‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 99 sur 170 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

■ Et nous, plus misérables sœurs !

ANTIGONE

Éclatez, mes sanglots!

ISMÈNE

Coulez, coulez, mes pleurs'.

La tragédie semble finie; mais Eschyle la prolonge encore par un de ces suppléments que condamne l'art des modernes, et qui trouvaient, chez les anciens, leur excuse, soit dans les mœurs, soit dans certaines pratiques de théâtre. Nous aurons plus d'une occasion d'en faire la remarque : tantôt c'est i'imporiance attachée aux honneurs d-i la sépulture, tantôt c'est le soin de préparer un autre ouvrage, la seconde ou la troisième partie d'une

l. Cas. Dclavigne, Poésies diverses.

trilop^ie, quelquefois ce sont ces deux motifs ensemble,' qui portent les poêles grecs à pousser un peu plus loin que le dt'noiimonl. On a pu soupçonner qu'il en était ainsi des Sept Chcfs^ jusqu'à la découverte récente* de la didascalie qui fixe délinitivement la place de cette pièce dans les trilogies, et même les téiralogies, empruntées par Eschyle au cycle thébain. Elle y succédait à deux autres tragédies, le Laïus , VŒdipe; elle y précédait le Sphinx^ drame satyrique. 11 est maintenant bien évident que le poêle n'avait pu se proposer de préparer par sa dernière scène à l'intérêt qui devait animer ses Ekusiniens , ses Èpigones , celui des honneurs de la sépulture refusés par Thèbes aux restes des chefs argiens, et que leur font rendre le roi d'Athènes, Thésée, à Eleusis^, et leurs fils, les Épigones, à Thèbes'.

Antigone s'apprête avec Ismène à conduire les deux princes au tombeau, lorsqu'un héraut vient, de la part du séuat de Thèbes, ordonner d'ensevelir Étéocle, qui a combattu pour sa patrie , et d'exposer au contraire sans sépulture Polynice , qui lui a fait la guerre. Antigone se soulève noblement contre cette justice impie, et déclare que rien ne l'empêchera de remplir le

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