‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 147 sur 185 · Epi<jr., V · texte numérisé non relu

Epi<jr., V

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du brigaod Laureolii «h plein théâtre, déchiré par un oui ' ( drame, bien digne au reste d «m de son lâche public, qui cherchait sel effi lieuses réalités, et par exemple, l'apprenon

des éloges de Martial', faisait uni; autie fois décl également par un ours, non plus Lanréolna, ruai- [care, un véritable Icare, tombé tout fracassé, tout sanglant, sur la scène, ce drame abominable se fût heureuse nent inspiré, pour varier son répertoire d'exécutions tragiq des tortures de Prométhée, et je ne voudrais p;; ndre

qu'il ne l'ait pas fait. Nous rencontrons encore, chez le mythologue Fulgentius', la mention d'un Prométhée de Tibérianus, peut-être ce G. Junius Tibérianus, qui, au IIIe et au IVe siècle de notre ère, sous Probus, sous Ca et ses fils, sous Dioctétien, fut honoré de hautes digon protégea et cultiva lui-m^me les lettres, et dans lequel on a cru retrouver le patron illustre et généreux, célébré par le poète bucolique Ga'purnius, sous le nom de Mélibée4. Ma)? était-ce bien une tragédie que le Prométhée de Tibérianus? Pa^ plus peut-être que celui de Mécène, que celui d^ Varron. On doit regretter d'avoir si peu de détails, au moins sur la nature, sur le caractère de- ces ouvrages. Il serait intéressant de savoir si le vieux mythe grec de Prométhée a pu préoccuper assez l'imagination des Romains pour être de temps à autre reproduit sur leur théâ're, s'il l'a été avec les additions, les changements qu'il avait reçus depuis Eschyle de la philosophie 5, des arts 6, de la poésie7,

1. Mart., de Spectacul., vii. — 2. Ibid., vm. Cf Suet Ser., xn. — 3. Mijthol, 'III, 7. — 4. Wernsdorf, Poet. lat. min, de I". Calpurnio.

5. Plat., Protaqor. Gorg. Cf. ^Esop., Fab. cilxxiv, éd. Coray; ï hemist., Orat., XXXI. — 6. Pausan., Phoc , iv; Menandr., Fragm. incert., vi ; Lucian., Amor., xliii : de Saltat., xxxvm, etc Voyez les Religions de l'antiquité, de M. Guigniaut, t. IV, aux passages cités plus baul, p. '255.

7. Menandr., ibid.; Pûilem., Fragm. iiicert., ni; Callimach., Fragm.

et dont la principa'e avait fait de Prométhée, non plus seulement le défenseur, le bienfaiteur, mais le créateur de la race humaine '.

Le Prométhée antique reparaît de temps à autre et en divers lieux, dans l'histoiie de la poésie moderne, qui tantôt s'inspire, pour de nouveaux sujets, de l'énergie passionnée dont Eschyle avait empreint ses discours; tantôt travaille sur la fable elle-même, telle que ses divers remaniements l'avaient faite, s'appliquant à l'interpréter, à la continuer, à la compléter; y cherchant l'expression symbolique de spéculations hardies sur la nature de l'âme, la marche de l'humanité, l'histoire des révolutions religieuses, l'avenir des sociétés et des cultes.

En Espagne, c'est Galderon, qui , par les allégories subtiles et les complications bizarres de sa Statue de Prométhée*, exprime, à ce qu'il semble, car son œuvre est une énigme , la lutte des éléments contradictoires de notre être, la guerre intestine de l'intelligence et des sens.

En Angleterre, c'est Milton, qui emprunte au Titan d'Eschyle quelques-uns des traits dont il a peint l'imdomptable orgueil de son archange tombé3, ou les nobles douleurs de ce héros hébreu*, sous le personnage duquel il s'est représenté lui-même, « captif, pauvre, aveugle, et jouet de ses ennemis5 »; c'est Byron, qui, lecteur assidu, admirateur enthousiaste du Prométhée enchaîné, non-

xxxiii; Hor., Od., I, xvi, 13; Ovid., Metam., I, 82; Phaedr., Fdbul 710V-, iv ; Juven., Sat., îv, 133; vi, 13; xiv, 35, etc.

1. Apollod., Biblioth., 1,7; Hygin. , Fab., cxlii ; Phornut., de Nat. deor., XVIII; Fulgent., Mytli., II. 9; S"rv. ad Virg., BucoL, vi,42; Lucian . Prometh. sive Cauca*., Dialog. Deor., I, etc.; August., de Civ. Dei, XVI II, 8, etc. Peut-être cependant, on l'a pensé, la tradition poétique qui attribuait a Prométhée la création de l'homme, remontaitelle jusqu'à la pièce où un contemporain d'Eschyle, Epicharme, avait lié les deux labiés rappelées par ce titre : Prométhée et Pyrrha (Athen., Deipn., III). Dans un vers du ÏIpop.r,6£Ùç 7i\jpç-6ço;, conserve par Proclus (voyez E. a. J. Ahrens, ibid., p. 189). Prométhée est présenté comme ayant formé Pandore, ouvrage de Vulcain selon Hésiode, Travet J., v. 60 et suiv.

2. La Estatvta de Promet heo. — 3. Voyez J. Tate, notes citées par Butler. — 4. Saumon Ayoniste. — 5. M Villemain, ÈLélanyes ; Essai historique sur Milton.

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et poète de son école impie, qui, dans les quatre a d'un nouveau Prométhée t refaisant, a sa ira un singulier mélange d'images éclatantes et d'ahftti tions métaphysiques, la trilogie du vieux poète g y montre son héros délivré par la victoire de Déoaogorf sur Jupiter; en d'autres termes, l'homme affranchi liens de la croyance religieuse par une foi nouvelle, la foi à l'aveugle puissance de la nature, la doctrine du panthéisme.

En Allemagne, c'est Gœthe, qui, dans l'ébauche hanli d'un Prométhée resté inachevé avec beaucoup d'autres projets de sa jeunesse, et donti'énergiq îe familiarité semble avoir dû proc^er à la fois d'Eschyle et de Lucien'; Falk, qui, dans une pièce du même titre', par laquelle il se reposa de ses satires, renouvellent, l'un et l'autre, comme les poètes anglais, en ls mêlant d'idées modernes et personnelles, sur l'homme, la nature, la Divinité, le plus antique des sujets fabuleux.

Le héros d'Eschyle n'avait encore été chez nous qu'm personnage d'opéra, le fade amant de sa statue dans la Pandore de Voltaire, l'insignifiante expression de Voltaire lui-m^me et de la philosophie du xvme siècle*, daLS le Prométhée de Lefranc de Pompignan, quand, assez

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