‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 164 sur 185 · il · texte numérisé non relu

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■ Ii vers événements, dont chacun a pu suffire de: à l'intérêt d'une composition dramatique, et a sans interruption, jusqu'à ces dernier! temps, au génie des poètes anciens et modernes, tant de productions remarquables *.

La poésie antique, en transportant dans une r toute fantastique, toute merveilleuse, ces trauri' aventures, pouvait les retracer avec plus de frare qu'il n'a été depuis possible de le faire, et, ce qui semble contradictoire, arriver à des effets plus grands, plus terribles, quoique moins douloureux et moins révoltants.

1. Un célèbre poSte italien de ce temps, qui s'est préparé à des œuvres dramatiques originales par d'habiles traductions des Sept Chr de r^gamemnon d'Eschyle, M. Niccolini,a paiticulièrement insisté sur les rapports qui lient entre elles les trois pièces dont se compose YOrestie et en font comme les actes d'une seule tragédie, dans son ingénieuse dissertation, sulV Agamemnone d'Eschilo et suila tragedia de' Greci e la nostra. Voyez le t. 1er de l'édition de ses oeuvres, publiée, sous ses auspices, à Florence, en 1851. Il a paru, en 1843, à Nuremberg, une dissertation, de religionibus Orestiam M s chylicontinentibus, quon ne lira pas non plus sans intérêt et sans fruit. M. Ch. Fr. Naegelsbach y montie fort bien que, dans les compositions d'Kschyle, et en particulier dans son Orestie, le Destin, dont on ne peut nier, mais dont il ne faut pas non plus exagérer l'intervention, ne gouverne souverainement que les événements extérieurs du drame, lassant fl'ai:leur>,dans le dn.me même, à la volonté humaine, la libre disposition des déterminations et des actes. 11 s'applique ensuite à concilier avec cette action commune du destin et de l'homme celle du génie des rttrihutions vengeresses, qui châtie sans relâche, dans les races coupables, par un inévitable talion, les crimes inexpiables, àXàcrrcoo. Son argumentation savante et e genieuse n'est pas, dans cette seconde partie, toujours exempte d'une subtilité, d'une obscurité, peut-être inévitable. La difficulté de la matii re paraît bien dans une note étendue, où il passe en revue l'infinie variété des opinions émises en Allemagne sur le rôle attribué au Destin par les Grecs dans leur tragédie. A la fin de cette note il blâme chez l'auteur du présent livre, sans doute sur ouïdire, une manière de voir que celui-ci ne peut en conscience avouer, n'ayant jamais, dans ses analyses des pièces grecques, célébré l'insurmontable puissance du Destin, sans y faire en même temps la part de la liberté de l'homme, absolument comme soq censeur.

L'idée d'une puissance fatale qui avait ordonné et qui accomplissait, malgré tous les obstacles humains, ces actes d'une vengeance et d'une justice monstrueuses , en tempérait l'horreur par l'effroi religieux dont elle les entourait, et par la compassion profonde où elle confondait les victimes et les instruments de si effroyables arrêts. Le parricide était offert, sans ménagement et sans voile, à la vue des spectateurs, et toutefois, ainsi ennobli et adouci, le tableau en devenait plus supportable qu'il ne l'est sur nos théâtres, où on n'ose le montrer qu'à demi, de peur que nos sens ne se soulèvent à cet aspect odieux et repoussant. Les poètes modernes, pour qui la fatalité n'était plus qu'une tradition littéraire qu'ils conservaient en érudits, comme un accompagnement consacré des sujets antiques , mais qui ne pouvaient attendre d'un dogme effacé de nos âmes par des croyances meilleures, des effets bien puissants, ont dû nécessairement altérer, affaiblir des tableaux dont nous n'aurions certainement pas enduré l'exacte représentation. C'est ainsi qu'en passant de la scène grecque sur la nôtre , le crime d'Oreste a perdu en partie le caractère d'un acte parricide ; qu'il est devenu un accident presque fortuit, produit par un égarement passager, auquel la volonté n'a point de part, quelquefois même l'effet d'une cruelle méprise, d'un concours de circonstances biznrres et fatales; que, dans des pièces où le même sujet a été reproduit sous, d'autres noms, le trait qui le caractérise a enfin totalement disparu ; qu'on y a vu l'épouse coupable non plus périr comme auparavant par la main du fils, mais se charger elle-même de son châtiment, et finir le drame par un de ces coups de poignard auxquels l'habitude nous a rendus tout à fait indifférents, et qu'on peut ranger aujourd'hui dans la classe des dénoûments heureux. Il n'est pas nécessaire de s'ar rêter à montrer en détail cette différence générale qui sépare les Orestes modernes de ceux de l'antiquité. Toiu le monde se rappelle l'Hamlet de Shakspeare et celu qu'en a tiié Ducis, la Sémiramis de Voltaire, les trag^

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