‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 113 sur 185 · SIS · texte numérisé non relu

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[e qne le nôtre. I

If S 1*11

Aussi I»' 1 1 ne fit point de tro-

d t lire, dans une tragédie, Il mi ait

if-rlre encore vivante, et de fa::

tre d'Athèi ee, la désolation de la cour de Perte i déroute de ce prince. » Voilà tout l'artifice de la p d'Eschyle, comme l'expose u i digne interprète de M b ^énie. C'est plus tard, déjà loin d^s événements qu'abordant plus directement le sujet, Moschion et I' purent produire, le premier sur la scène d'Athènes, le second sur celle d'Alexandrie, ThêmtitOcU lui-même, et décorer de son nom le titre de leurs tragédies*.

Est-il besoin de montrer les heureux effets qui devaient résulter de la conception d'Eschyle T Quel tour ingénieux et délicat le poëte donnait à l'éloge de son pays! il le faisait sortir, comme un aveu, de la bouche même des enne-

1. Voyez plus haut, p. 96, IIP. W. C. Kayser, qui fait vhrp Moschion, n souvent raillé par les poètes de la moyenne comélu. tem us où fleurissait cPtte comédie [Hist. crit. trag. grâce, p. 291 Cf. Fr. G. Wa.ner , Poet. trag. grsec. frogm., éd. F. Didot, p. 137 sqq.), pense que quelque événement contemporain, qu'il voulait cé.ebrer par allusion, lui a fourni l'occa-ion de porter à son tour, dans son Thémistocle, par une dérogation bien rare aux traditions de la tragédie grecque, l'histoire sur la scène. Ce fut peut-être, selon sa conjecture, lorsque les Athéniens, affligés par une contagion, ramenèrent de Magnésie dans 1 Attique, d'après le conseil d'un oracle , les restes de Témistocle; peut-être aussi lorsque Conon, en détruisant près de Cnide la flotte des Lacédémoniens, et en relevant les murailles d'Athènes rasées par Lysandre, rappela si vivement la mémoire de ce grand homme. Quant au Thémtstocle de Philiscus, il persiste, ma gré l'opinion de Meineke (Fragm. com. grœc, t. I, 424), à \ vo.r, a. ec Suidas, une comédie dirigée, à ce qu'il lui semble, soit contre la tragédie de Moschion, soit contre le parti politique de Conon. D'accord avec Meineke, F. G. Wagner (ouvrage cité, p. 156) retire ce Thémistocle au poëte de la moyenne comédie Philiscus, pour le donner au tragique alexandrin du même nom. A toutes ces conjectures je m e permettrai d'en ajouter une : c'est qu'il a pu suffire du succès avec lequel Chérilus de Samos avait, dans son poème sur la défaite de Xerxès, dans sa Perséide, introduit le k'enre nouveau de l'épopée h storique, pour provoquer Moschion à revenir, dans son Themistor.le. et au genre depuis longtemps négligé de !a tragédie historique et au sujet dont, avant la poésie épique, ce genre s'était surtout inspire, celui des Phéniciennes et des Perses.

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mis d'Athènes et de la Grèce; les terreurs et le désespoir qu'exprimaient les vaincus, ces cris funèbres et lamentables qu'ils poussaient dans leur détresse, formaient, pour l'oreille des vainqueurs, le plus agréable concert. Il n'y avait pas jusqu'au tableau imposant de cet empire des Perses, si étendu, si riche, si redoutable ; jusqu'aux témoignages rendus, avec une noble impartialité, à la sagesse de Darius, au courage de Xerxès, aux talents de leurs capitaines, à la bravoure de leurs soldats, qui ne relevassent encore la gloire du peuple héroïque par qui avaient été humiliées tant de grandeur et de puissance. Enfin, au tableau de cette cour barbare, gouvernée par les caprices d'un despote, et que ses entreprises insensées avaient plongée dans le deuil, les Grecs devaient sentir tout le prix des institutions, plus dignes de la nature humaine, qui les avaient sauvés de l'esclavage, qui avaient rendu leur petit nombre terrible et indomptable. Non, je ne pense pas que le légitime orgueil d'une nation qui se sent le droit d'ê're fié: e d'elle-même, ait jamais été flatté avec plus d'art et de noblesse, que dans l'œuvre admirable dont nous cherchons à nous former une idée. Cette œuvre honore «à la fois et le poëte qui savait si dignement apprêter la 1 mange, et le peuple qu'il fallait louer ainsi. Les G/ecs eussent repoussé avec dédain cet encens grossier que de vulgaires-talents ont quelquefois offert à la vanité des peuples modernes, et dont l'insipide parfum doit lasser jusqu'à la vanité elle-même.

Chose remarquable et caractéristique! Dans cette pièce d'Eschyle, qui contient tant de noms de rois et de généraux barbares, ou vrais, ou altérés, ou supposés, pas un seul Grec, pas un seul Athénien n'est nommé. L'histoire 4 s'est souvenue de Sicinnus, envoyé secrètement par Thémi stocle à Xerxès pour lui donner le faux avis qui amena l'engagement deSalamine; la tragédie le désigne ainsi :

« Un Grec, de l'armée à&& Athéniens vint trouver Xerxès, et lui dit2.... »

l. HeroiJot., VIII, 75.— 2. V. 359 sq. Il est naturel, a pensé Buri-

;i pièce d'Eschyle est bien di

••h de sincérité peut par l> p*r

Iscbine, où La démo

qu'une gloire co . « Le

d'Athènes a gagné la bataille de Marathon; le l'Athènes a remporté la victoire de Salamine'; » oà

IVl 1 1 1 1 ide n'obtenait d'autr

les généraui athéniena et harangn troupe

e tableau du Pœcile qui représentai! la bâtai! e de

tlion, sans que son nom y lût inscrit1; où Les chefs qui avaient défait les Perses près do

iraient pas davantage dans les inscriptions de lei.r

Lues, inscriptions qui, toutes g< ;néral< s, ne céléhraienl

j h e Je peupe3; où c'était le peuple lui-même qu'on

honorait, sans distinction de per.-onnes, par d- son •

funèbres*; où, selon l'expression de l'orateur1, les menn-

numents des g-ands hommes étaient dans la mémoire re<

naissante de la patrie. Le sentiment d'abnégation patrio

ti']ue qui, dans ces belles années de l'histoire d'Athènes,

portait les plus illustres citoyens à rester confondus avec

l'Etat lui-même, à ne vivre que de sa vie, anime la tra-

édie d'Eschyle. Il suffirait, à défaut d'autres témoi-

nages, pour en marquer la date. Ce sentiment, vertu des

('publiques8, ne pouvait pas durer longtemps; il avait

déjà reçu quelque atteinte, quand Thémistocle blessait

les Athéniens en leur rappelant trop ses services qu'ils

gny (Mém.de VAcad. des Inscript., t. XXIX. p. .S8 . que fies noms grecs «le lieux et île personne ne se rencontrent pa- disjours

prêtés par le poète à oes Perses qui probablement les ignorent. S cunt '.-1er la juste se de e^tte remarque, je en is qu'elle ne suffit pas à nous expliquer comment, dans l'ou rage d'E-objle, la gloire d'Athènes est restée si complètement anonyme.

1. Demosth , de Republ. ordmand. — 2 /Es: in , in Ctrsiph., XCI, 4. 21. Cf. Corn. Nep.. Vttt., vi; Plin , Eût. nat.. XXXV, 8: Pausan., AU., xv. — 3. /Eschin.. ibid., XC, 4. Cf. Plutarch., Vit. Cim., vu.

4. On peut le conclure du discours prêté à Péricles par Thucydide, Wst., II. Vcyez à ce suiel de belles page-; de M. Vil em .in, Discours et mélanges littéraires, Essai sur l'ora son funèbre.

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