Adiers. indoct., xix, — 5. Diog. Laert., IV, 29. Cf
Polémon, par sa prédilection pour Sophocle, s'était fait donner le surnoai de 0iÀo7o^ox)vr;<; * ; un surnom du même j^enre eût convenu à Cranter, passionné pour Euripide, et qui, le citant sans cesse, répétait surtout ce trait de son Bellérophoîi :
c Hélas! mais pourquoi dire hélas? Ce que je souffre est d'un mortel*. »
Aux représentants de TAcadémie, on pourrait ajouter ceux du Portique, Zenon, Gléanthe, Chrysippe', non moins enclins a s'exprimer en vers de tragédie, les adoptant comme l'expression la plus v^ve de leur propre pensée, ou, selon Plutarque *, en changeant, pour les y accommoder, le tour et le sens. Un philosophe de cette école, Denys d'Héraclée, dit Gicéron *, «fui avait appris la constance sous Z^non, reçut d'un nouveau maître, de la douleur elle-même, un tout autre enseignement. Tourmenté d'une colique néphrétique , il gémissait, criait, répétant par intervalles que ce qu'il avait jusque-lk pensé de la douleur était bien faux. Surànt Gléanthe, son condisciple, qui lui demanda ce qui l'avait amené à changer ainsi de sentiment. « Ce raisonnement, répondit-il : s'il arrivait qu'après avoir longtemps philosophé, on ne pût cependant supporter la douleur, ne serait-ce pas une preuve suffisante qu'elle est un mal ? Or il est vrai qu'après tant d'années d'étude je ne le puis ; c'est donc un mal. » A ces mots, Gléanthe, frappant du pied la terre, cita, dit-on, cet endroit des Épijoms d'Eschyle ou de Sophocle : « Entends-tu cela, sous la terre, Amphiaraiis?» Il voulait dire Zenon, dont il était fâché de voir le disciple dégénérer.
De ces traits divers et d'autres que j'oublie, on aurait le droit, je le répète, de conclure a 'priori, ce que l'on sait d'ailleurs par des témoignages positifs; ce que l'on a dit de Ghrysippe, qui remplissait ses ouvrages de cita-
1. Diog. Laert., IV, 20. — 2. 7d., IV,26; Plutarch., D^/"or/j/i<d.—
3. Diog. Laeit. , VII, 23; Plutarch., De Stuicorum rejuignantiis. —