Poet., vl
DE LA rRAGÉDIE GRI
de ce fait indispensable n'occupait dans ses ouvra que bien peu de place; il n'excitait qu'à un degré ti
faible Je sentiment de la curiosité, qui, en général, n'a jamais été chez les (liées l'émotion dominante des représentations théâtrales, tandis que t'est au contraire le plus vil' attrait qu'offre le théâtre à l'imagination des modernes. Sophocle et Euripide ne cherche comme nous s faire naître Tatten i surprise; ils n'enchaînent pas très-forl uent Jours scènes, no donnent pont à leurs drames un mouvement très-rapide; et toutefois, ils ont une marche régulière, progressive, attachant', des situations nombreuses et - . des révolutions, des péripéties. Quant à ' ■. il n'a rien de tout cela, ou du moins ce qu'il en a ne se rencontre dans
ouvrages que par exception, et marque seulement le progrès insensible de l'art vers une tonne nouvelle et, il
nstc d'eu convenir, plus par f ai e.
guère (j ' cantate, dont l'introduct on succes-
-, montrés en général une fois seulement, renouvelle de temps en temps le motif épuisé*. L'action, sans incidents, s'y réduit assez généralement à une exposition et à un dénoûment : c'est-à-dire qu'il n'y a pas proprement d'action. Qu'y trouve-t-on donc? L'ex-" pression d'une seule idée, d'un seul sentiment, d'une seu'e situation, un développement uniforme, mais qui excite toutefois dans l'âme, par l'artifice d'une habile gradation, une émotion, un trouble toujours croissants; une pitié et surtout une terreur à chaque instant plus profondes et plus douloureuses; le sentiment d'une admiration, d'un étonnement, d'une stupeur qui vous retiennent comme immobile à la vue de ces formes majestueuses, de ces proportions gigaitesques qu'i1 prête à la nature humaine, du sombre et imposant tableau où il exprime les grands accidents d'i sort. Voilà, en quelques mots, la