‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 93 sur 185 · V. 780-784. —2. Cf. Sept, advers. Theb., 81 sqq · texte numérisé non relu

V. 780-784. —2. Cf. Sept, advers. Theb., 81 sqq

PPLIàNTES. 175

(juelques traits admirables de dialogue et en même temps

(|iu'li|ues peintures de caractère qui annoncent déjà le poète dramatique. C'est une grande et noble 6gnre que celb de Péla>gus, de ce roi des premiers temps, plein d'une

nérosité toute simple et toute naïve. Il excite une vive émotion lorsque, tenté de rejeter, dans l'intérêt de son peuple, la prière que lui adressent les Danaïdes, il ne peut

défendre de révérer en elles des suppliantes envoyées par Jupiter; lorsque, après de longues hésitations., il cède aux menaces de leur désespoir :

LE ROI

Mais enfin, qu'attendez- vous de mon amitié?

LE CHŒI H.

De ne point nous livrer aux fils d'Égyptus, s'ils nous réclament.

LE ROI

C'est là un parti dangereux qui peut m'attirer la guerre.

le chœ:ur. Eh bien, la justice soutient ses alliés,

LK ROI

Oui, quand on l'a d'abord appelée dans ses conseils.

LE CHŒUR

Vois la poupe d'Argos, comme elle est couronnée.

LE ROI

Je frémis à l'aspect de ces rameaux qui omv raient l'autel de nos dieux.

LE CHŒUR

Jupiter protège les suppliants : sa colère est pesante'.

lk CHŒUR.

Encore une parole après tant de prières.

LE ROI

Parlez, je vous écoute.

1. V. 339-346* Quelques commentateurs, Scholti entre autres, font eu dernier ver> uni d du roi et non une menace du chu

176 iivi.e.

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ronl nota

Comment? que voul»-z e9

L CBŒUB.

Si nous n'obtenons de toi un»-. promesse....

LE

Eh bien ! à quoi vous serviront vos eeintar f

LE CHŒl H.

A parer ces images d'un ornement nouveau '.

LE LOI

Quelle énigme! Expliquez-vous!

le eu SUR.

Tu nous verras bientôt expirer suspendues aux statut dieux.

le uoi.

Ah! ce discours me perce le cœur1.

C'est surtout dans la scène où il réprime l'attentat des Égyptiens que Pélasgus déploie toute la noblesse de son caractère. Il y montre la fierté qui appartient à un roi devant un héraut, à un Grec devant un barbare, à un homme libre devant un esclave; il a tout ensemble le légitime orgueil de son rang et de sa patrie. Un contiaste fortement marqué fait ressortir l'élévation de ses sentiments et de son langage; c'est la violence aux prises avec la justice, la brutalité et l'insolence avec un noble dédain, une génireuse indignation. De cette opposition frappante, de cette vive situation, naît un dialogue rapide, concis, énergique, tout en saillies et en répliques.

LE roi.

Que fais -tu? qui te rend si hardi que d'insulter cette terre,

1. Allusion aux tableaux votifs, aux dons de diverses sortes qu'on suspendait dans les temples et aux statues des dieux. Cf. Virg...£n..XIl, 768; Hor., Od., I. v. 13; Juven., XIV, JOI, etc. — 2. V. i

! i g SUPPl FÀNTES. 177

la terre des r ' Te crois-tu «'onc chez un peuple de

femmes? Tu prends, barbare, trop de licence avec les Grei actions témoignent de peu de sens et de droiture.

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