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[dente de la vie. a la
poésie et même dans l'histoire: Hérodo tout
à fait conforme à Homère et fil Eechyle ; comme eux, il nous montre, au-dessus des révolutions du monde, une puissance fatale qui les conduit an gré de son caprice ou de sa passion, plus rarement selon les lois de II le et
de la justice; comme eux, il fait du Destin l'allié ou l'ennemi de l'homme, un juge sévère, ou un rival jaloux, qui le punit autant de sa prospérité que de ses crimes; quelquefois un tyran bizarre qui se plaît à des jeux cruels, à d'étranges catastrophes, qui brise entre ses mains, ainsi
^jjue des jouets, les races royales, les peuples, les empir - ', Mais enfin cette terreur superstitieuse commença à se dissiper aux rayons de la science; et de même que les dieux qui avaient longtemps animé les éléments, et prêté un charme mythologique aux scènes de la nature, se retiraient par degrés d'un domaine usurpé, devant les découvertes de la physique, de même aussi une étude plus attentive de l'homme et du monde moral fit reculer dans un lointain mystérieux cette puissance inexplicable qui enveloppait de ses ombres les événements humains. Ils apparurent enfin, non plus comme les inévitables effets d'une cause brutale et déréglée, m;iis comme les conséquences de nos actes et de notre voloné. On se convain-
\ quit que si nous sommes souvent enîraînés par la force
rrésistible des choses, par des rencontres toutes fortuites
et tout imprévues, plus souvent encore nous sommes,
par nos libres déterminations, les agents de ce qui se passe
1. Voyez les deux dissertations de Bœttiger, de Herodoti historia ad carminis epici indolem propius accédante (Opusc. p. 182 sqq.); celle de M. P. L. Lacroix, Quid apud Herodotum ad philosophiam et religionem pertinent; Pans, 18*6, notamment p. 51 sqq.
ici-bas, lei ouvriers «le notre destinée mortelle. L'homme prit dans la poésie et dans l'histoire la place qui lui appartient comme au premier, comme au seul acteur du où il se trouve jeté; à la place des Hérodote on rut iiile, qui expliquèrent par les combinai Ja politique et de la r
gooiatiom its, par les mouvements de
la passion, par Iculs de L'intérêt, par l'influence
S et des vérins, des vices et de L'ignorance, par le
trcine divers des bomm et 'les lieux, ce qu'on
: trop poétiquement mêlé d'une divine obscurité.
Après les Eschyle vinrent naturellement les Sophocle,
. sans renoncer entii poétique des
its surn ndirent aux ai l'homme l'em-
P de i'actioo dramatique, et i .t L'antique as-
tant de la fatalité pai ior| nouveau de la liberté
En constatant cette révolution, opérée par Sophocle l'esprit et en même temps dans la lorme de la poésie dramatique, nous sommes loin de prétendre que son prédécesseur ait entièrement effacé de ses œuvres la volonté humaine : nous n'avons pas oublié cette grande et imposante ligure de Promithie, où il a peint bous des traits si sublimes l'indomptable fermeté d'une aine que l'injustice et la n ' ttr du sort ne peuvent ni subjuguer ni abattre. Mais cette résistance est toute passive. L'homme n'agit point véritablement cl hylea ou du moins toute son
borne \ Lunettn igner - à suc-
coin is iaiblesse dans ia lutte inégale où il se trouve
, à ennoblir son inévitable chute par quel ; comme ces gladiateurs de Home, qu'un
indamnait à périr sous le ter d'un vainqueur, et qui, par la ^râce et la majesté de leur maintien, arrachaient, eu tombant sur l'arène, les applaudi-
Dts des spectateurs féroces, dont ils n'avaient pu émouvoir la pitié.
d'Esch] r cruaûl
poil
le Ciiiuc par une main invisible et croirait que, oomu eth 'le poi-
gnard fantastique leur apparaît dan vers leur victime. Écoutez comm< |o'il
court au fratricide; en vain on
place est inarquée, dit-il; les imprécation! d'un père le
poursuivent;.., les dieux précipitent IV »ot fatal;...
le vent de eur colère f-e lève et pousse sur les flots du Gocyte la race de Laïus1 — » Quel terrible et sombre gagel quelle superstitieuse fureur! Se croit-il eu e irrévocablement destiné au forfait qu'il va commettre ? ou bien prend-il pour un arrêt du destin la féroce inspiration de sa haine? Le pnëte nous abandonne à ce doute et i. otïre ainsi l'effrayante et admirable peinture d'un temps de barbarie, où, dans l'enfauce du sentiment moral, la Ion lé asservie à d
pour échapper aux remords, et par un affreu> chargeait de ses détestables œuvres les dieux d qu'elle avait créés*.
Les drames de.Siphocle, quoiqu'ils nous reportent également à cette époque reculée, nous présentent une image plus pure et p'us noble de l'noininê : il y paraît dégagé des liens d'une sensibilité brutale ou d'un ignorant fanatisme; au milieu des passions violentes q citent et l'entraînent, des croyances monstrueuses qui le