‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 20 sur 185 · III IMI.I. ,1 I · texte numérisé non relu

III IMI.I. ,1 I

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ties; avec l'artifice plus <J i fficile et plus habile de son ordonnance; avec l'attrait nouveau, quoique f&ibh qu'elle offrait à la curiosité; avec ces impr< reur, de pitié, d'admiration que produisait la peinture ennoblie, mais toujours vraie, du malheur et de 1 h humains.

Alors s'ouvrit un spectacle dont l'imagination peut t peine aujourd'hui se iigurer les effets ravissants : les yeux étaient occupés par une succession de tabb aux, ou touchants ou terribles , qu'embellissaient constamment la grâce et la noblesse des attitudes et des mouvements; une versification d'un rhythme varié, dont une déclamation variée comme elle, un accompagnement musical marquaient encore l'harmonie, enchantait les oreilles ; l'âme était émue par des discours qui, s'élevant au sublime et descendant avec aisance au familier, se prêtaient à l'expression forte et naïve de toutes les affections ; sous ces formes extérieures se produisait la peinture des caractères dont les traits individuels, énergiquement marqués, ressortaient au milieu des traits plus généraux de la nature humaine; cependant l'esprit était doucement atta-

1. L'auteur d'un Essai sur la fatalité dans la tragédie grecque, publié à Paris, en 1855, M. F. R. Cambouliu, est moi:: de ces idées, généralement admises, qu'il ne paraît le croire. Aperce ant dans toutes les tragédies grecques, et particulièrement dans ce les d"E-chyle, des traces de justice divine et de liberté humaine, il en coqc.uù que c'est à tort qu'on les dit gouvernées par la fatalité. Mais court. e personne n'a jamais prétendu qu'à l'action de ce gouvernement ne se mê assent point, dans des proportions variables, selon le génie des poêles et le caractère des époques, lesé'éments différents qu'il indique, il se trouve avoir combattu, avec érudition et avec esprit, une opinion au fond conforme à la sienne.

DE LA TRAi.KblF. i.l;l i • < I 4 i

ché a'! développement vrai, simple et calme dune fable construite avec art, et dans laquelle chaque partie, concourail à la perfection de l'ensemble.

Voilà le drame de Sophocle tel qu'il apparut aux spectateurs athéniens encore troublés des gigantesques et éludes conceptions d'Eschyle. Enfin se di horreur profonde tjni n'avait cessé d'envelopper la se u fn jour plus pur, quoique tris'e encore, Bembla

odre •'! éclairer cette noM l'homme, >nie

Sophocle parail de tant tant d< i , et

dont, par tous les moyens de son art, toutes les ressources de sou génie, il s'efforçail d'exprimer l'idéal- té. C'est

ainsi qu'après une tempête qui a couvert de ténèbres la face de la terre, on voit renaître aux rayons encore voilés du soleil l'aspect riant île la nature; qu'avec un ravissement mêlé d'un reste d'effroi, on aime à jouir du tableau mélancolique de la sérénité renaissante.

fui une grande journée dans l'histoire de la tragédie grecque que celle où les deux systèmes se disputèrent, pour la première fois, l'empire de la scène. Le public se partageant d'avance entre leurs représentants, des brigues animées se formant de toutes paris pour soutenir la gloire vieillissante d'Eschyle, ou l'audacieux début du jeune Sophocle, l'archonte Aphepsiou hésitait à tirer au sort, selon l'usage, les juges de la lutte1. Dans ce moment monta

I. Voyez ce qui est dit à ce sujet dans ['Histoire de la critique ehes L> *• Grecs. de M. Kggei , ch. i, § 2, p. 13 et suiv. S'arrôlani avec qu que détail a l'institution fort <\< mocratique de ces cii q jugea tirés au sort dans tout le peuple d Athènes pour faire eu son nom i e qu il taisait primitivement lui-même, c'est-à-dire pour décerner le prix de la

de la comédie, se demandant comment <m avait pourvu i que ces cinq iu i improvisés, fussent garantis d - erreurs

auxquelles pouvaieut les entraîner, comme l'a dit Platon I .. u; t. v il, p. «s de la trad. de M. Cousin), les acclamations ii ule ou leur propre ignorant e, M. Egger suppose q . p.es choisis au moment mémedu spectacle, mais quelque temps auparavant; qu1 ais»ance préliminaire d soitaux répétitions, soit par la lecture decopies distribuées à cet en-t, les avait pn

l'exercicede leur difficile xninia itioo

publique n'était p >u r eux qu'uni opinion quel

roii i.

BUr le ibéfttre, pour y ; rie

Baocbu euf ai. .- aux de la répu-

blique, CimOD, qui

, et d'en rapporter les os de Thésée. L'archonte, leur sacniice offert, les retint pour remplir l'office de j><et Ce fut par cet imposant tribunal, dont la pi doubla l'émulation des acteurs, que fut pronoi la-

veur de Sophocle un jugement dont il importe ^ner ici la date; car c'est celle, non pti m Qt de la

victoire d'un nouveau poète tragique , mais de . ment d'une nouvelle tragédie. Cette date, qui nous est donnée par l'intéressant récit de Plàtarque ' la pre-

mière année de la lxxviii6 olympiade, la 468e avant notre ère*.

L'art tragique, tel que le concevaient les Grecs, était parvenu, sous l'influence des opinions générales et du génie particulier de deux poètes, au plus haut point de grandeur et de beauté qu'il lui fut donné d'atteindre. Il ne pouvait s'y arrêter longtemps, et, au risque d'en descendre, il devait, par cette loi de l'esprit humain qui ne lui permet point le repos, s'engager dans des voies nouvelles.

tact d'une opinion moins savante, mais plus sympathique et plus soudaine, celle de l'immense auditoire convié aux fêtes de Bacchus. Cette conjeciure est ingénieuse, mais c est une simple conincture. M. E?ger en convient, et elle a contre elle précisément ce qu'il rac >nte un | eu plus loin, d'après Plutarque, et ce que nous racontuns nous-même ici, de la représentation fameuse où le jeune Sophocle l'emporta sur le vieil Eschyle. Dans son récit comme dans le nôtre, c'est b.en évidemment sur le lieu même du combat, quand la lutte va s'engager, que les juges sont institués dune façon tout extraordinaire.

£. Vit. Cim.jVin. Ci. Mann. Par. ,"lvii. Cette anecdote est belle, et il est permis de s'étunner qu'elle n'ait point trouve place dans un drame où un poète de notre temps a faU applaudir au théâtre et couronner par l'Académie le tableau élevé et touchant de la vieillesse d'Kschyle désespéré, d'une part, par l'avènement inattendu d un nouveau poète de génie, et d'autre part, consolé par la pieté de sa fille, q' i abandonne le vainqueur qu'elle aime pour suivre le vaincu dans son exil volontaire. Voy. la Fille d'Eschyle, étude antique en cinq actes et en vers, par J. Autran, représentée pour la première fois sur le second Théâtre-Français le 9 mars 1848. Voyez aussi le Rapport de M. Villemain, secrétaire perpétuel de l'Académie française, sur les concours de 1850.

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