Niqrin.,u;deSaltat.,xxvn; JupU. tmi<vd., xu; Anoch.,xxm
2. Vu. Apollon. , V, 3. Philosirate y raconte qu'à un dramatique donnée par un tragédien du temps de Néron, dans Mlle de Bétique, Ispula, où ceg« ire de spect mnù, le public, d'abord fori effrayé pai la démarche, la stature, le masque de l'acteur, se mit à fuir d< parts quand il l'entendit déclamer, le prenant pour quelque devun.
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quand l'action avec son double ressort divin et bnmain,
avec ses effets dramatiques et moraux, avec la simp!; et l'unité de son mouvement, se fut emparée de le BOène, et que, marchant à sa suite, le dialogue eut comment restreindre et à resserrer la partie épique et lyrique de l'ouvrage, quand la représentation théâtrale se fut entourée par degrés de toutes ses séductions et de tous ses prestiges, alors un homme vint, qui, s'emparant de tous ces matériaux que des mains laborieuses avaient rassemblés et dégrossis, éleva seul le monument et mérita d'ê appelé le créateur, le père de l'art dramatique1. Cet homme, ce fut Eschyle2, qui, la deuxième année de la lxx* olympiade, eu 499*, âgé d'environ vingt-cinq ans, commença au théâtre son illustre carrière.
Le nom d'Eschyle est le premier que nous écrivions dans cette histoire abstraite des progrès de la tragédie naissante. C'est le premier, en effet, qui éveille en nous quelque idée nette et distincte; ceux qui l'ont précédé ne sont que des mots auxquels nous ne pouvons rien rattacher. Eschyle a effacé d'abord de son éclat tout ce qui avait brillé avant lui ; ses devanciers ont disparu au milieu de sa gloire, comme disparaîtront un jour, pour une postérité plus reculée, les devanciers du 4:rand Corneille. A la distance où nous sommes aujourd'hui de ces premiers jours du théâtre antique, il nous semble que la tragédie est sortie tout armée du génie d'Eschyle. Il n'en est rien pour:ant; ces statues immortelles qu'il nous a laissées n'ont pas été fondues d'un seul jet, par un pre-
1. Philostrat., Vit. Apollon., VI, n. Cf. Val. Mai., IX. 12. — 2. Àristot. , Poer.. iv ; Ilorat., adPison., 278, etc. — 3. v. kW/y/ot,
Dpauvxç. Cf. Clinton, Fast. Iiellenic, éd. Kriigsr, Le.
DE LA TRAGEDIE GW CQUE. 17
niier et beufeui effort de l'art; ce que nous appelons son oeuvre, est l'œuvre du tempe, d'une longue et patiente reherche, d'essais successifs et multipliés : mais ces essais I Qt péri, il en reste à peine le souvenir ; nous savons seulement qu'il y eut autrefois un Thespis, un Chérilus, un Pratinas, un Phrynichns, qui travaillèrent tour à tour à former le grand Eschyle.
Une ouriosite* bien naturelle s'est attachée à recherche!- quelle a été* la part de ces anciens poètes dans la création de la tragédie ; on n'a là-dessus que bien peu d'indices, et des indices bien obscurs. On ne sait ni«" pal très- bien en quoi consistait la découverte qui rendit le nom de Thespis fameux dans toute l'antiquité, dont tant d'auteurs ont lait mention, par laquelle les Grecs ont marqué une des dates de leurs annales, qu'à défaut des marbres de Paros, où cette date est effacée et ne peut rétablie que par conjecture, on rapporte avec Suidas1 à la lxi6 olympiade, environ 536 ou 535* ans avant notre ère. Thespis a-t-il mérité tant de gloire, uniquement pour avoir composé à loisir ces récits, primitivement improvisés5, dont on entremêlait les chants du chœur; pour avoir remplacé leur narrateur fortuit par une sorte d'acteur préparé à son rôle; ou bien encore, pour avoir dég igé d • l'alliage étranger qui s'y mêlait, dans des représentations où figuraient des satyres avec des dieux et des héros, où se con'ondaient le bouffon et le sérieux, l'élément pur de la future tragédie? Ces explications*, je l'avoue, ne me rendent pas suftisamment compte de ce grand nom d'inventeur, décerné par l'antiquité a Thespis. Voici ce que dit à ce sujet Plutarque; je me 6ers pour le citer de la naïve traduction d'Amyot :
1 Buid . v BioKiÇ. —2. Clinton , Fait, hrilmic, p. 11. Cf. Fr. G. Wagner, Poe', trig. gr.rc. frmjm., 1846, éd. Finniu Didot, p. 4- — 3. Arist., Poet., iv
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lentement an peupla pour II douyi encore nombre <!«• poëtei qui * ri Basent a L'enfi l'un de l'autre, à qui en emporteroit le prix, comme il depuis; et Solon ♦•tant de sa nature désireux d 0 d'apprendre, et en sa vieillesse cherchant à pal temps a tous ebattemèota, à la musique, et à faire bonne chère plus que jamais, alla un jour voir The^pis, jouoit lui-même comme étoit la coutume ancienne poètes, et après que le jeu fut Soi, il l'appela, et lui demanda s'il n'avoit point de honte de mentir ainsi en la présence de tant de monde. Thespis lui répondit qu'il n'y avoit point de mal de faire et dire telles choses, vu que ce n'étoit que par jeu. Adonc Solon, frappant bien ferme contre la terre avec un bâton qu'il tenoit en sa main : «< Mais en louant, dit-il, et approuvant de tels jeux de « mentira son escient, nous ne nous donnerons garde que « nous les retrouverons bientôt à bon escient dedans nos « contrats et nos affaires mêmfs1. •
Remarquons, en passant, que le Solon de Lucien, celui que, dans un dialogue ingénieux, il fait converser avec Anacharsis sur les institutions d'Athènes, et vanter au Scythe étonné le théâtre tragique et comique comme une école publique de morale2, s'éloigne fort du Solon plus historique de Plutarque, au temps duquel l'art de la scène commençait à peine, et qui l'accusait si sévèrement de mensonge.
Quel était ce mensonge? Celui-là même, je pense, pour lequel Platon excluait plus tard la tragédie de sa République*, la jugeant propre à corrompre les mœurs, en amenant, par l'imitation de ce qui était trop souvent vi cieux et coupable, à la chose même et les auteurs et les acteurs et-les spectateurs. Ce mensonge consistait, si je
1. Plut., Vit. Soi, xxix. Cf. Diog. Laert , I, 59. — 2. Lucien. Anach., xxn, xxm.
'à. Republ., Il, III. Voyez le comraenta;re de Bossuet sur ces passages, dans ses Maxime* et Réflexions sut La comédie, en. xiv.
DE LA TK tGÉDIE 19
ne m'abuse, à se présenter sur la scène avec le nom ef le masque d'un personnage étranger, ■ entretenir son auditoire d'un événement imaginaire comme s'il se fût agi d'un événement réel. C'était le mensonge de l'action dra
matique, de l'illusion théâtrale; celui par lequel, plus tard, Gorgias définissait asseï obscurément la tragédie'; celui que Platon- reprochait, qu'Aristote1 conseillait et enseignait, d'après Bvmère, aux p. êtes; et si Thespis fut le premier qui s'en rendit coupable, il faut certainement le regarder comme le créateur de l'art.
Quoi qu'il en soit de cette interprétation, il est impossible de ne pas conclure du renom et de la gloire obtenus par Thespis, que ce poète a été pour beaucoup dans l'invention du drame, et que si cette invention ne lui appartient pas entièrement, il l'a du moins Tort perfectionnée. Nous n'avons pas ses pièces, disparues (si jamais elles ont été tentes*) bien avant l'époque où Horace les comprenait, pour le besoin de son vers, je crois, parmi les modèles du théâtre latin5; qu'il ne faut pas confondre avec les ouvrages que des fraudes littéraires y substituèrent de bonne heure*, auzquell s il e.-t bien douteux qu'appartiennent les quelques vers que l'on eu cite7 : mais nous avons les titres de plusieurs, et particulièrement d'un Penthée*. La Chronique de Parus donnait même la date, à ce qu'on a cru légèrement9, d'une Alccste composée par
1. Plutarch., De glorin Aiheniensiutn, v; De and. poet . , i Vov. la traii iCtiOD du p - W <l;m> {'Histoire de .a critique chez
[çer, Ci. il. $11, j Renvoi., II, 111. — 3. Poet., xxv. — 4. Donat., dêCom.et irag. Cf. Bentley, Hespons. ad C Boyletn. - b.Epist. II, i, 163. — 6. U Laert., V, 92.
7 Plut., Deàudiend. poef.,xiv; Clem. âlei tStrom , V. Cf Benl Uiid M. i.cii-onne ne croit pas davantage à lauthen ;ciié du vers, fort Insignifiant. que oit*1, sous le nom <!<> Thespis, un papyrus «1 u M
donl il h donné l'explication dans Le Journal dt-s Savants, uu .le j ii : ii 1838, p 324 s Suid., v. 62**1; ; .1. Poil., Vfl, 12.
Bartnélemy l'a répéit* Anach., ch. util), bien que Bentley (ibid.) sse avoir établi que ce i reur de Selden, auteur de
lu première édition de* Marbres. • \. Bœckh, Corp. inscript gr t. il . p 301. Lève que h mit i |ue de B
ses ( ; ions sur les trou ., m - poètes tragiques de la i.<
20 B1STOI
ni d'Earipide. < Jr le ch *
peu conforma, pour le dire • li >o de
Platarqae1, que Phrynichui el Eschyle mirent le
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du moins de celui dont la i*- -t lit • - est moins contestai,. indiquerai! seul que The ■ . ; :
la véritable tragédie. Il ne faut pas croire trop ! ment ii tout ce qu'a dit Horace', sur la foi de [UOI
scoliastes, de son tombereau, de ses acteurs mal ornéi et barbouillés de lie, de cette heureuse folie qu'il promenati pat les bourgs, et qu'on a représentée coin: si barbare : c'est plutôt là l'histoire de Susanon que 11 toire de Thespis. I>i»n que Thespis, né au bourg d'karie, ait peut être amusé de ses ébauches de drame lee campagnes, avant de les introduire à la ville; bien que succès, comme chez nous ceux des Confrères de la 1' sion, aient commencé par la populace, de sa nature peu exigeante en fait d'art, on devait être, auteurs et public, plus avancé du temps de ce Solon, aussi bon poète que grand législateur; de ce Pisistrate, qui avait recueilli et rassemblé en un corps régulier les poésies d'Homère, et après que la langue poétique, cr^ée par ce grand génie, avait été savamment maniée et pliée à tous les usages par Archiloque, par Alcée, par Sapho, par Anacréon, par tant d'autres. Des vers qu'Aristophane fait encore répéter, en haine de la poésie contemporaine, par un vieil amateur du théâtre*, ne pouvaient être tout à fait dépourvus de beauté tragique. Il faut pourtant en convenir, la tragédie devait être encore bien à l'étroit dans des drames joués, en présence d'un chœur, par un acteur unique,
(Mc'm. de l'Institut, classe de littérature, t. 1, p. 309. et É'udes de l'Histoire ancienne, t. V, p. 4 et suiv.); on en peut dire autant de M. Ch. Masmin . Origines du théâtre moderne , t. I, p. 38.