‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 92 sur 185 · Corinth., xix. — 2. Ad Hora. lliad., XIV · texte numérisé non relu

Corinth., xix. — 2. Ad Hora. lliad., XIV

3. Cette opinion, adoptée par le hardi de Pauw, éditeur d'Eschyle en 1745. a du reste contre elle de graves autorités : voyez God. Hermann, de Mschyl. Danaid.; Opusc, t. Il, p. 324; Boissonade, jEschyl. notul. in fraom. Danaid., t. II, p. 279. A l'argument tiré par Boi-sonade de l'épithèie ce[i.''6'.a-oq qui , dans le pas-age d'Athénee (Deipn. XIII), désigne évidemment le grand Eschy e, on peut ajouter cette considération que les vers du fragment sur l'hymen du ciel et de la terre s'accordent avec l'effroyable image que tire de cet hymen, dans YAgamemnon, v. 1354 sqq., Clytemnestre «^'applaudissant de son crime « .... Il tombe et rend l'âme; le sang, jaillissant de ses blessures, me couvre d'une noire rosée, qui me réjouit, comme réjouit la terre, prête à enfanter les fleurs, la pluie féconde de Jupiter. »

4. Il est remarquable que le catalogue des pièce* d^ Phrynichus contient aussi, avec une tragédie intitulée, nous l'avons dit plus haut, les Danaides, une autre qui a pour titre les Égyptiens. Voyez Suidas, Hésychras.

ô." Welcker. après avoir adopté cette opinion, l'a modifiée dans s >n nouvel ouvrage, Sur les tragédies grecques considérées dans leur rapport avec le cycle épique, Bonn, 1839, t. 1er, p. 48. Conformément à une observation de Gruppe, Ariane, ou la Tragédie des Grecs, l*o4. et de A. Tittler, de Danaidum fabulas jEschyli compositione drainatica, etc., 1838, il a diposé la trilogie dans Tordre suivant: Us Suppliantes, les Égyptiens, les Danaides. Complétant ces suppositions, Bellmann,de/Esi'/ii// Ternione Prometheo, p. 43, Bode, Geschichte, etc. Histoire de la poésie arecque, tragédie, t. III, p. 312, ont cru retrouver

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concevoir le peu A* événements et d'action d'une tragédie qui se trouverait n'avoir été, en quelque sorte, qu'un des actes d'usé pièce plus étendue. Cela expliquerait encore, ce qui nous a tout à l'heure arrêtés, somment on n'y rencontre pas de l'aversion, de l'horreur des Danaîdefl pour époux qu'on veut leur donner, une explication des plus nécessaires, niais déjà donnée sans doute par la pièce d'introduction. Ainsi placés dans le véritable point

vue de l'ouvrage, nous le jugerions, comme le public pour qui il fut fait, assez rempli, tout vide qu'il est, ai animé, malgré son mouvement uniforme et lent, par l'expression de ce qu'on peut appeler la religion des suppliants.

A cette expression d'une élévation , d'un éclat vraiment admirables, répondait la magnificence du spectacle. Qu'os se ligure une scène représentant h la fois le rivage de la mer, un bois sacré, une colline, et, dans le lointain, la ville d'Àrgos; sur cette scène, décorée des statues dieux, une multitude de personnages divers; les heureux effets qui devaient résulter de la variété et de l'opposition îles costumes; les tableaux touchants qu'offraient aux regards ces femmes prosternées devant les autels, ou les tenant embrassés, ou tendant au roi des Pélaages, de leurs mains suppliantes, de verts rameaux ornés de b) arches bandelettes, ou luttant contre la violence des ravisseurs égyptiens, ou arrachées de leurs mains par les soldats de iVlasgus.

Mais dans ce spectacle qui attachait les yeux, dans cette jiii ravissait l'imagination, résidait tour l'intérêt de l'ouvrage. L'action en était trop simple pour occuper forla pu^ce, qui rie la trilogie faisait une tétralogie, dans YAmymone, draine nque iln même poète. Esctaj e, selon eux, 7 aurait traité familièent, ce dont notre J. B. Rousseau 1 (ait une cantate également intitulée A m y m one, l'aventure «le la I).jnaïde de ce nom avec u et avec Neptune [Apoll. Rhod., Âryon., I, 137; Apollod., liibliath., H, i,4; H\g„ Fab., 169, 170, etc). Cotte disposition a été

|ui, dans ses Et 7/. fragment., p. 201 sqq., *2.v.> .'), a expliqué, à son tour, avoc assez <lo vraisemblance, li suite et le sujet des quatre pièces dont se composa1! la t -chyle.

t< nriit Vf prit, Ce qu'ell i remarqua

ce qui lartoul permet d'j roir un monument curie* tragédie primitive, c'-

au chœur. 11 n\-st pa oup

d'antres oovrag de c>- th

cijjaux mais Le premier <ie u

la pièce, ÛOmme du temps de Phrynichus et de Thespis, presque la pièce même. L'ensemble de la composition n'ofl're qu'une ode, pour ainsi dire en ac'i'in, dont le motif se renouvelle de temps en temps par divers incidents que font connaître des récits.

Celte ode, qui exprime successivement les espérances des Danaïdes réfugiées sur le rivage hospitalier d'Argot et aux pieds de ses dieux protecteurs, les prières ou pi la réclamation presque impérieuse que, comme A nés d'origine, opprimées et suppliantes, elles adre^ent au roi des Pélasges, leur reconnaissance quand on leur a promis asile et protection, leur terreur, leur désespoir au moment où elles vont retomber aux mains de leurs ennemis, enfin les sentiments confus de joie et d'inquiétude qu'elles éprouvent après leur délivrance par PélasL cette ode dramatique, tragique, si on peut s'exprimer ai offre une abondance de mouvements et d'i:nages vraiment merveilleuse, et qui, pour les Grecs de ce temps, suppléait à l'indigence de l'action. Quant au tf.ur singulièrement énergique, audacieux, sublime et quelquefois plein de grâce,- de cette poésie, je ne puis mieux le iaire connaître et le louer que par quelques citations, bien qu'il n'appartienne guère à la prose d'une traduction d'en conserver l'originalité.

Voici, par exemple, comment les Danaïdes expriment leur confiance dans une sorte de providence vengeress

« .... Les desse'ns de Jupiter ne peuvent être surpris, s'illumine même dans la nuit; seules restent obscures les desti-, nées des mortels1. Klles ne chancellent point, ne tombent point,

l. Boissonaie, Notuî. in Suppl., v. 86.

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Luttons I • Jupiter, Par des \oies

: les, arrivent à leur terme toutes ses p

m parts d'où il veille, il fra pe les méchants :

ne peut s'armer de violence sans encourir le châtiment cé-

». Tranquille en sa haute et .sainte demeure, la suprême

i accon plil l a '.... »

L'expression île leur découragement et de leur désesr nV i pas moins frappante :

c S'il en était autrement, si m>us ne devions pas trouver d'appui chez les dieux de L'Olympe, délivrées do la vie par un fatal, nous irions dans le noir séjour où la foudre précijita les enfants de la Terre, présenter au dieu des morts, cet ôte de tous les malheureux, nos rameaux de suppliants*. »

Quelle peinture de l'autorité absolue elles opposent, d'après les maximes de l'Kgypte1, aux scrupules de ce roi oqui consulte ses bu je ta et veut leur faire partager la responsabilité d'un parti hasardeux!

• Tu es l'É at, tu es le peuple; tu juges et tu n'es point ju-jé : tu présides au foyer commun, à l'autel de la patrie. D'un signe qui seul vaut tous les suffrages, du haut de ce tiône, où seul tu es le sceptre, c'est toi qui toujours décides *, »

[-on quelque chose d'un autre ton? Périclès, commt Athènes, privée par la guerre de sa jeunesse, à l'année sans son printemps1, ne rencontra point une image d'une grâce plus touchante que plusieurs de celles se sont offertes à Eschyle dans la scène où les Baies reconnaissantes font des vumix pour la prospérité ■s :

« ... Que jamais la contagion n- dépeuple cette ville! Que jamais la discorde n'en rougisse le soi du sang de ses citoyens! Que la Heur de sa jeunesse ne soit point cueillie avant le temps ; que le eruel amant de Vénus ne la moissonne point*.... >

3. H. Grotuis, citant ces vers, de Jure bclli ac pacis, I, ni, 8, parmi ucoup d'autres définitions de la royauté absolue que lui fournit fcntiquité -^icrée et profan \ les ipplique par erreur au peuple d

. qui . dans la pièce d'Ksch\le. Historiquement ou non, a part i i gouve.i. meut.

t. > Àriàtot, lilxt., II!, 10. — G. V. 66U-tio7.

t encore pai deu Gg u que Boni rendui L'effroi, lu àè à l'ap-

proche i

« ... Que oe pu s-ja, coma

re ; ou. m'enrôla •■ la pou

dissiper dans 1 air * !... j»

Les récita du Denaûs, par le i

du premier acteur rju'avait introduit t

de temps en temps les chants du chœur et en cfa thème, participent eux-mêmes au caractère de l'ode, iJanaûs annonce ainsi à ses filles l'approche de Péla^gu des Argiens :

c ....J'aperçois un tourbillon de poussière, messager muet d'une armée"; mais la roue tournant sur IVsMeu ne garde point le silence. Je distingue des soldats sous des boucliers, des ces qu'on agite, des coursiers, des chars arrondis.... H4 vous, mes lilies, d'occuper cett • colline consacrée aux di\i: des jeux. L'autel vaut mieux qu'un*rempart; c'est une armure impénétrable *.... >

Il leur parle le même langage quand, vers la fin de la pièce, il leur fait connaître l'arrivée du vaisseau égyptien, dont il a reconnu de loin les agrès, la forme, les noirs matelots :

c Sa proue, regardant vers le rivage, n'obéit que trop b en^ dans son inimitié pour nous, aux ordres que de la poupe lui donne le gouvernail4.... »

Encore un exemple aussi remarquable, c'est le début du discours dans lequel il leur rend compte de la d'eision favorable des Argiens :

« Ils ne se sont point partagés, et mon vieux cœur a rajeuni de joie. Par un mouvement unanime de tout le peuple, l'air s'est comme hérissé de mains droites empressées de sanctionner le décret8.... »

Cependant, au milieu de cette œuvre lyrique, brillent

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