‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 100 sur 185 · Or y rencontrerait sans doute d'autres ou\ | ir le · texte numérisé non relu

Or y rencontrerait sans doute d'autres ou\ | ir le

inauguré par Phrynichua Eschyle el Th> eu 1646, les Danaïtts de Gombaud, qualifiées par V

buta heureusement, iut Erançaiee, pereetrag<

à'Hypermnestre. Le nullité* d'uni peine au milieu dei infinii etvolf Bloppemi

où elle se perd, a été* traitée par Qrrimm, bien gratuitement, de simplicité grecque. Orimm i crin luimême de mieux connaître c< ixquels du reste, avec grande raison, il renvoie L pour qu'il apprenne d'eux le d'une expression vive, plus naturelle et plus vraie. L'auteur <:'//. ermnestre n'imitait à coup sur que le* mo lei dm, q tait à son héroïne, l'une de ces jeunei filles qui, i l'auteur des Suppliantes, chantent un bymi longs discours d'esprit fort. Sa pièce ne manque pas de ces vers heureux qu'il a rencontrés dans toutes ses productions; mais quelques jeux de scène, habilement rendus par mademoiselle Clairon, en firent surtout le succès. Le public fut frappé de terreur quand, au milieu des ténèbres où Lyncée pleurait ses frères massacrés, il vit arriver Hypermnestre le poignard à la main ; il s'attendrit quand Hypermnestre se jeta, éperdue, au-devant de Lyncée, pour protéger contre lui son père, dont elle l'avait sauvé; il éclata en acclamations, lorsque au dénoûment Lyncée venant avec les Argiens, qui avaient brisé ses fers, punir Danaûs, et Danaûs, pour l'arrêter, menaçant d'immoler sa fille, tout à coup, dans le trouble d'une situation si vive, Hypermnestre se trouva sauvée, sans qu'on pût trop savoir comment. Ces tableaux, ces coups de théâtre, dont le dernier est justement appelé par Grimm et par La Harpe un escamotage, charmaient la foule, qui, à la même époque, en applaudissait avec transport de tout semblables dans les tragédies de De Belloy. Les spectateurs d'élite euxmêmes se montraient peuple à cet égard. « M. Lemierre a fait faire un pas à la tragédie, » disait d'Alembert, après la première représentation à'Hypermnestre. Le plaisant

à" immortelles Danaïdes; en 1678, le Lyncée de l'abbé Abeille; en 1704, Y Hypermnestre de Riupeimux, reprise en 1726 (voyez sur ces ridicules ou médiocres ouvrées l'Histoire du Théâtre français, par les frères Parfait, t. VII, 76; XII, 69; XIV, 323).

si l'i'i.i \.\ i 185

qui demandait si c'était en avant OU an arrière, avait une plus juste idée de l'art dramatique, qui recule véritablement quand aux révolutions du cœur se lubfititne le mouvement matériel et fortuit de la scène. Ce faux progrès avait été celui de la tragédie grecque au temps de Théodecte, que nous rendait Lemierre, peut-être sans le t-avoir. Depuis, (fe grande talents lyriques, osant nous montrer, nous faire entendre, au lieu delà solitaire Hypermnestre de Lemit rre, le chœur entier des filles de DanaÛS, qui, par une or^ie sinistre, préludent tumultueusement aux meurtres d'une atlreuse nuit, ces talents hardis, énergiques (j'entends les musiciens qui ont donné la vie à de faibles paroles1), nous ont peut-être rendu quelque chose d'une pièce où je suppose qu'Eschyle s'était essayé de loin au grandiose terrible de ses Euménides.

l. Salierij Spontini, dana l'opéra de« DanaideSf représenté pour la première lois eu 17S4, et repris, avec additions, en 1817.

C [APITRE DEUXIÈ51E,

IjCm itepi € ln-is devant Thèbes.

Des Sttppliantet je crois devoir pa^ devant Thèbês, C'est encore un ouvrage propre k D

montrer comment de l'ode et de l'épopée naquit, chez les Grecs, la tragédie, cette composition de caractère indécis, lyrique et épique tour a tour , et où du rapprochement des deux genres jai'lit, pour ainsi dire, le drame. Qu'y voyons nous en effet? G mine dans ces œuvres de la scène primiiive, dont la tradition seule a conservé le souvenir, un long chœur dans lequel sont exprimés le trouble et les alarmes d\ne ville assiégée; par intervalles, quelques récits qui font connaître les progrès, les vicissitudes de l'attaque et de la défense; et, enfin, perdue au milieu de cette poésie toute générale, ainsi que les sentiments et les tableaux qu'elle exprime, l'expression plus individuelle, et par là plus théâtrale, de la rivalité des princes de Thèbes, les deux fils d'Œdipe.

Plus tard, quand la tragédie, qui s'ignore et se cherche encore, aura conscience d'elle-même, connaîtra sa nature et ses lois, toutes ces grandes et fortes images de la guerre, que développe si complaisamment le génie d'Eschyle, ne seront plus pour elle qu'un accompagnement et qu'un cadre, et cet épisode terrible et touchant que le chantre des Sept Chefs semble rencontrer par hasard, et qu'il marque en passant de quelques traits énergiques et rapides, eLe s'y renfermera presque tout entière1.

La pièce d'Eschyle s'ouvre par un spectacle imposant,

1. Voyez plus loin, liv. IV, le chapitre rx sur les Phéniciennes d'E'iripide, et sur les divers ouvrages, anciens ei modernes, où a été traité le même sujet.

LES SEPT CÇEFS. ! 87

qui a pu servir de premier modèle à la magnifiq

lion de Y Œdipe roi. Tout le peuple de Thèbei y parait temblé, pour recevoir, à l'approche de l'a saut, les ordres de son souverain et de son général; ne le noiuu pas autrement, tant qu'il n'apportera sur la scène que sou ictère officiel, et que quelque mou veinent passionne' n'aura pas bût connaître en lui le frère1 de Polynice, le superbe et farouche Etéocle. A ce pompeux appareil répond l'élévation, la hardiesse d'un langage qui ne fléchit pas, lors même que le roi thébain cède la parole à un personn subalterne, à un espion chargé d'observer les assiégeants, et qui en rapporte des nouvelle Tout le monde connaît le ton de son début par les (tes de Lon^'in1, et plus encore par la traduction de Moi 1 eau :

ir un bouclier noir, sept chefs impitoyables Épouvantent les dieux de serments ellroyables.

s d'un taureau mourant qu'ils viennent dV-gorger, Tous, la main dans le sang, jurent de se venger; Ils en jurent la Pe .r, le dieu Mars et Bellone *.

Eschyle a transporté aux portes de Thèbes et dans son sujet ce qui, selon la tradition, avait eu lieu à ArgOS. Du temps de Pausanias4, on montrait dans cette ville un autel de Jupiter, sur lequel les alliés de Polynice avaient, disait-on, juré de perdre tous la vie plutôt que de revenir sans l'avoir rétabli. Ces alliés, nous apprend ailleurs sanias1, la tralition les faisait plus nombreux que na supposé Eschyle. Ainsi, à Delphes, les Argiens avaient dédié leurs images au nombre de huit, parmi les nielles manquait celle de Parihénopée, dont a parlé le poète, et se trouvaient celles d'Adraste et d'un Alitberse, dont il n'a rien dit. En revanche, ils s'étaient conformés

1. Le frîre aîné, selon Eschyle (Arg. Gr.rc. Cf. Eurip., Phcrni 11, I.); le plua jeune, che/ Sophocle {(Ed. Col., 3bti,schol., l'2(J8).

('•I., xiu. Aristophane le loue en le rappelant, non sans un , du ic^tc inonensif, de parodie, dans sa J [88 sq.

3. V. 42aqq. — 4. Coriutli., xix. — h. Ibid., xx.Ct. Buot., ix

sur propre fille, où ient lai

statues ' j>i ciic/s n ut dont il a i

mémoire. ]<• ■ d temps, Pin lare1 eu i parle4 i Loi.

Ses loi rs, Sophoc , en ont repro

];i Liste désormais arrêtée par l'aotoril <n ou.

le premier, tout ent j. Œdipe

olone*', le second, avec quelques variantes, dans une scène intéressante des Phi r.s*, et DJ

des Suppliantes*. Car il ne s'est pas piqué, à cet égard, d plus complet accord avec lui-même qu'av jiyle et

Sophocle.

Revenons à notre texte. Ce qui suit l'admirable ment, si bien rendu par Boileau, a été moins célébré, moins cité, et était aussi diras de l'être. Ces chefs vent périr sous les murs de Thèbes ; ils le savent, et n'er. paraissent point ébranlés. Le poète, par l'o'gane de espion, nous les représente plaçant sur le char d'Adr; le seul qui doive revenir de cette expédition, des paj de souvenir pour leurs parpnts; • des pleurs dans le yeux, mais dans leur bouche nulle pitié1: » trait admirable , trait homérique, qui, par la vive et concise expression de deux sentiments contraire^, rappelle le sourire, humide de larmes, de la mère d'Astyanax6.

Ce récit est tout rempli de peintures belliqueuses où brillent l'éclatante imagination d'Eschyle et l'audace figurée de son style. On jugerait mal de ce dernier mérite par les traductions, impuissantes à le reproduire, par les imitations de La Harpe, par celle même de Boileau, élégantes, nobles, pompeuses, je le veux bien, mais aux-

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