‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 103 sur 185 · LES SEPT CH · texte numérisé non relu

LES SEPT CH

pas plutôt disparu de la scène, que les sentiments un moment comprimés par sa présence y relatent de nouveau et avec une force toujours croissante. C'est un a; pressant à la protection des dieux gardiens de Thèbes, et qui ne peuvent trouver ailleurs une demeure plus digne d'eux. C'est le tableau des affreuses calamités qui arcompagnent la prise d'une ville : le pillage, l'incendie, le meurtre, les enfants égorgés sur le sein des mères, les femmes livrées à la brutalité du soldat ou partagées comme un butin et entraînées en esclavage, tout ce que la barbarie des temps ajoutait de cruautés et d'outrages SUI suites nécessaires de la guerre, ce qui doit frapper avant tout l'imagination effrayée du personnage qu'Eschyle fait parler*.

En cet endroit se place la scène capitale de l'ouvrage, celle qui lui a donné son titre. Étéocle apprend, de l'espion, les noms des sept guerriers entre lesquels le sort a partagé l'attaque des sept portes de Thèbes, et il leur oppose, pour les combattre, autant de guerriers thébains. De U résulte une longue énurnération que le chœur interrompt, à chaque révélation nouvelle de l'espion , a chaque nouvelle déoision d'Etéi cle, par des imprécations contre l'ennemi de la pa'rie, par des vœux pour son défenseur. Une telle scène n'a rien que d'épique, et, en lisant toutes ces descriptions de combattants et d'armures, on pourrait croire, comme La Harpe, lire l'Iliade, si le lan- 6 perpétuellement ligure- d'Eschyle avait plus de res- • "iiblance avec la Rimplicité* d'Homère.

Ici encore on est tromp" par la timidité des traductions; et, pour en donner un exemple, le poète grec ne dit p s I rosalquement, comme on le lui fait dire, que sur le bouclier de Gspanée est écrite, en lettres d'or, cette devise : « Je brûlerai la ville. » C'est Capauée lui-même qu'il fai; parler, et qui, par l'emblème et les caractères tracés soi armes, crie aux Thébains cette terrible menace". Ailleurs, ce sont les globes d'airain dont est bordé l'écu de

l. V. il l-3.">3. — 2. V. 119; muni,- t ur, v,

Tydée, qui i Ronn"nt L'époil i | le frein (fol

coursier* de CEtéo le argien qui « soaffle menl 2 ». Ces petite détail endre quelle

bar lyrique E cbyle impi i

morceaux mêmes qu'une ,t et de ca-

ractère semble d'abord rapprocher de l'épopt

! hylc n'avait pas trop de to son imagination pour animer et varier la mal • t froide que lui offrait le plan de cette scène. Iffti quelle vigueur de dessin, quelle vivacité* de colon- flances portraits, dont la succession lymétrique n le a l'ordre d'une galerie ! quelle diversit»'- frappante dans figures toutes empreintes d'un même sentiment, la fureur guerrière! qu'ils s'y détachent surtout, en traits caractéristiques, et cet impatient Tydée qui, arrêté sur bords de l'Ismène par les retardements du devin, Tacc de flatter lâchement la mort et le combat, s'écrie comme le dragon sifflant aux rayons du soleil, s'agite comme le coursier dont le souffle et les tressaillements hâtent le signal de la trompette1; et cet orgueilleux Capanée, qui. dans son audace, n'a rien d'un mortel, qui veut renverser Thèbes malgré les dieux, sans se plus soucier du courroux de Jupiter tombant sur la terre en traits enflamn de ses éclairs et de ses foudres, que des chaleurs du midi*; et ce Parthénopée, enfant viril, au visage paré des grâces du premier âge, mais au farouche regard, mais à l'âme cruelle8; et cet Amphiaraûs, sage vieillard, valeureux guerrier, résolu à mourir avec honneur pour une cause qu'il déteste6. Que dire enfin de la richesse d'invention qui brille dans tous ces emblèmes 7, toutes

7. Un contemporain d'Eschyle, Pindare (Pyth., VIII, 64) en prêtait de semblables aux fils des sept chefs, aux Épigones. Il introduisait dans son ode Amphiaraûs, qui s'écriait prophétiquement : « Je distingue.... je vois près des portes de Thèbes, au premier rang des combattants, Alcméon, dont le bras agite le dragoi tacheté peint sui son bouclier.... » Les s°pt ch°fs ont jmwî dp< bo'icliprs orn*s dp fif "es emblématiques dans les Phéniciennes d'Euripide ( . 1109 sq

Page 1