s récîam nt le qu'il [ « i loi
déclarent qn'elJee ne cesseront pour-
suivre.
La serti»' change, et par deux fois ' : a transportée à Athènes, d'abord devant le temp Mi-
nerve, ensuite , en vue de la colline deM.-ir-, l'An Le poète, ni, emporté par son injet bon doe babiu du théâtre grec, dispose si librement de l'espace, en fait de même du temps. Point d'entr'acte, point d'intermi pour sauver au moins les apparence*. Oreste a ûjnil é Delphes il n'y a qu'un instant, et il est déjà dans l'asile qu'il allait chercher. Les Furies, comme une meute ardente, ont suivi sa trace sur la terre, sur la ruer, et les voici qui sont près de l'atteindre. Ces voyages, a rapides que la pensée, emportent l'imagination, hors du cou1 s ordinaire des choses, dans la région des merveilles.
Diderot, qui ne paraît pas avoir connu la distribution des théâtres grecs en une scène pour, les personnages principaux du drame, le Logeum, et une autre scène pour le chœur, l'Orchestre, l'a devinée et décrite dans quelques lignes, où il cherche à se rendre compte de cette partie de la tragédie des Eumênides à laquelle nous sommes parvenus. Je ne puis mieux faire que de citer ses paroles, pleines non-seulement de sagacité critique, mais aussi de cette verve créatrice qu'il portait dans l'anal; se des productions de l'art.
« .... D'un côté, dit-il, c'était un espace sur lequel \es Furies déchaînées cherchaient Oreste, qui s'était dérobé à leur poursuite ; de l'autre, on voyait le coupable emhrassant les pieds de la statue de Minerve, et implorant son assistance. Ici Oreste adresse sa plainte à la déesse ;
1. Les Grecs, dont la pratique a établi la règle de l'unité de lieu (il a été dit comment, p. 10), ne se sont pas toujours interdit, quand le sujet le voulait, de changer la scène de leurs drames. VAjax <:e bophocle nous offrira bientôt un exemple incontestable de cette liberté. God. He.rmann (Opusc, t. V, p. 190) a ctu en trouver un autre chez Euripide: selon lui, clans Y Auge de ce poète, la scène, d'abord piacée ï T gée, en Ar adie, éta t ensuite transporta dans la Myse.
là, les Furies s'agitent : elles vont, elles viennent, el'e< courent; enfin une d'entre elles s'écrie; « Voici la trace du sang que le parricide a laissé sur ses pas.... je Je sens..,, je le sens.... » Elle marche; ses sœurs impitoyables la suivent; elles passent; de l'endroit où elles étaient, dans l'asile d'Oreste; elles l'environnent, en poussant des cris, en frémissant de rage, en secouant leurs flambeaux. Quel moment de terreur et de pitié que celui où l'on entend la prière du malheureux percer à travers les cris et les mouvements effroyables de ces êtres cruels1 1... »
C'est chose curieuse que de rapprocher ce chaleureux tableau de ce que disait, vers le même temps, à l'aise dans sa chaire, l'auteur du Lycée : « Il ne paraît pas que les Furies fassent à Oreste grand mal, ni même grand' peur. »
Oreste, il est vrai, se réclame avec fermeté de la faveur de Minerve, au peuple de laquelle il apporte l'alliance d'Argo<, de l'apoui d'Apollon, qui l'a purifié dans son temple. Il élève librement une voix qu'ont déliée les expiaiioDS, des mains dont la souillure s'efface2. Mais comment, de bonne foi, le supposer tranquille en présence des ennemis sans pitié qui d'abord redemandent avec rage leur victime; qui ensuite, comme sûrs de l'obtenir, la dévouent, par des paroles d'une gravité ttrrible, à d'éternels tourments? Car la scène grecque présente cette gradation : on y entend des bourreaux avides de sang, puis des juges inflexibles, tour à tour les accents forcenés de la veugeance et l'hymne sévère de la justice; ces chants, tout remplis des peintures du crime et du châtiment, et où les Furies elles-mêmes célèbrent leur office
1. Entretiens sur le Fils naturel, ne Entretien. Si Ton vent se donner le spectacle des tableaux si frappants que cette tragédie et les deu\ précédentes n'offrent plus qu'à notre imagina: ion, on peut parcourir dans le IVe volume des Religions de l'antiquité, de M. GuigTliuut, l,e part., n°8 827 et suiv., p. 385 et suiv.; il* (tait., pi. 235, '237, 239, 242, 243, 244, 245, des représentations de uiverse nature, dont ils avaient fourni le suje' à des artistes de l'antiquité. 2. V. 275, 282.
i doutable, ionl se doués d'ui : te qai
eachatne le coupai I soc
pas, pour ii oi, que l'imagination hui onçu de plue mysti
nt comme moi m ma traduction avait pua
que chose <le la sauva , de la
des yen d'Eschyle.
«Non, ne l'espère pa : Ipo on. Minenre elle-mS 'li-
raient te secourir. Tu dois fui]
t'arrôter, sans savoir où irou\er la joie, proie mis< rable, fantôme desséché, dont La sang ap
ponHs point; tu te tais'' Ah! tu nous es S jamais consacré : tu es une victime engraissée pour nous : vivant, et sans qu'oo t'e^orge sur l'autel, tu nous serviras de | âture : écoute paroles puissantes qui vont t'en halr.er à nous.
« Al ons, formons nos chœors; il faut, dans un chant I rible, révéler quel ministère exerce auprès des mortels notre tribunal, comment nous nous plaisons k rendre d'équitables jugements. Quiconque ièv e vers le ciel une main pure est à l'abri de notre courroux et peut vivre sans ahrmes. Mais tout assassin qui, comme cet homme, cache au jour une main sanglante, voit apparaître en nous les véridiques témoins, les inflexibles vengeurs du meurtre.
«Orna mère ! ma mère ! ô toi qui m'eng-ndras pour le charment des vivants et des morts ! ô Nuit! écoute-moi ! Le jeune fils de Latone me déshonore, il m'enlève ma proie, la vid expiatoire du sanu maternel. Eh bien, qu'elle entende au moins, cette victime qui m'est due, le chant de ma colère, le chant de ma fureur, l'hymne des Furies, qui lie les âmes, dont le son n'est point accompagné de la lyre, et fait sécher d'effroi les mortels !
«C'est mon sort, en effet, sort immuable, que m'a fi!é la Parque. L'artisan d'oeuvres parricides, je dois m'attacher à lui jusqu'aux enfers, et sa mort même ne l'affranchit pas de ma poursuite. Qu'elle entende, cette victime qui m'est due. le chant de ma colère, le chant de ma fureur, l'hymne des Furies, qui lie les âmes, dont le son n'est point accompagné de la lyre, et fait sécher d'effroi les mortels !
« Oui, dès notre naissance, l'arrêt d^ la destinée nous assigna cet emploi, n'interdisant à nos mains vengeresses que les dieux. Étrangères aux festins, aux habits de fête, c'est à nous qu'a été remis le soin de renverser les m a sons où Mars ose s'armer perfidement contre des proches. Le meurtrier, nous le poursuivons, mes sœurs, et, quelque fort qu'il soit, en réparation du sang versé, nous l'effaçons de la terre.
LES ECMENIDES. . 375
* Ce soin, nous nous empressons de l'épargner aux dieux, leur demandant, en retour, rie ne point reviser nos jugements. Jupiter daignerait il prêter l'oreille à la race détestable qui ^'est souillée de sang? D'un bond rapide nous atteignons au loin le coupable, et le choc de nos pieds pesants fait fléchir ses jambes chancelantes qu'a fatiguées sa fuite.
« Le ciel ne voit point de gloire si orgueilleuse qui ne se fonde et ne se perde honteusement dans la terre, à notre sombre approche et sous nos pieds ennemis.
« 11 tombe, ce mortel superbe, et, dans son aveuglement, il ne peut comprendre sa chute. Son crime forme autour de lui comme un nuage, et les ténèbres épaisses qui enveloppent sa maison sont le triste entretien de la renommée.
« Ainsi l'a réglé le sort. Ministres habiles et sûrs de la vengeance à la mémoire sévère, au cœur inflexible, nous suivons loin des dieux, la voie qui nous est échue, voie abhorrée, obscure, que n'éclaire point le soleil, où trébuchent ensemble le voyant et l'aveugle.
t Qui donc, parmi les mortels, ne serait saisi de respect et de crainte, en entendant de ma bouche quel emploi terrible m'a commis la volonté du Destin et des dieux? Il est antique et a aussi sa gloire, quoiqu'il me faille habiter sous la terre, dans des ténèbres inaccessibles au soleil *. »
J'ai cherché daus ma mémoire ce que je pouvais rapprocher de ce morceau étonnant, et je n'ai trouvé que des vers isolés où, avec une force qui ne lui est pas ordinaire, Quinault a quelquefois assez heureusement exprimé le caractère malfaisant des puissances infernales; des vers, isolés aussi, où l'âme religieuse et le sombre génie de Ducis ont rencontré, pour peindre la sûre et sévère rémunération de la justice divine, des traits dignes du pinceau d'Eschyle; celui-ci, par exemple, dont je ne sais plus la place :
Elle apparaît terrible et le glaive à la main ;
ou ces autres encore :
La Vérité terrible, au milieu des ténèbres, Vint enfin m'apparaitre, et passer son flambeau Sur ces noirs attentats cachés dans le tombeau2.
1. V. 294 390. Le savant doyen de la Faculté des lettres de Dijon, M. Stievenart, a publié en 1850 une nouvelle et intért^sante expira tion de cet admirable morceau, dont les obscurités ont jusqu'à ce jour fort exercé la critique. — 2. Ilamtei, 'icie 11, scène 5.
876 F CIIYI
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un tableau célèbre de Prudhoo,
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geurs du m urtre. s
Minerve arrive dâl - 00 temple à la voix de IOD 8Up-
pliaot; elle l'a entendu dea borda du Scamindre', • aussitôt accourue, volant sur son char rapide. Ici i
nous retrouvons cette merveilleuse allure que la crîtiq aérait malvenue d'accuser d'invraisemblance2. La s'étonne à la vue de cet étranger, qui tient sa statue embrassée, et surtout de ces êtres qui ne ressemblent ni aux dieux ni aux hommes, et qu'elle ne connaît point : elle les interroge tour à tour, et quand elle a appris par les réclamations des uns et l'apologie de l'autre, quelle cause difficile lui est déférée', elle annonce qu'elle va choisir, parmi les plus justes de ses citoyens, un tribunal pou
1. Nous sav. tîs par Hérodote, V, 93, que Minerve avait un temple à Sigée, ancienne possession des Athéniens. Là, raconte-t-il, fut sacre par eux à la déesse le bouclier conquis sur le poète Alcée. et si peu regretté de lui. Sigée devint depuis la conquête des Milyléniens, e', si Ton en croit le scoliaste des Euménides. v. 391, Eschyle, en y plaçant un domicile aimé de Minerve et qu'elle tient de la piété des maîtres du pay:-, les nia de Thésée . a vouiu, incidemment, donner à ses concitoyens le conseil de reprendre ce qui leur avait appartenu. Ces intentions politiques ne sont pas rares chez notre poêle, qui déjà, au commencement de la même pièce (v. 9 sq.), avait attribué aux habitants d'Athène», qu'il appelle, s ns doute, dit Stanley, à cause de leu: génie in lus;rieux, les fi's de Vulcain, l'honneur d'avoir conduit autrefois a Delphes, quand il en prit possess on, Apollon venu de I élos sur leur- rivages, (et honneur, consacré du reste par la théorie quiis envoyaient tous les ans au temple du Parnasse (Strab.. IX). Pindare, dans le même temps au rapport du scoliaste d^jà cité, le revendiquait pour Tan*gre, une ville de sa pairie, la Béotie. On comprend l'intérêt que devaient offrir au public athénien de tels détail*. Cet intérêt, on le verra à la tin de notre analyse, était celui de la pièce emi-re. M. bagne, qui nous a déjà fourni plus haut (p. 351) une bonne observation, dit au sujet du présent pas âge : « Ce souvenir de Troie, ou Minerve combattait pour ses Grec-, nou- semble heureusement placé dans cette scène . il rapp lie Agamemnon et déjà protège 0 reste. »