‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 156 sur 185 · W. Schlegel · texte numérisé non relu

W. Schlegel

2. Quelques vers conservés dp VÉgixihe de Livius Atidronicus (voyez, plus haut, paj/e 306) semblent avmr fait partie d'une scène analogue à celle-ci; oe passage particulièrement, sur l'incendie de Troie et le partage de se* dépouilles :

Nain ut Pergama Accensa et praeda per participes aequiter Partitaest....

3. Et non pas la reine, comme le supposent sans vraisemblance ai certain nombre d'éditions.

cher, co qu'où D'ir 'ir*

'pu ont assailli les G lonr, li

mnltipliéa, la d m de leur flotte, la

Méoélas, dont on n'a point de oonvelles1. Le cho éclate en pi tintea donloni Lii dans

admirables p.-ir Le mélange de force et de i ':ue

oona avoni déjà loué plus d'one la fatale beaaté a perdu7 .<on /poux, soti ratfieseur, les Grecs et les Troyena. N'est-on paa frappé dn i de ces scènes avec celles que rei Dt d'one tr

d'une désolation toujours crois ai la trag<

des Perses, les récils du messager.' N'admire-t-on ; de quelle manière étrange le poète célèbre la fictoire de son héros, de quelle pompe lugubre et funèbre il entoure son triomphe?

Enfin paraît le triomphateur, qui semble poussé, par la main du Destin, vers le terme fatal de ses protpéi Il se montre à nos yeux environné d'un brillant cortéf monté sur un char magnifique, et suivi d'un autre char que chargent les dépouilles de Troie, et sur lequel est assise la fille de Priam, la prophétesse Gassandre, le plus beau prix de sa victoire8. Le chœur lui adresse, avec

1. J'ai dit ailleurs, p. 29 de ce volume, quelle conséquence on avait tirée de ce passage pour expliquer le sujet probable du drame satyrique Protée, donné avec VOrestie.

2. V. 666 sqq. Le poète joue ici sur le nom d' .élène. comme ailleurs (Agamemn., \Qbly 1056; Prometh., 85 ,874 sqq.; Suf*pL, 4fi; Sept, ad Iheb , 564,645) sur les noms d'Apollon, de Prométbee, d'Epaphus, de Polynice, y attachant un sens fatal, d'accord avec le res-on ordinaire de ses pièces et en général du théâtre grec. La même cbos^ devat se rencontrer, mais peut-être plus rarement, en raison de l'action moins marquée de la fatalité, chez les successeurs d'Kschyle. Voyez VAjax <ie sophocle, v. 428, 9l2; les Phéniciennes, 63b, ]495;"/es Troyennesn990; le Rhésus, 158 sqq., d'Eunp'de. bien que la croyanceà l'influence fatale des noms ne tût pas étrangère aux Romains, il s'en faut bien (vqv. Cicéron, de i mn., I, 45), Ouintilien (Inst.orat., v, 10) a blâmé, comme froid, un des passages des Phéniciennes, auxquels nous venons de renvoyer, faisant ainsi le procès non-seulement a Euripide, mais à So, hocle et à Eschyle : «Illud,apud Eunpidem, frigidum sane esse videtur, quod nomen Polynicis, ut argum ntum morum, frater incessit. »

3. Horace sVst moqué, en vers excellents (Epist., II, i, 187 sqq.), d'3s pièces à spectacle qui de soc temps charmaient le peuple, et les chevaliers eux-mêmes, à cet égard devenus peuple. Tite Live.son con-

simplicité, avec gravité, ses félicitations, et semble l'avertir de se défier de démonstrations plus vives et plus trompeuses. Et, en effet, Glytemnestre ne tarde pas à faire parade d'une tendresse et d'une joie bien loin de sod cœur, dont L'expression exagérée choque son époux lui-même ', que démentent ecfin, par un éclat terrible, les paroles, semblables à un arrêt de mort, qui terminent son discours :

« Qu'il entre, avec les honneurs qui lui sont dus, dans ce palais, où l'on ne comp'ait plus le revoir. Pour le reste, mes soins ne s'endormiront po nt, et secondés, par les dieux, accompliront ce qui est juste et ce qu'a voulu le Destin2 ; »

et plus loin, cette sinistre invocation aux dieux, de nouveau associés à son forfait :

« Jupiter, puissant Jupiter, fais que mes vœux ne soient pas vains ; charge-toi de conduire à sa fin ce que tu as rj^olu*. »

Le langage d'Agamemnon, lorsqu'il retrace la vengeance qu il a tirée des Troyens, lorsqu'il remercie les dieux de sa patrie de la victoire qu'il leur doit, est plein d'une énergique hardiesse, d'une élévation sublime : il

temporain, a traité quelque part (ïïist.^ VIF, 2) d'insensées les magnificences qu'étalait alors la mise en scène. Il en était déji ainsi lorsque Cicéron s'égayait avec unde ses correspondants, M. Marins (Famil., VII, i) au sujet des jeux splemlides donnes par Pompée eu 698. A force d'appareil ils avaient, disait-il, perdu tout agrémant, • apparatus.... spectatio tollebat omnem hilaritatem. » Quel plaisir, en effet, peuvent donner six cents mulets défilant dans Clytemnestre? « Quid enim délectation s habent sexcenti muli in Clytemnestra ? » Si l'on suppose que cette Clylemnestre, ouvrage d'Attius, probablement (voyez plus haut, p. 306), était une imitation de VAgamemnon d'Eschyle, on pourra voir, par une seconde supposition, dans la scène à laquelle est parvenue notre analyse, l'occasion de cet interminable cortège de mulets, chargés apparemment du butin de Troie, qui avait si peu diverti Cicéron. La Clytemnestre d'Attius n'avait pas besoin d'un tel accessoire; elle attachait assez d'elle-même; le rôle principal, nous dit ailleurs Cicéron, était recherché des acteurs qui excellaient par le geste. «Scenici....sibi accommod aussi nias fabulas eligunt. Qui voce freti sunt, Epignno?, Mpdumque; qui gestu, Menalippam, Clytmnestram....» (De off., I, 31.) \ V. 891 Sq. — 2. V. 885 sqq. — 3. V. 948 sq.

ISCHYLE. — ï\

montre tout* su milieu de m gloire, une modération

(|iii lui otre pitié,

sur L'éfénement funeste qui l'on | i

voit. H bonnec me

/obstine h lui rendre, avec un

une femme perfide; il craint de foulai

qu'elle lait étendn et qui parerait, dit-il,

plus dignemenl les temples; comme s'il é ait Ini-

effrayé de sa gloire, comme s'il voulait an dérober l'éclat

ii l'œil ja'oux ' des dieux, il se glisse furtivement et à la

hâte dans ce palais, d'où il ne doit plus sortir, et

lequel nous voyons planei l'image menaçante du Destin

irrité.

A peine est-il entré, que les pressentiment fi i(ui, depuis le commenc ment de ce drame, troublent vieillards d'Argos, se représentent avec plus de lorcd'importunité à leur esprit. Ils tremblent pour ce roi qui leur est rendu après une si longue absence et de grands dangers, et ils ne peuvent s'expliquer cette frayeur étrange.

« Mes yeux m'apprennent son retour, j'en suis témoin, et ce pendant il me semble qu'au dedans de moi mon cœur entonne de lui-même lu lugubre chant d'Érinnys". »

Bientôt s'ouvre une scène d'une merveilleuse beau é, la plus tragique inspiration qu'ait jamais rencontrée le génie d'Eschyle. Le Destin, dont l'idée a jusqu'ici rappelée sans rt lâche à notre esprit par des pressentiments, des présages, des oracles, par les souven.rs confus du passé, par les révélations mystérieuses de l'avenir, nous est en quelque sorte montré sous une forme sensible dans le personnage de Cassandre, son confident et son interprète. C'est, on s'en souvient, par un artiric-; tout semblable, que, dans la tragéiie des Perses, la fatalité eiîe-même avait été amenée, pour ainsi dire, devani

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