LES SEPT CHEFS
quelles la sa^e réserve de notre langue interdit ces UQOtfl de Btruclure gigantesque et bizarre, ces métaphores lon-
I et hardiment contin éeS,doot les tenues extrè: et s'entre-ehoquent, au lieu «le s'unir et de se fondre connue veut l'usage ordinaire. C'est dans les \ers a qu'il faut voir « ce Ilot terrestre de combattants, que soiii' :and bruit le souille de Mars, contre le gouver-
nail de Thèbes et son pilote Etéocle l. >•
Réduit à de telles extrémités, le jeune prince s'adresse pathétiquement aux dieux, et conjure, avec leur courroux, celui de l'implacable furie déchaînée contre les enfants d'Œdipe par la malédiction d'un père*. Ainsi s'annonce, pour la première fois, dans cet ouvrage, l'intérêt qui doit plus tard s'y produire, et seul en faire un drame.
Cependant l'épopée, qui jusqu'ici a occupé la scène, s'en retire pour y laisser paraître, à son tour, la poésie lyrique. Les jeunes Thébaines qui forment le chœur, fort naturellement, car les Thébains sont sur les remparts pièts à recevoir l'ennemi, donnent cours aux craintes que leur inspire l'attaque des Argiens*. Du haut de la citadelle, c'est le lieu de la scène *, où elles ont cherché un refuge, elles aperçoivent le tourbillon de poussière qui les précède, « messager muet5, mais visible et fidèle, de leur approche; * elles croient entendre le sifflement des dards, le choc des lances et des bcucliers, le fracas des chars roulant dans la plaine, le bruit des freins et des chaînes secoués par les coursiers, le cri des essieux qui rompent sous le poids. Ces vives images, relevées par le m mvement tumultueux, l'éclat retentissant et imitât if des paroles, et qui rendent d'avance présent aux spectateurs le combat lui-même, sont mêlées d'ardentes supplications à tous les dieux protecteurs de Thèbes. Tel est le
fa. Voye/ plus haut, p. 174, dans nue citation d^s Suppliantes, v. 182,
Il même expression. Dans V \<juii>emiton, v. 479, l'approche du mes-
qui apporte à Clytemnesue la nouvelle de la prise de Iroie, lui
est au^>i par la poussière, mcbwt de la boue, aioute étrangement
qui ailleurs, ri - Sept ( h>-fs, v. 479, appelle la fumée la
taur du feu.
i o désordre qu
chose digne de remarque que, el L'imagination i piration
qui semble la plus aban< , la pin
renl •• pendant pai carrière que l'an a pi de tracer* N'ouoiion1-
rappeler que œ qui nVt plu qu'une i
plus vives, il est vrai, et «les plus ait enco
sur la scène grecque, un spectacle animé par une exj sive pantomime. Sans doute ces chanta de la terreur et du déaeapoir devaient produire sur l'âme uu * fîet p quand les sens étaient en même temps fiapp s par la de cette troupe plaintive, courant, dans sa d e, d'un
autel à l'autre , et embrassant, de ses mai; les statues des dieux1.
Au milieu de tout ce mouvement, survenait Ëtéoole, qui gourmandait la faiblesse des jeunes Thébaines, leur reprochait d'amollir, par leurs lamentations, le courage de- citoyens; leur prescrivait, leur enseignait, par son exemple, une manière plus belliqueuse d'invoquer l'aide des dieux. La rudesse de ses paroles choque aujourd'hui, avec raison, notre délicatesse; mais dans le temps où on la supportait, elle était sans doute conforme aux mœurs publiques; et ce passage, avec d'autres semblables, épars dans ce théâtre, est un témoignage historique de l'état de dépendance et d'oppression où la civilisation grecque retenait les femmes.
Toutefois il est difficile, même pour le despotisme le plus dur et le plus menaçant, de réduire tout à lait au silence la frayeur et la plainte. Etéocle, dans une contestation qui ne manque pas de naturel, mais qui paraît bien prolongée, n'y parvient qu'avec peine; et encore, il n'a
1. Cette scène, et en général le rôle du chœur qui prévaut dans les Sept Chefs sur celui des personnages plus particulièrement intéressés à l'action, ont été, pour M. Saint-Marc Girardin, dans son Cours de littérature dramatiqup, 1 8^3- 1855, t. II, p. 268 et suivantes, le sujet de vives et in dressantes analyses.