‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 13 sur 185 · I aii lui-même douué une Alccste, dont Hésychius · texte numérisé non relu

I aii lui-même douué une Alccste, dont Hésychius

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.l'une, tragédie'? Pauaanias, qui cite ce passage*, s'applique à montrer le contraire, constatant ainsi noe d'une opinion plus favorable an génie inventif du v û poète. Le premier, très-probablement , Pbrynich mettre sur la scène un sujet contemporain \ il le fit avec un succès éclatant, dont il fut très-mal payé un fait unique dans l'histoire de l'an dramati [u'on n'a peutêtre pas assez remarqué3. La ville de renaît d'être prise et traitée fort rigoureusement par Darius; le niens, affligés de cet événement, en témoignaient leur douleur de mille manières. Phrynichus s'avisa de le célébrer dans une tragédie qui fit, comme on le pense bien, fondre en larmes les spectateurs Tout allait fort bien jusque-là pour le poëte; son triomphe était complet, sa gloire au comble ; il avait obtenu le plus beau de tous les suffrages, l'attendrissement universel. Mais les Athéniens s'irritèrent qu'on leur eût rappelé si vivement la mémoire de ce qu'ils regardaient, dit Hérodote, comme un malheur domestique; ils défendirent par une loi de représenter jamais l'ouvrage de Phrynichus, et le condamnèreDtlui-même à une forte amende pour avoir été trop touchant, ou du moins pour l'avoir été mal à propos. C'est ainsi qu'il leur arriva, dans la suite, de punir des généraux vainqueurs , au retour d'une expédition glo-

1. Voyez les fragments des Méléagre de Sophocle, d'Euripide, d'Attius. — 2 Plwcid-, xxxi.

3. Hérodot., VI, 21 ; Callisth. apud Strah., XIV; Plutarch., Prœcept. politic., XVI; Suid., v. ths-jvf/oç; Tzetzes, Chi.. VIII, 156; sciiol. in Hesiod. Op. et Vies, 4i4; Arum. Marcell.. XXY1II, i, etc Voyez sur un proverbe auquel donnèrent lieu, dit-on, la disgrâce de Phrynichus et l'émotion qu'elle lui causa, mais qu'on explique encoie autrement, Aristoph., Yesp.y !5l2;jElian., Par. hist., XIII, 17, etc.; Bentley, Opusc, p. 298; Fr. G. Wagner, Pot. iray. grarc. frajm., éd. F. Diuot, p. 11.

DE l\ H: IGÉDIE GR1 I QUE. 2*3

rieuse. Peut-être cependant ne faudrait-il pas les bkVmer entièrement de leur sévérité pour Phrynichua; peut-

,être ce poète s'était-il, en effet, rendu coupable en. les lois de la morale publique, comme envers les règles du bon goût, en offensant indiscrètement, par un pathétique facile à produire, le sentiment national. Phrynirhus paya sans doute un peu cher cette leçon de convenance que lui donnaient les Athéniens ; mais la leçon n'en était pas moins bonne, et il parut qu'il en avait profité, lorsque, quelques années après1, dans sa tragédie des Phcni tiennes, avant-courrière des Perses d'Kschyle, il appela au spectacle, non plus de leurs disgrâces, mais de leurs prospérités, ses ombrageux concitoyens. Un instinct délicat avertissait déjà ce peuple, né pour les arts, que l'émotion douloureuse de la pitié ne doit pas être le seul but de l'artiste; que, recherchée uniquement et par tous les moyens, elle peut être portée à un excès qui révolte lasensibilité, au lieu de la séduire et de la charmer. Ainsi le jugement populaire devançait, dans cette patrie de la poésie, le jugement même des poètes, dont l'exemple forme partout ailleurs le goût général. Le temps de la tragédie était enfin venu : les Eschyle, les îSophoc e, les Euripide pouvaient paraître ; ils étaient attendus par des spectateurs capables de les comprendre.

Il est à regretter que quelqu'une des compositions de Phrynichus, de Polyphradmon* ou Phradmon8, son père ou plutôt son fils, de Chérilus, de Pratinas, ses contemporains, des prédécesseurs d'Eschyle qui furent ses maîtres et devinrent bientôt ses disciples, comme notre Rotrou le devint de Corneille, ne soit pas arrivée jusqu'à nous.

1. La Frite de Milet de Phrynhhus a pu ôtre donnée, près de 1 Dament, la quatrième année de la uxia olympiade j les Phénicù ■ font été la première de La lxxti*. Thémistocle, qui était ohon consacra la victoire du poëte et la sienne par une inscription. (Voyez Plutarcù., VU. Thetnut., v; cf. Clinton, last. hellenic, p. 25 » il Fr. G. Wagner, Vort. trag. grxc. fragm , ôd, F. D dot, p. 14)

2. Pauaan., PÀoc, xxxi; Suid. . v. <t>pw(xo:; scnol. Arisioph., Av., 747. — 3. Anonvm., deCon i tyezMeiueke.fyaym.comi

t. i, p. 536; cl p. |

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portent sans doute comme les autres l'empreinte de ce génie hardi et vigoureux, mais où le peu d'intérêt et tendue de la fable, les développements exe partie lyrique, la petite place accordée au dia, blent devoir reproduire assez exactement le earac indécis de ce drame primitif dans lequel luttaient en ensemble, comme dans une sorte de chaos, les éléments discordants de la tragédie. Mais dans ses autres pie incontestablement supérieures, qu'elles soient venues ou après ou avant (on dispute à ce sujet), sinon par l'élan du génie et la hauteur de l'expression poétique, du moi:. s par l'art de la composition, dans ses Perses, dans son Promèthce, dans son Ayamemnon, ses Choéphores, Eumènides, ces éléments s'ordonnent en un tout plus harmonieux ; ils y forment d'admirables modèles d'un genre qui nous est fort étranger sans doute, qui ne l'était presque pas moins à Euripide et à Sophocle, qu'Aristote toutefois, dont nous aurions mauvaise grâce, nous autres modernes, de contester en pareille matière l'autorité, reconnaissait sous le nom de tragédie simple, la distinguant ainsi de la tragédie implexe, qui lui succéda et qui est devenue la nôtre. Expliquons ces deux mots dans lesquels se résument les deux premiers âges de l'art tragique des Grecs, les deux rjoetes qui représentent l'un et l'autre.

Sans doute, comme toute tragédie, la tragédie d'Eschyle reposait sur un fait unique, entier, d'une certaine étendue; ce sont là les termes les plus généraux, sous lesquels tout le monde comprend, depuis qu'Aristote l'a expliqué1, le caractère de l'action dramatique. Mais le développement

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