‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 159 sur 185 · V. 1315, 1317. — 3. Voyez plus haut, p · texte numérisé non relu

V. 1315, 1317. — 3. Voyez plus haut, p

4. Au nombre de douze, voyez v 1320-1337 Les vers 1316, 1318, 1319 pouvant, en outre, être atiribués, le premier au coryphée, les deux autres aux chefs des deux demi-chœurs, il résulte de cette distribution un argument spécieux en faveur de l'opinion qui veut qu'à cette époque, comme le ditau reste, en termes posii ifs, un scoliaste (ad Aristoph. Equit., 586), précisément delà tragédie d'Agamemnon, le chœur

portai du ptlaii s'on vr ci, i . i leui mon

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^amemnon ! <'t celui de l Ire J , l

bout', la bâche à la main4, tome sanglai s* al

tout l'orgueil di ion crime •, piête a le pu r, a le

justifier, à le glorifier 1

Eschyle, lorsqu'il I emprunte* a la barbarie des temps héroïques nn t.» 1 personnage, ne s'e^t pas mis en peine, comme ses successeurs modernes, de L'accommoder S des mœurs plus douces, dans leur corruption, en lui prêtant des irrésolutions, des combats, des remords : il lui a conservé, et avant et après son acte, la férocité qui L'explique; il en a fait franchement nn objet d horreur et d'effroi; corrigeant toutefois l'excès d'une impression dont on pouvait être facilement révolté, par cette grandeur imposante qu'admirait La Harpe dans la Gléopàtre de Corneille7, et qu'il n'eût pas dû méconnaître dans la Clytemnestre d'Eschyle. Ce rôle, qui se détache plus que tous les autres de l'ensemble de la composition , sans toutefois atteindre aux développements qu'il eût r même de Sophocle et d'Euripide, et qu'il a pris sur la scène italienne et sur la DÔtre, se compose de deux parties fort distinctes, fort tranchées, que le poëte a vol lu opposer violemment l'une à l'autre. On a vu sous quelles honnêtes et vertueuses apparences, démenties seulement par d'involontaires éclats, s'est jusqu'ici montrée l'épouse adultère d'Agamemnon, pour amener plus sûrement dans le piège l'époux dont elle a résolu la mort. Il faut voir, quand son exécrable ruse a réussi, comme elle s'empresse de rejeter le masque qui pesait à sa criminelle franchise. Son premier soin est de s'excuser d'une dissimulation nécessaire au succès de son dessein : le dessein

ait été composé de quinze personnages. Voyez 0. Mûller, Eumenid., p. 75et suiv.;God. H rmann, Dissrrt.l de clwro Eumen. jEschyl.; Opusc, \ 11, p. 13i sq. ; Bœckh, Grœc trag. princip. >vi, etc. ; en dernier lieu j. Karsten, Agamemn., Ulr cht., 1855, p. 92.

1. V. 1376 sqq. — 2. V. 1412 sqq. — 3. V. 1345, 1444 sq. — 4. V. 1491 . — 5. V. 1356 sqq., 1400 sq. — 6. V. 1371 sq. — 7. Voyez Rodogune.

lui-même, elle est bien loin d'en rougir; elle se complaît au contraire . à raconter comment elle l'a longtemps médité, comment elle vient de l'accomplir. ISes discours rapprochent encore de nous l'horreur du dénoûment. Tout: à l'heure nous entendions les cris d'Agamemnon expirant : mai tenant nous le voyons se débattre dans le vêtement sans issue que l'on jeta sur lui, comme un filet, au sortir du bain; nous le voyons tomber sous les coups forcenés dont. on l'a frappé 4. La vue du corps sanglant, exposé à notre vue, est comme effacée par les images que retrace Clytemnestre, dans son ivresse, de ce qui lui semble une légitime veugeance, un acte de justice. Elle a lait boire, dit-elle, à son barbare époux la coupe que luimême avait remplie * : l'amant de Cassandre est couché près de sa captive bien-aimée, ce cygne harmonieux qui tout à l'heure chantait sa propre mort * : le meurtrier d'iphigénie reçoit maintenant, aux sombres bords, les tendres embrassements de sa fille4. Ces tragiques ironies sont comme un fer acéré dont sa fureur non encore assouvie perce à loisir ses victimes; et quand le chœur, et tte troupe de faibles vieillards qu'élèvent au-dessus de leur timidité ordinaire la douleur et l'indignation, la poursuit de ses reproches et de ses menaces, elle ose alors, cette femme qui disait avoir vengé la nature et l'hymen outiagés, se réfugier impudemment sous l'appui d'Egisthe, proclamant ainsi, avec son meurtre, ce qui en est5,

1. V. 1348 sqq. — 2. V. 1369 sq. — 3. V. 1410 sqq. — 4. V. 1527 sqq.

5. C'est, ce semble, l'avis de Pindare dans une digression de sa Xie Pythique. v. 25 sqq., qui offre comme une poétique analyse des deux premières pièces de VOrestie. <* .... Cet Oreste, après le meurtre de son pire, sa nourrice Arsinoé le déroba aux violentes mains, aux cruelles en, bûches d'une mère, lorsque, s'armantdu glaive étincelant, Clytemnestie envoya la vierge troyenne. la fille de Priara, Cassandre, aux sum lires bords de l'Acheron. Femme sans pitié! était-ce Iphigénie, immolée sur l'Kuripe,loin de la palri ,dontle poignant souvenir éveillait son courroux et poussait son bras? Ou bien, dans la couche d'un autre, de nocturnes caresses l'avaient-elles engagée au crime? Le coupable égarement d'une jeune épouse ne peut longtemps se dérober à la lingue indiscrète des hommes; les hommes sont médisants; telle est la fortune, telle est aussi l'envie; l'humble mortel murmure dans l'ombre. Il mourut donc le héros, fils d'Atrée, enfin de retour dans l'illustre

888 HYI i .

peut-être à son insu, la la plus réelle,

adultère '.

Celte révélation, préparée de loin par !

paroles <i(i M sont trains «le tempf a autre

soupçons des Argiens, par les peinturée, plu c|ai dans leur obscurité, qu'a (aitetj mais vainement, C san Ire îles secrets déaordrea recelés dans le : des

Atrides, forme un coup de théâtre que cou t la

dernière scène, l'apparition d'Égisthe. Nous l'avons déjà remarqué, nous y reviendrons peut-être encore, l'introduction passagère et quelquefois tardive de personnages importants, au moment même et pour le peu d'instants où le besoin de la fable les appelait sur la s"ène, était une des libertés de la tragédie primitive '; c'était aussi un de ses effets. Par là se variait, se renouvelait le tableau continu, uniforme, d'une catastrophe fatale auquel elle se réduisait tout entière. Telle est la disposition constante des pièces d'Eschyle, et particulièrement de celleci, pièce sans action, mais non sans mouvement, dont la face change quand le poète y fait paraître, en présence de son chœur immobile, outre Clytemnestre, son acteur principal et plus d'une fois ramené, le héraut, Agamemnon, Gassacdre et enfin Égisthe.

Le fils de Thyeste venant, devant le cadavre du fils d'Atrée, rendre grâce à la justice des dieux, réclamant

Amvclée, et avec lui il fit périr la jeune prophétesse, après av>ir, pour Hél-ne, livré aux flammes et détruit les opulentes maisons des Troyens. 0 reste cependant, cette jeune tête, s'en alla chez un vieil note, Sirophius, qui habita;tau pied .1 u Parnasse. Plus taid, le fer à la main, il égorgea sa mère et mit Egisthe à mort.... »

1. V. 1406 sqq. Cette passion adultère n'est au reste qif indiquée, et avec assez de discrétion, pour qu'Eschyle ait conservé le droit de dire à son aval Euripide, dansées Grenouilles d'Aristophane, v. 1056 : «< .... Je n'ai jamais peint d'impudiques Phèdres, de Sténobées. Personne même ne pourrait diie que j'aie jamais représenté une femme amoureuse.... »

2. Il n'en a pas été ainsi depuis, comme on en trouve, chez notre grand orateur sacré, la remarque fort inattendue : « .... Or qui ne sait, chrétiens, qu'à la conclu-ion de la pièce on n'introduit pas d'autres personnages que ceux qui ont paiu dans les autres scènes.... » (Bossuet, Sermon sur l impénUence finale.)

sa part d'un attentat qu'il a traîné dans l'ombre et qu'un autre bras a accompli, envahissant le trône de celui dont il possédait déjà la femire, opposant aux mépris et aux malédictions du peuple que lui livre son double crime, le front d'airain et les menaces d'un tyran *, ce triomphe insolent du crime, et du crime sans courage et sans grandeur, offre un déDoûment hardi et frappant ; mais il blesserait le sentiment moral, si la voix du chœur, voix importune qu'on ne peut étouffer, De faisait incessamment retentir aux oreilles du couple adultère et meurtrier le nom de cet Oreste, ministre futur des vengeances du Destin, qui croît dans l'exil pour son châtiment.

Le poëte, dans sa dernière scène, a su mettre entre les deux coupables des différences qui, sans nous réconcilier avec Clytemnestre, la relèvent cependant à nos yeux. Lorsque Égisthe, ce lâche assassin qui s'entend reprocher par deux fois * de n'avoir osé tuer lui-même celui dont il a comploté la mort, s'emporte contre de faibles vieillards, et va les livrer au glaive de ses satellites, Clytemnestre, que leurs discours n'ont pas plus épargnée, s'interpose généreusement en leur faveur. Assez de sang a été versé, ditelle; il ne faut point ajouter aux misères de ce jour3. Le langage de cette femme, tout à l'heure si hardie dans ses attentats et ses apologies, laisse entrevoir le trouble na^sant de la conscience, une secrète tristesse, un vague regret, quelque chose d'humain qui manque à Égisthe, et où le spectateur se retrouve.

Mais c'est surtout au chœur qu'il aime à s'associer, dans les éloquentes et courageuses protestations dont ce personnage, son représentant sur le théâtre, remplit, peut-être un peu longuement, la fin du drame. Ici encore nous pouvons

1. On a cru retrouver quelque chose de ces menaces dans an passage conserve de VÉgisthe d'Atli us (voyez plus haut, p. 306) :

Neque fera hominum pectora Fri.gescunt, donec vim imperl persen.iorint.

« Les cœurs intraitables ne cèdent point que le pouvoir ne leur ai fait sentir sa force. »

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