Voyez sa correspondance, Lettres à Murray
2. Voyez dans la Notice mise par M. A. St^pfer en tête de la traduct on des'œuvres dramatiques de Gœthe (Paris, 1821-1S25, 1828), l'e- IégantP traduction en vers du début de cet ouvrage, un monologue oe Prométhée enchaîné.
3. Tubingue, 1804. — 4. Voyez M. Villemain, Cours de littérature française. Tableau du xvine siècle, leçon xii*.
récemment1, M. Edgar Quinet l'a remis en scène d'une manière plus se'rieuse, dans un grand poème de forme (Ira natique, où, s'autorisant du rapprochement fait par quelques écrivains ecclésiastiques entre le supplice de Prométhée et la passion de Jésus-Christ, il a dénoué un drame insoluble , selon lui, pour les anciens, par la chute du paganisme, par l'avènement de la religion chrétienne.
Toutes ces hardies restaurations, et d'autres encore, tentées, avec des succès divers, par la muse moderne2, sont autant d'hommages rendus à l'impérissable beauté du magnifique débris de l'antiquité qui les a suscitées, et qui a sur elles un grand avantage. L'ouvrage d'Eschyle a été composé en vue du théâtre et sur des traditions reçues : de là des formes plus distinctes, plus arrêtées, sur lesquelles l'imagination a plus de prise; de là, dans un suiet fantastique, une réalité de situations, de passions, propre à faire naître les émotions du drame, en même temps que l'esprit est invité à chercher au delà, dans les mystérieuses profondeurs de la fable, le secret vainement promis, imparfaitement révélé, de la destinée humaine. C'est de cette inégale satisfaction donnée à deux sortes fort diverses de curiosité , de ce mélange d'une grande clarté poétique avec un demi-jour philosophique et religieux, que résulte surtout, selon moi, la supériorité du Prométhée d'Eschyle sur tous ceux qui l'ont suivi, et son immortel attrait.