. vu.)

racontt? *, Épicliarme et Bacchylide, Sinaonide et Pindare ; où lui-même, on l'a suppose^ pour expliquer certaincsdifii- C'illés de sa bioj;raphie *, s'élail déjà montré avant de venir s'y fixer pour toujours ; d'où peut être il s'éloigna de nouveau, malgré ses résolutions, mais pour y revenir encore. Quoi qu'il en soit, jusqu'à la fin de sa lonp^ue carrièro, terminée, selon les Marbres de Paros, la première année de la Lxxxi« olympiade, en 456, à Gela», sa première résidence probablement, quand y régnait encore Hi/ron, et qui le recueillit honorablement après la mort de ce prince et le règne rapide de son successeur au trône de Syracuse, Tlirasybule, il passa dans la Sicile, soit à diverses reprises, soit continûment, un temps assez long pour que rinÛueioe de ce séjour ait pu se faire sentir par des locutions siciliennes dans certains de ses ouvrages *, et qu'un critique ancien * se soit cru en droit de l'appeler Sicilien. Ses chefs-d'œuvre, nous le savons des Perses^, reparurent avec un grand éclat sur la scène de Syracui-e, non toutefois sans que les applaudissements se mêlassent de quelques épigrammes, comma à Athènes, et qu'Épicharme fît écho à ses comiques '', Le Promèthéej dans lequel la description du volcan de la Sicile forme un si magnifique hors-d'œuvre *, y fut joué, je m'imagine, avec cette addition ; et lorsque la première année de la Lxxvi" ® olympiade, en 476 avant notre ère, Hiéron fit de Gatane, repeuplée par lui d'une colonie dorienne, une nouvelle ville qu'il appela du nom d'Etna, le poète donna ce nom *" à une tragédie, où en même temps que Pindare, dans sa première PyLhique ", il célébrait cette fondation *2. Ce ne

I. Hier. — 2. Bayle, art. Eschyle; Bœckh et surtout God. Hermann, ilid. — 3. Plutarcli., de Exsil. — 4. Athea., Deipn., IX. — 5. Macrob., Sat., V, 19.

6. Vit. ^schijL; Schol. Aristoph., Jîan., 1060 — 7. Schol. iEschyl., Eumenid., 6-29.-8. Prom., v. 374. — 9. Diod. Sic, XI, 49.

10. D'autres disent qu'il l'appela les Etnéens , ou encore les Etnéennes. Voyez, sur ces titres divers ei sur les raies fraginenls de la pièce, God. Hermann {de Msclujii jElnœ^s, 1^37; Opusc, 1839, t. Vil, p. 315; E. A. J. Ahrens( Jîsc/itji. fragm. , édit. F. Uidot, 1842, p. 242 sqq).

II. V. 58 sq., 116 sq. — 12. Vit. yEschyl. Cf. Macrob., Sat., Y, 19; Steph. Byzant., v. Uxnv.r^, etc.

fut pas probablement la seule qu'il écrivit en Sicile, pour ses nouveaux ou pour ses anciens concitoyens. Son exemple ne pouvait manquer d'être fécond et de proiluire tout un théâtre tragique. Le tombeau que lui avaient élevé les habitants de Gela, et sur lequel se lisait la belliqueuse épitaphe qu'il s'était composée lui-même, était, raconte-t-on, visité par des poètes, qui y venaient rendre hommage au fondateur de l'art, et y faisaient jouer, en son honneur, des tragédies *. Or ces poêles, si le tombeau dont il s'agit était véritablement celui de Gela, et non pas un cénotaphe à Athènes, devaient, pour la plupart, appartenir à la Sicile. Parmi les trag-édies qu'y firent naître en grand nombre l'inspiration d'Eschyle et plus tard l'influence des vers récités à leurs vainqueurs par les captifs athéniens, on doit surtout mentionner les quarante-trois, ou, selon un autre calcul, les vingtquatre composées à Agrigente, soit, du temps d'Euripide, par le grand philosophe, et, quoi qu'en aient dit Aristûte ^ et Plutarque % le grand poëte Empédocle ; soit, un peu plus tard, par un neveu, un petit-neveu du même nom ; soit, enfin, par tous les trois successivement *. On sait quelle monomanie tragique mêlait, comme notre Richelieu, aux soins du gouvernement, Denys l'Ancien, ce ternble acteur que la fortune, disait Timée, avait introduit sur le théâtre de la tragédie réelle * le jour même où elle retirait au théâtre de la tragédie fictive son pathétique interprète Euripide*. Il portait, pour s'inspirer, le costume de tragédien ', et sur les tablettes d'Eschyle, qu'il avait achetées * fort cher,

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