Arisiojjh., Ran
LA rRAGÉDIE GREl QUE. 89
pouvons ju^er fort heureusement par non- mrii.
développées «rois drames, qui sont comme lea actes d'un autre drame résultant de leur union, le cercle entier la destinée d'Oreste, poussé au crime par le devoir ven- rime, et, comme on l'a dit d'Alcméon, facto
jiius et scehrntus eodemii si coupable et si innocent tout
en*< mhle, que ia faveur seule tics dieux peut départager
la justice humaine. Le nom de Lycurgiê a été aussi donné
par les anciens' à une suite de pièces qui ne nous sont connues que par les savantes et ingénieuses restitutions de la critique8, et qui toutes se rapportaient aux divers incidents de la lutte du roi de Thrac.e, Lycurgne , contre l'introduction du culte de Bacchus. Une didascalie récemment publiée* nous apprend qu'Kschyle remporta une de ses victoires dramatiques, sur une iycurqic , tétralogie de Polvphradmon , avec trois tragédies, Laïus, ŒaI les Sept devant Thchcs, dont les titres seuls marquent la liaison, la connexité. Il est remarquable que les drames satyriques ajoutés, selon la coutume, aux trois trilogies n'étaient pas eux-mêmes sans rapport avec ce qui en formait le sujet général. Gela est évident pour ceux qui avaient pour titres précisément Lycurgue, le Sp hin r; on peut le croire du troisième, qui, sous le titre de Protêt % paraît avoir complété ce qui est dit obscurément dans VAgamemnofï de la disparition de Ménéls, par la peinture familière de ce qu'Homère raconte assez familièrement sur son séjour en Egypte, sur ses aventures avec la fille de Protée , et Protée lui-même*. UOrestie, la Lycurgie, ajoutons-y, d'après la nouvelle didascalie, la Thèbaïrie, les
1. Ovi.t., Metam,x IX. 408. — 2. Aristoph , Thesmoph.. 135. — ;î. God. Hermann. de Mschyl. Lycurgia, 1831; Ovusc, 1834, t. v, p. i sq.; F. A. .1. Anrens, JSschyl. fragm», éd F. Didot, p. ITT sqq. — 4. l'av M. .1. Prantz, dans un programme académique de l'université de Berlin. Voy. K. Egger, trtvi. et comm. de la poét. (TAfïstOte, p. 41S. — 5. imrm.; schol. Aristoph., llnn., 1124-
6. C'est l'opinion ae Bœckh [Gr& t. tra /. prine., xx] , de God. Hermann [de Compotit. letrolog. lrag.t iiid.). contredite par Welcker (totd.,p. 508); de E, A. J. Ahrens, âSschyl. fragm., édit. F. Didot, p. 254. Cf. Hom., OJuss., I
30 m ron i
seuli ; m anciens, i
pas oertainemenl Les su si qa' l ait i rares pièces qu
tre, il en est, comme les Supp
qui sont, nous le montrerons plus tard, tri-
logies, l )n en peut dire aman) d' i m in
grand de ses | perdues', dont la Liaison d
probablement de bonne heun l'ordre ou plutôt le
désordre des cataiog les alphabé
quand fut passé le temps de la trilogie, ce qui ne tarda pas. Avec Eschyle parait avoir a peu pies fini 64 de composition, dont on ne cite plus qu'un seul exemple et chez un poète de sa famille, la Pni, >■ de PI
clés2, peut-être encore YOEdipodie de Mélitoe*. Sopfa ne composa pas de trilogies, et, selon un témoignage obscur et diversement interprété*, ou b en (c'est l'opinion adoptée le plus généralement, et cependant la moins vi semblable) se permit et obtint de ne présenter au concours qu'une seule tragédie, ou bien en présenta tr< mais désormais sans connexion entre elles5, comme faisaient Euripide et d'autres poètes de cette même époque, comme on continua de faire après eux*. Les qualités nou-
1. Voyez God. Hermann, de Compnsit. tetral. <rag.. ibid.; de Mschyli Danaïdibus, 1820 . Opusc., 1827. t. Il, \\ 319: de A ilyrmidnnibus. Nereïdibus, Phrygibus, 18 3 ; Opusc, 1834, t. * . p 136 s
de jEsclujli trilogiis Thebanis, 1 835; Opusc, « 8:^9 , t. VU p. : 0 ' 'le Aïs hyli Psychostosia, 1838. ibid., p. 343; de .1 tragœdiis fata
Ajocis et Teucri compexis, 1838, ibid. . p 36*2; Wekkp. 7-111, 311-481, où s<mt distribués en vingt trilogie* presque tous les ouvrages trafiques d'Eschyle dont le souvenir s'est conserve ; enfin E. A. J. Ahrens, JEschyl. fragm., édit. F. Didot.
2. Schol. Aristoph., Av., 281. Voyez la restitution de cette trilogie chez Welcker, ibid., p. 502.
3 Citée d'après les Didascalies d'Aristote, par le scoliaste de Platon. Voyez Welcker, ibid., p. 528.
4. Suid., vv. loço/./TJ;, TiTpaXoyîa — *Hf^c cpà;jia ttsû; opiaa rfwvi- ^tohii à)."' a u.r, TETGaÀoyîav.
-, C'est lf1 sens nouveau donné au passage de Suidas par Welcker, ibid., p. 509, et adopté par BoJe, Histoire de la poésie grecque, tragédie, t. III, p. 95.
6. Quand Xén^clès l'emporta sur Euripide, comm? le rapporte, cd s'en scandalisant EUen, (Var. hist., 11, 8), le débat était entre deux tétralogies, l'une, celle de Xénoclès, qui comprenait ce* quatre pic-
DK LA TRAGÉDIE GW CQUE. 31
velios que ces deux grands maîtres de l'art, nous le \ Tous bientôt, ajoutèrent au drame, une plus grande complication de l'intrigue, un plus riche développement des passions et des caractères chez le premier, et, chez le second, l'art de ramener à une impression unique la diversité des tableaux, remplacèrent, dans une même pièce, les effets qu'Eschyle, averti par un sentiment confus <1 ■ ce qu'il y avait d'excessif dans sa simplicité, avait demandés à la trilogie. Ces effets ne sont connus que par un seul exemple, celui de VOrcstie. Ce n'était peut-être pas assez pour établir* que, d'après des règles invariablement lixées, et qui, en certains cas, eussent été bien gênantes, des trois tragédies, la première devait r' adret surtout à L'âme, U seconde a L'oreille, la troisième aux yeux; qu'il fallait que l'une lui plus dramatique, l'autre plus lyrique, la dernière enfin plus riche de spectacle; ou bien encore2 que, comme dans les grandes composiez : OEdipe, Lycaon, les Bacchantes, Alhamas; l'autre, celle d'Ruripide, ain^i ((un posée : Alrrandrr. Palamède, les Troyennes^ Sisyphe. L'argument de la Médit nous a fait connaîtra qu'elle (ut donnée avec deux auir-s iiagediesdu même poêle, Philoctète, Dictys, et un drame satyrique, les Moissonneurs, il eu tut de même de ses Phéniciennes , qu'accompagnèrent Les tragédies d'Hypsipyle, d'Antiope e\ l'on ne sait quel drame sitynque (schol. Aristoph., Ran., 63). On sait, depuis peu de temps, «,ue la deuxième année 'le la lxxxv olympiade, la 439* avant notre ère (Clinton, last. helltnic.. p. 61), sous l'archonte Glaucinus, ou, comme dit Diodore (XII, 30), Glaucides, dans un concours où Sophocle obtint le prix sur Euripide, ce dernier donna av-e tiois tragédies, ►avoir : les Cfétoitet, âLcméon à Psnplus. Télèphe, en place 'ir drame satyriqup, comme on l'avait conjecturé (voyez plus liant p. 28), son Alceste (Argum. Alcest. ex cot. Vatic. apud. G. Dmirtorf, Oxon.. 1834). C*esl -uus forme «le tétralogie qu'après la mort d'Kur p le lurent redonnés par son neveu, Kuripide le Jeune, YJplugénieen Aulide, VAlcméon, les Bacchantes (schol. Aristoph., Han., 07). b'auieur de l' Eutipides restitutus déjà cité, M Hartung, a cru pouvoir distribuer en tétralogie!* tous Li $ ou v rage , c«n eivé^ ou perdus, d'Euripide. C'était une tétralogie que Platon, qui dans li suite détail dis tribueren tétralogie» ses dialogues (l'iog. l.aert , III, .r>6, cf. 61), avait confiée aux comédiens, quand il quitta la poésie pour la philosophie (jEliao., fat. hist . il, 30). Après Platon, dans une inscription que l'on rapporte a la deuxième année de la cvi* olympiade, c'est-à d re
à l'an ;{.').") BOBCkb, Corpus in.scnjit. ÇTSeC, t. I, p. 334), d BSt élu. Me
question d'une tétralogie.
I. God. h'irn.inii. de Compas, tetral* trag., ibid. — 2. Welcker. > id., p. 286 193, :»js.
titu où tout se
itnl , li pièce i h mili<
la tri I' iur oni< -
ner c< eu se m
détachées, no prenait conseil q
sujets. Tout au plus peut-on soupr ou-
:c firial, il ménageait !e problème! mo-
raux, dont l;i doctrine de la fatalité avait, dans cédents, embarrassé lu conscience ectateurs,
solution plus satisfaisante.
hn attribuant à Eschyle, non pas étalement, comme la plupart des critiques, l'accidentelle beauté de détails énergiques et frappants, mais une conception I et profonde, l'unité du dessein, la proportion et l'aria: gement des parties, en un mot le • de la corn]
tion, qu'on lui a refusé si injustement, nous ne lui ac dons rien que démentent ses drames, dont l'ensemble, au premier coup d'oeil un peu confus, se révèle cependant par la continuité, par la progression des émotions qu'ils excitent. Ce n'est pas que nous prétendions qu'Eschyle ait eu la connaissance claire et distincte de son art; qu'il ait travaillé sur un plan systématique, suivi des procédés réguliers, des principes positifs, une théorie fixe et arrêtée. Il n'en est pas ordinairement ainsi de ces esprits inventeurs que guide vers le grand, vers le beau, vers les formes propres à les revêtir, une sorte d'instinct secret que, dans leur superstition poétique, ils appellent leur génie et leur dieu. Quel est ce dieu? Ils l'ignorent et ne peuvent le dire. Ce n'est autre chose toutefois que le sujet même qu'ils traitent, l'idée dont ils sont possédés et qu'ils s'efforcent de produire au dehors. Déposée, enfermée dans leurs œuvres, cette idée leur communique l'esprit de vie qui est en elle; elle les développe, elle les ordonne en quelque sorte par sa seule vertu. C'est un moule intérieur, sur lequel s'appliquent d'ellesmêmes, à Pinsu du suhlime ouvrier, ces formes merveilleuses que décrira plus tard la critique , et qu'elle proposera à l'imitation comme le type de l'art. On dirait de
ni: la r n a i ; i ; i » 1 1
, . . place .'iu contre ri 1
il< fi con de ce vaste corps, cil culant ilan
.>! m* manifestant enfin dans les plu'nomom
vie, dans la fccuc variée. de la nain:
il Vidée pui
Igulicr «le siin
dei n'oflre aucun autre monument île .
C'est l'idée de uitû ter; ihlo q<ui , dan*
: de ces temps reculés, pn
à tontes les révolutions du mon . grands
suerôs, aux Is revers; changeait, a
ou il* i i ;i »* jin tice sévèi .
les désastres; . it du '■■ *>ne,
ait despotiquemcnl sur les liomi -x, les biens et les maux, les ts ci les
; du Destin, m un mot, ex] m poctiq
pers cation religieuse d
un dans les choses humaines; image imparfa utation confuse de cette puissance meilleure qu ni toujours la . , et qu'une
croyance plus digue de la divinité nous l'ait adorer sous le nom de l'ro\ idence.
Voilà l'idée dominante des compositions d'Eschyle, l'idée les remplit et les constitue; elle obsède, elle fatigue l'imagination du poète, qui se travaille sans cesse à l'exprimer : c' .une un esprit malfaisant qu'il force par évocations de paraître sous une (orme visible, avec un corps un visage. Elle devient, tout abstraite qu'elle est, une
: et agissant, le héros d< son drame lui-même.
..roi et la stupeur dont on se sent saisi à une on si redoutable, et dont les mouvements , si :it par leur gradation à cette succession d . -
dents, à ces peintures suivies de passions et de caraeti que ne connaissait point encore la tragédie. De là l'extrême si ité d'une fabie qui p'offi
ts an ta. — 3
III I ■.m rapide d'un
main qui I
^iijuu, impétueux, d'un lour .
Ai ire d'une . .
il la pr dit Ari idèn
nt le sj mot, s'explique
fatalité1.
Mais lii'j." .-
lut ion primitive, uno autre ira
nt circo hors du cr; . la retenait
à s'ouvrir m
ractères, jel vi-
gueu udace,
plus
veaux avaient s'épancl : plus
ques tal , i a que r i
sauvage
, L'horr
Dl I A l H \«;i DU 3T>
visions d'un songe; aux cris de l'épouvante, iaix éclats du désespoir, se mêlaient lea acoents d'une plainte mélancolique et pénétrante; un dialogue vif, rapide, entraînant.
plein de vie et de vérité, le faisait jour à travers les longueurs des intermèdes et du récit, la pompe solennelle de l'épo ée, les transports, Les écarts de l'ode et du dithyrambe;
tout ('tait prêt pour produire cette tragédie à la fois simple et variée, grande et belle, terrible et touchante, élevée et naïve, qui (Hait encore à naître. Dans ESschyle, on pouvait oir Sophocle, et ce dernier s'y voyait sans doute lorsqu'il disait, avec cette conscience de son ^énie qui n'aparlé que confusément à son devancier, avec ce sentiment de l'art que lui avait donné la méditation de ses premiers essais : « Kschyle fait ce qui est bon ; mais il le fait sans le savoir1. »
Sous sa main habile se rassemblèrent en un tout harmonieux et régulier ces éléments confus d'une tragédie encore inconnue. Mais comme une seule idée avait présidé à la conceptiou et à l'ordonnance des compositions d 'Kschyle, une seule idée détenu na l'esprit et la forme des compositions de Sophocle et renouvela entièrement l'art dramatique, par une manière toute nouvelle de comprendre et de peindre le cours des choses humaines Eschyle les avait vues particulièrement soumises à un" invincible fatalité; ■ hocle y aperçut davanage le jeu de nos passions et de nos facultés. A cette cause merveilleuse que le premier avait montrée avant tout dans les événements, le second substitua sorts naturels que découvrent la reflexion et érience à eu lus éclairé.
Les premiers Grecs, dont la poétique ignorance per-
1. Chamsléon chez Athen., Detpn.,1. C'est trop restreindre, je crois,
la p<>rtê<' de ce mot que d'y roir, avec Stanley, Bayle et autres, seule-
t une llusion .( l'inspiration désordonnée qu'Eschyle, selon ijuel-
ques tém - P0**» '»&; VII, I0j l.u-
<th. enrom.; AUien. , Detpn., X, etc.). puisait l'ivresse, en poète qui travaillait pour le bus, et à
enfance, comme il dormait en gar tint des r, du vin était apparu pour lui ordonner »l er 'le» tr
Unifiait tOUl iraient
an