‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 5 sur 185 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

mœurs, à des institutions, a des croyances, qui lui étaient étrangères, et d'après lesquelles il était facile, mais peu raisonnable, de la censurer; que bien rarement, au contraire, on s'est fait, comme il le fallait, son contemporain, afin de voir dans leur jour, de comprendre dans leur vérité, des ouvrages écrits pour dos Grecs, et sans prévision aucune, assurément, de ce qu'imposeraient plus tard au même genre de nouvelles données morales, de nouveaux besoins d'imagination; réclamer pour ces antiques productions, qui ne pouvaient, sans rétroaotivité, être rendues justiciables de codes postérieurement promulgués, le droit d'être jugées uniquement d'après le petit nombre de lois universelles, n lies, qui ont autorité en tous lieux, en tous tomps, sur le génie des poètes: tel est le sujet de mon cinquième livre, OÙ no reprend et s'achève, je l'ai voulu ainsi, pour que le tout offrît plus d'ensemble et d'unité, l'histoire retracée par le premier. Les arts ont une double histoire comme une double vie, qu'il faut suivre à la fois, et dans la pratique de ceux qui les cultivent, et dans les théories de ceux qui les expliquent, C'est l'objet des deux morceaux par lesquels j'ai cru devoir commenjur et finir, qui me servent d'introduction et de conclusion.

A Eschyle, à Sophojle, à Euripide sont consacrés trois livres intermédiaires, d'étendue inégale comme la matière dont ils traitent....

Dans ces livres, chacune des tragédies qui nous sont parvenues d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide, a son chapitre à part, où elle est considérée et en elle-même et relativement au système dramatique de son auteur; replacée parmi les circonstances au sein desquelles elle s'est produite, et qui en ont accru l'intérêt; rapprochée d'autres pièces grecques, soit conservées, soit perdues, auxquelles l'unissaient le lien d'une même composition, d'une même représentation, ou simplement la communauté, l'analojrie des sujet»;

parée enfin aux ii. m et fjri-

ginales qu'on en a fa i ' Romaii

d'antres peuples de 1' ;

.l'ai rangé les tragédi hyle ilan.s un ordre oonfoi

à ce qu'on sait, à ce qu'on peut conjecturer de la l

pièces, et propre, par conséquent, à y fair» progrès de l'art dramatique. Une babilc 'ion

à peu près égales se faisant remarquer dans toutes le- compositions de Sophocle, je me suis réglé pour les elai Ion mes convenances, tantôt sur l'usage ordinaire, tantôt sur la succession chronologique et l'enchaînement des su L'emploi de ces diverses dispositions m'a permis de finir l'examen des deux théâtres par des tragédies qui ont ensemble de grands rapports, les Choéphorese[ les Euménidcs à chyle, YÉlectre de Sophocle, et d'établir entre elles, au moyen de la place que je leur donnais, ne pouvant les rapprocher davantage, une sorte de correspondance symétrique. Le parallèle que j'en ai dû faire, et où je ne pouvais manquer de comprendre YÉlectre d'Euripide, m'a fourni une transition naturelle au théâtre du troisième des grands tragiques athéniens. A l'égard de ce dernier, dont les nombreuses pièces présentent de notables différences, non-seulement pour le mérite, mais pour les procédés de la composition, revenant en partie à l'ordre plus méthodique que j'avais suivi pour Eschyle, j'ai distribué ses œuvres en plusieurs groupes où l'on pût étudier les innovations par lesquelles ce poète inventif s'est efforcé de rajeunir la tragédie vieillie et épuisée.

Les observations de toute nature dont les tragédies qui nous sont restées du théâtre grec, au nombre de trentedeux, m'ont paru pouvoir are l'objet, je les ai comme en cadrées dans une analyse de chaque pièce, méthode d'expo sition plus susceptible d'intérêt qu'une autre plus sévèremen didactique, et qui n'offre d'ailleurs qu'une apparente facilité ;

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