HYLE
di. 's où le même poêl ' loi Crébillon, ont lutté
sans trop (le désaveu DtM leun modèlei anciens;
enfin l'ouvrage remarquable où Allieri a va rajeunir un sujet usé, en y introduisant quelq nouvel-
les, dont s'est assez récemment enrichie la scène lr rai se '.
La même cause a donné à tous ces on tère que n'ont pas les tragédies oompoêéei sur l'histoire d'Oreste par les poêles anciens. Comme, dans les pu ta, fatalité n'exerce plus qu'une influence, pour ainsi d nominale et honoraire, que les passions humaines y agissent à peu près seules, et que de leur combat doit uniquement sortir le dénoûment qui s'accomplissait autrefois, sans beaucoup d'obstacles et de résistance, par le cours irrésistible de la destinée, ils sont plus vivement intrigués que ne pouvaient l'être les pièces d'Euripide, de Sophocle et d'Eschyle ; il s'y engage entre les assassins et les vengeurs d'Agamemnon une lutte prolongée, dont les vicissitudes excitent à un plus haut degré l'attente et la surprise. On regagne ainsi d'un côté ce qu'on a pu perdre d'un autre : si la composition est moins grande, les émotions moins profondes et moins fortes, l'intérêt de curiosité remplace, par \e> mouvements tumultueux de la crainte et de l'espérance, ces prodigieux effets d'étonnement, de stupeur, d'efiroi, de religieuse horreur, dont le cours du temps , le progrès des idées, les changements de l'art ont en partie dépouillé le sujet.
Et, en effet, ces différences que nous cherchons à marquer dans la conception et la conduite si diverses des ouvrages que la tragique histoire d'Oreste a inspirés aux poètes anciens et modernes, ne sont autres que les différences mêmes qui distinguent nos théâtres du théâtre grec; elles tiennent à cette révolution dramatique qui, dès le temps de Sophocle et" d'Euripide, n'a cessé de
1. Voyez plus loin, liv. HT, chap. vn et vm, la revue de ces pièces à l'occasion des Electre de Sophocle et d'Euripide.
LES CIIOÉPHORES. 339
remplacer progressivement l'empire fatal de la destinée par le jeu libre des caractères et des passions; la simplicité de la fable par la complication de l'intrigue; le développement calme et lent, l'intérêt, pour ainsi dire, contemplatif des situations, par l'entraînement d'une action rapide, par les vives'émotions de Ja surprise, par l'attente curieuse et impatiente du dénoûment. Ge contraste entre les deux systèmes tragiques de l'antiquité et des temps modernes paraît frappant, lorsqu'il ressort, comme dans l'objet présent de nos recherches et de notre étude, par la ressemblance ou l'identité des sujets. Rien n'est plus propre à le mettre dans tout son jour, que les Choêphoies d'Eschyle. Pour les deux Electre de Sophocle et d'Euripide, qu'il faut bien se garder de placer au même rang, que sépare la sublime beauté de la première et l'extrême infériorité de la seconde', elles ont, avec notre manière moderne, des traits de ressemblance que n'offre point l'ouvrage d'Eschyle : ces deux tragédies sont plus pathétiques que terribles; la sombre image de la fatalité , qui auparavant couvrait de son ombre effrayante le tableau tout entier, commence à s'y effacer et à laisser paraître davantage les touchantes figures d'Electre et de son frère ; l'attention y est détournée de l'événement luimême et attirée sur les personnages qu'un art nouveau a su placer dans des situations attendrissantes et d'un intérêt varié. L'œuvre d'Eschyle n'a point cette variété, ce mouvement, ce charme du sentiment et de la vie, cette couleur brillante et pure, cette expression tendre et. pénétrante, c'est moins un tableau qu'un groupe de marbre arrêté, immobile, devant lequel restent glacés d'effroi et dans une muette stupeur les spectateurs qui le contemplent. Rien de plus simple que cette composition, en même (3mps rien de plus terrible; sous ce double rapport, c'est un type accompli de la tragédie primitive; on peut y étudier Eschyle tout entier : point d'événements , point d'action: une exposition et un dénoûment que séparent seulement les figures toujours plus vives et plus frappantes de l'idée, de l'idée unique, qui domine dans
:ViO
l'ouVN rime et l« » rj t Han» ce*se I
pelés | 8 ftDDO
l'un à l'au! ■ e , SOUS d»-s fol
avt'C une admirable fécond non, tout mon
qu'il est, et le Destin invisible, foi per-
sonnages de ce draine singulier qui pai ' SOI
la scène n'en surit, pour ainsi dire, que le
tants; l'imagination est emportée par ide du
poète dans la Sphère élevée d'où il regarde Lui-même ces étonnantes aventures. Tout dans cette tragédie esl donné
à la terreur : c'est le seul sentiment qu'el'e semble vouloir exciter; et, toutefois, il n'était pas p traiter un sujet où les plus vives el les plus profondes aliénons de notre nature sont soulevées et mises en prés race, sans que de leur lutte terrible il BVcb appât quelque trait d'une expression douloureuse et déchirante. Ce genre de pathétique, d'autant plus puissant qu'il est plus rare et plus imprévu, est un des caractères particuliers du génie d'Eschyle. On pourrait comparer sa muse à ces statues des dieux qui, dans les superstitions antiques, si vivement reproduites par les poètes, paraissaient quelquefois douées de sentiment et de vie; qui pressentaient l'approche des grandes calamités, donnaient des marques visibles de douleur et d'effroi , tressaillaient sur leur base immobile, se couvraient d'une sueur glacée, et dont, selon l'expression d'un de nos tragiques1, les yeux d'airain pleuraient. Le théâtre d'Eschyle nous offrirait un autre emblème de ces mouvements involontaires de douleur et d'attendrissement que laisse parfois éclater sa muse si terrible et si hère. Nous le trouverions dans ce tableau qu'il nous a retracé de la fureur belliqueuse des Sept Chefs, et dont les vers énergiques de Boileau, et plus récemment le crayon hardi de Flaxman et de Girodet, ont si bien traduit la sombre et sauvage beauté. Au moment même où ces guerriers furieux viennent de prononcer, la main dans le sang, ces serments effroyables qui