‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 140 sur 185 · Tusc.j II, 10. — 2. Nonius, v. Adulo · texte numérisé non relu

Tusc.j II, 10. — 2. Nonius, v. Adulo

3. Cicéron, après avoir cité de lon^s .'ragmmts traduits en latin, enre autres des Trachiniennes de Sophocle et du Prométhée délivré i Eschyle, se fait dire par son interlocuteur (chap. n) : « Unde isti ersus,non enim agnosco; » à quoi il réplique, en auteur modeste qui 'avoue à moitié : « Videsne me abundare otio? » Puis il parle de la outume des philosophes grecs de mêler des vers à leurs dissertations, e qu'il fait comme eux, citant les Romains, et à leur défaut traduisant ui-même les Grecs : « Studiose equidem utor nostris poetis, sed sicubi llidefecerùnt, verti ipse multa de Grœcis.... » Peut-il, après cela,re<er douteux, à moins qu'on n'aime mieux, comme Seri vérins (Fragm. rag., p. 142), l'accuser d'un plagiat peu digne de son caractère, et ans aucune chance de succès, qu'il soit l'auteur des grands morceaux le traduction dont il a orné sa IIe Tnsculane? M. J. V. Le Clerc lui ittribue, plutôt qu'à Attius, la plainte d'Hercule : je n'hésite pas, et je mis m'appuyer d'une autre autorité, celle de Ood. Hermann (ibid., ». 270), à faire de même pour la plainte de Promôthée. Sans doute Lttiu> avait composé un Prométhée. Priscien (VI) le dit ainsi que Nolius (v. Gelus), et l'on a quelquefois regardé comme appartenant à ce Prométhée, et correspondant aux vers 7 et suivants de la pièce grec- |ue, un passage cité par Cicéron dans le même chapitre {Tusc, 11,10), jue d'autres aiment mieux placer dans le Philoctèle du vieux poëte Win. Voici ce passage, diversement restitué, comme le rapporte, dans e second volume, p. 214, de son Eschyle, Bo.ssouade :

.... ignés cl':etimniortalibu Clam divis docîu' Prometheus Clepsisse dolo, uœnasqne Jovi Furti expendisse supremo.

« L'ingénieux Prométhée a dérobé, dit-Gn, le feu aux dieux immor- :els, et le dieu suprême, Jupiter, lui a fait payer cher ce larcin. »

Si l'on compare cette citation à cel.e qu; !? suit, on trouvera dans :eile-ci un tour plus moderne que Cicéron â peut-être voulu faire res-

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suc lui des espérances trop toi détruites par une mort : maturée. Les courts loisirs que lui laissaient les fonctj de l'enseignement, auxquelles il se livrait avec un zèle qni a osé ses forces et abrégé sa vie, il les consacrait à traduire quelques morceaux choisis des trafiques fjrecs. Je m tune heureux de pouvoir donner, dans cet ouTrsge, une publicité nouvelle à ceux de ces essais qui se sont corvés en trop petit nombre2, et particulièrement à celui qu'on va lire.

Les menaces de Mercure se sont accomplies. Promette, tiré du Tartare, après une longue suite d'années, a été attaché, cette fois, au Caucase8, et livré à la faim insatiable

sortir par le rapprochement. Je serais tenté de croire que, de la trilogie d'.-schyle, Auius n'avait imité pour le théâtre «ie Rome, naturellement étranger à l'usage des trilogies, que le Pmméthéê mchniné. et je reste persuadé que s il avait imité le ProméiUée c céroo n a pas cru

devoir se contenter de son mitation. Le dernier collecteur des fragments tragiques d'Attius, M. 0. Ribbeck (Trag. lat. réliq.. Li; ■>., 1852, p. 157,300), ne lui attribue qu'une traduction du Prometfa fe en chaîné, à laquelle il rapporte les fragments d'une prétendue tragédie d lo. on a grossi son catalogue. Il est tenté de regarder comme des emprunts faits à cette pièce d'Attius quelque^ passages d'un Promeiheui l>beratvs, qu'on croit être une satire de Varron. Mais il ne lui donne point, il conserve à Cicéron la citation de la 111* Tusculane (chap. 81), dont il a ète question plus haut. Voyez p. 274.

1. Voyez son imitation dans la traduction de la II* Tusculane par d'Olivet.

2. Il n'en reste que trois, insérés par mes soins, en 1819, 18 0, dans le Lycée français, t. Ier, p. 241; II, ^09; V , VA .en 1838, dan> le Journal des Savants, p. 472, et recueillis en partie par M. Artaud, t. 111, p. 176 et suivantes «Je sa traduction de Sophocle.

3. Voyez. Cic, 7Vc, II, 10, et autres. Est-il aussi étrange qu'il le parait à Gt-d. Hermann, ibid., p. 264, qu'Eschyle ait transporté sur un nouveau théâtre le nouveau supplice de Prométhée, et y a-t-il là une raison suffisante de soupçonner que les deux pièces n'ont pas dû faire partie d'une même cump siti-ui et être représentées ensemble? je ne le pense pas.

d'un aigle qui déchire et dévore ses eatrailles toujours renaissantes : lui-même fait de foh supplice et de ses souffrances cette peinture, dont l'intermédiaire de deux traJuctions n'a pas effacé l'énergie :

0 race des Titans, par le ciel enfantée, Vous que le nœud du sang unit à Prométhée, V> yez-le sur ce roc, où les dieux l'ont fixé. Tei que le frêle esquif, par les vents men icô, Qu'à l'aspect d'une nuit où s'amasse l'orage. Les pâles matelots attachent au rivage, Ainsi de Jupiter m'enchaine la fureur.

De Vulcain le barbare invoque la rigueur : Le noir dieu de Lemnos, à son père fidèle, Forge ces coins de fer; sa main, sa main cruelle, Les enfonce avec art dans mon corps fracassé, Et captif impuissant, de mille traits percé, J'habite en frémissant ce séjour d<s Furies. C'est peu, je suis en proie à d'autres barbaries. Quand la troisième aurore importune mes yeux*, Je vois fondre sur moi , d'un vol impétueux, Le satellite ailé du tyran qui m'opprime ; Il approche, il s'aba sse, il couvre sa victime ; Ses ongles recouibés me déchirent les flancs; Il dévore à loisir mes membres palpitants; Las enfin de creuser ma poitrine vivante,

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