V. 275. Voyez plus haut, p
2. Nouvel exemple de ces énnmérations géographiques qui plaisa
à Eschyle, comme à son public, et que nous avons déjà remarauées dans les Suppliantes, v. 548 sqq. ; dans les Perses, v. 868 sqq.; dans Pro'iiéthée, v. 732 sqq., 815 sqq. Voyez plus haut, p. % 277, 298.
3. Ce passage d'une belle poésie est-il conforme à la vraisemblance en ce qui concerne la disposition des lieux parcourus par le signal de feu, et l"es:uice de temps nécessaire à sa transmiss o ■? Cetie question souvent débattue a été résolue affirmativement par deux membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, l'abbé Sailier et MoDg z Voyez d<ns l'ancien recueil des Mémoires de cette académie, i. XI I, p. 400, et, dans le nouveau, t. V, p. 65. Les deux savants au'.euis établissent en mâme temps, par plus d'un témoignage, 'emploi d'un t-1 genre de signal chez les anciens, et particnlièremmt chez les Pe:
au temps mêm- d:Eschyle. Apulée, dans son trai.é de )lundo, probablement traduit d'Anstote, expliquant le gouvernement du monde par une comparaison avec celui des rois de Pers". de Cambyse, de Darius, de Xerxès, parle de fanaux entretenus sur Ips hauteurs dans toute> les parties de leur vaste empire, qui pouvaient eur apporter en un jour la nouvelle de toutee qu'il leur importait desavoir. <• Erant ... specularum incensores assidui. Tum horum per vices ince .:-at fa;-es ex omnibus regni sublimibus locis in uno die impeiaiori significabant, quud e<at scitu epus. ■ Avant Eschyle, Théognis, Sentent., v 549, avat park bien poétiquement, de ce fru, • aperçu au loin sur les sommets de.montagnes, messager muet, qui court éveiller la gut-rre. »
baisser égarer leurs désirs au delà des bornes permises ! Car, Dourrevenir dans leur patrie, ils ont, à repasser par une longue îarrière, et s'ils partaient coupables de quelque offense envers es dieux, peut- être la furie vengeresse de ceux qu'ils ont déduits s'éveillerait- elle. pour leur perte1. »
Les vieillards s'unissent à la joie que la reine paraît émoigner ; ils voient dans le grand événement qu'elle eur annonce et qu'ils lui font redire 2, le juste châtiment lu crime de Paris; ils rappellent cette ancienne aventure lans un chant plein d'une poétique énergie et en même emps de cette grâce que nous nous étonnions tout à 'heure de rencontrer au milieu de si tristes peintures. L/idée d'une puissance fatale, qui punit les joies cou- )ables et la profanation des lois morales, reparaît avec in grand éclat dans cette scène; c'est elle qui anime tout 'ouvrage : elle les conduit à penser que la vengeance les Atrides a été achetée bien cher; qu'ils ont orgueileusement sacrifié à leur ressentiment le sang le plus >récieux de la Grèce; que l'indignation publique pèse sur sux, et qu'ils n'en pourront longtemps supporter le farleau. Enfin, ils en viennent à douter de cette nouvelle îeureuse, qui n'a fait naître dans leur esprit que de si sérieuses et si tristes pensées; ils se repentent d'avoir iccordé une foi trop facile à un indice trompeur, et aux liscours d'une femme crédule et abusée. Quelle habile uccession de sentiments, dans cette scène un peu longue comme tous les chœurs d'Eschyle, obscure comme ous ceux de VAgamemnon; dans cette scène où nous royons le peuple d'Argos passer, par une gradation nau relie, de la joie à la tristesse, et de la confiance au loutef
Mais les incertitudes vont cesser : Glytemnestre, qui
2. Expression naturelle de l'incrédulité qui accompagne la joie d'une louvelle heureuse. On a cité, à ce sujet (Petr. Victorius, Var. lect., lXVII, 4), ce que raconte Tite Live (XXX III, 32) de ces Grecs si follenent dupes de l'hypocrite pénérosiié des Romains, qui, aux jeux olym- »iques, tirent répéier au héraut la proclamation de leur afl'rancûisseoent, ordonnée par Flaminiuus
car on De p : !.i Mil
itirt que viennent (elle eri a loul an plus surpi i quel fait, par la suite, ploi
Clytemnestre reparaît, annonçant l'i
qu'elle a va venir du I
sans doute pour confirmer, par son fécit, l' velle de la victoire et du retour d qtions, en passant, que le
dominante de son drame, Oe e du contrasta qu'il •• otïnr en rapprochant, dans un même Ubleàti, !e tri éclatant et le trépas déplorable du roi d'Argot, fait river en Grèce son messager, et le h IqoeB mom
après, arriver lui-mêmf-, le lendemain de la chute de Troie*. Ce ne peut être oubli, inadvertance, comme on l'a cru quelquefois, même chez les anciens*. Il faut là un dessein prémédité qui tient à la conception g* raie de l'ouvrage6. Eschyle n'enfreint pas, sans une intention marquée, une des lois qui règlent le plus constamment l'action dramatique des Grecs; mais il la crifie, avec toute la liberté du génie, aux beautés qu'il espère produire par cette ordonnance irrégulière et qui