‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 85 sur 170 · THÉÂTRE D'ESCHYLE · texte numérisé non relu

THÉÂTRE D'ESCHYLE

CIIAriTRE PREMIER.

lies Snppliantos.

Parmi les sept pièces qui seules nous repre'sentent aujourd'hui le nombreux théâtre d'Eschyle, plusieurs, je l'ai déjà dit, peuvent nous donner quelque idée de cette tragédie primitive qui a été son point de départ. Il en est une, particulièrement, les Suppliantes, aussi pauvre d'intérêt dramatique que riche de poésie, où certains caractères, l'excessive simplicité de la fable, la prédominance du chœur sur les autres rôles, l'étendue démesurée de la partie lyrique, rarement interrompue par quelques récits, et plus rarement par quelques dialogues, ces circonstances, enfin, que rien n'y précède l'entrée du chœur, que les trois personnages, en quelque sorte ajoutés à celui du chœur, ne sont jamais plus de deux ensemble sur la scène, et qu'il a pu suffire, pour les jouer, des deux acteurs dont se contenta Eschyle, jusqu'à l'introduction d'un troisième par Sophocle, où, dis-je, tous ces caractères ne permettent guère de méconnaître la tragédie à son berceau, ainsi que le génie tragique du poëte.

Celte pièce paraît antérieure à celles dont se compose VOrestie, puisque le chœur, réduit à douze, à quatorze, à quinze choristes, on ne sait, après la représentation des Èuménicles^y ou auparavant, selon d'autres, n'y pouvait être convenablement, on va le voir, pas plus que dans la • ièce où PhryDichus avait déjà mis en scène le même personnage collectif^, moindre de cinquante : elle a, on peut le conclure de son imperfection relative comme œuvre dramatique, précédé très-probablement le Promélhie^ les Perses, les Sept Chefs : elle devrait ouvrir le recueil qu'elle ferme ordinairement. Je commencerai par elle ces études, heureux de pouvoir m'appuyer sur la double autorité de W„ Schlegel qui la croit un des plus anciens ouvrages du poëte, de De la Porte-du-Theil qui l'a, sans doute par des raisons pareilles à celles que je viens d'exposer, placée en tête de sa traduction^.

1. Vit. Soph.; Suid., v. Socpo/.Xviç ; Vit. Mschyl. Cf. Bœckh, Grœc. tra g. princip.,y 11; scho\. kvistoph., Equit., i-)93; Av.,SOO\ J. Poil,, IV, 19. Voyez, sur le.^ divers systèmes relatils à la réduction du chœur de la tragédie, M. Ch. Magniu, de la Mise en scène chez les anciens {Revue des Deux-Mondes^ 18't0, t. XXII, p. 259).

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