v. 1348 sqq. — 2. V. 1369 sq. — 3. V. 1410 sqq. — 4. V
1527 sqq.
5. C'est, ce semble, l'avis de Pindare dans une digression de sa XI»
Pythique, v. 25 sqq , qui offre comme une poétique analyse des deux
premières pièces de YOrestie. «..,. Cet Oreste, après le meurtre de son père, sa nourrice Arsinoé le déroba aux violentes mains, aux cruelles embûches d'une mère , lorsque, s'armantdu glaive étincelant, Clytemnestre envoya la vierge troyenne, la fille de Priam, Gassandre, aux sombres bords de l'Achéron. Femme sans pitié! était-ce Iphigénie, immolée sur rEuripe,loin de lapatri^^,dontle poignant souvenir éveillait son courroux el poussait son bras? Ou bien, dans la couche d'un autre, de nocturnes caresses ravaierU-elles engagée au crime? Le coupable égarement d'une jeune épouse ne peut longtemps se dérober à la langue indiscrète des hommes; les hommes sont médisants; telle est la fortune, telle est aussi l'envie; rhurablc mortel murmure dansTombre. 11 mourut donc le héros, fils d'Atrée, enfin de retour dans l'illustre
ESCHYLE
peut-être à son insu, la cause la plus réelle, son
adultère *.
Cette révélation, préparée de loin par les mystérieuses
paroles où se sont trahis de temps à autre les vagues soupçons des Argiens , par les peintures, plus claires dans leur obscurité, qu'a faites, mais vainement. Cassandre des secrets désordres recelés dans le palais des Atrides, forme un coup de théâtre que complète, à la dernière scène, l'apparition d'Égisthe. Nous Tavons déjà
remarqué, nous y reviendrons peut-être encore, l'introduction passagère et quelquefois tardive de personnages importants, au moment même et pour le peu d'instants OÙ le besoin de la fable les appelait sur Ja sriène, était une des libertés de la tragédie primitive '; c'était aussi nn de ses effets. Par là se variait, se renouvelait le tableau continu, uniforme, d'une catastrophe fatale auquel elle se réduisait tout entière. Telle est la disposition constante des pièces d'Eschyle, et particulièrement de celleci, pièce sans action, mais non sans mouvement, dont la
face change quand le poète y fait paraître, en présence de son chœur immobile, outre Giytemneslre, son acteur principal et plus d*une fois ramené, le héraut, Agamemnon, Cassandre et enfin Égisthe.
Le fils de Thyeste venant, devant le cadavre du fils d'Atrée, rendre grâce à la justice des dieux, réclamant
Amyclée, et avec lui il fît périr la jeune prophétesse, après avoir, pour HHene, livré aux flammes et détruit les opulentes maisons des Troyens, Oreste cependant, cette jeune tête, s'en alla chez un vieil hôte, Strophius, qui habitait au pl^d du Parnasse. Plus tard, le fer à la main, il
égorgea sa mère et mit Egisthe à mort — »
1. V. 1406 sqq. Cette passion adultère n'est au reste qu'indiquée,
sonne même ne pourrait dire que j'aie jamais représenté une femme
amoureuse.... »
2. 11 n'eu a pas été ainsi depuis, comme on en trouve, chez notre grand orateur sacré, la remarque fort inattendue : « .... Or qui ne sait, chrétiens, qu'à la conclusion de la pièce on n'introduit pas d'autres personnages que ceux qui ont paru dans les autres scènes.... » (Bossuet, Sermon sur l' impénitence finale.]
AGAMEMNON
sa part d'un attentat qu'il a tramé dans rombre et qu'un
autre bras a accompli, envahissant le trône de celui dont
il possédait déjà la femnce, opposant aux mépris et aux
malédictions du peuple que lui livre son double crime, le front d'airain et les menaces d'un tyran S ce triomphe insolent du crime, et du crime sans courage et sans grandeur offre un déuoûment hardi et frappant ; mais il blésserait le sentiment moral, si la voix du chœur, voix importune qu^on ne peut étouffer, ne faisait incessamment retentir aux oreilles du couple adultère et meurtrier le
nom de cet Oreste, ministre futur des vengeances du Destin, qui croît dans Texil pour son châtiment.
Le poëte, dans sa dernière scène, a su mettre entre les
deux coupables des différences qui, sans nous réconcilier avec Clytemnestre, la relèvent cependant à nos yeux. Lorsque Égisthe, ce lâche assassin qui s'entend reprocher par
deux fois * de n avoir osé tuer lui-même celui dont il a
comploté la mort, s'emporte contre de faibles vieillards,
et va les livrer au glaive de ses satellites, Clytemnestre, que leurs discours n ont pas pics épargnée, s'interpose généreusement en leur faveur. Assez de sang a été verse, ditelle ; il ne faut point ajouter aux misères de ce jour^ Le langage de celte femme, tout à l'heure si hardie dans ses
attentats et ses apologies, laisse entrevoir le trouble naissant de la conscience, une secrète tristesse, un vague regret, quelque chose d'humain qui manque à Egisthe, et où
le spectateur se retrouve. .
Mais c'est surtout au chœur qu'il aime à s'associer, dans
les éloquentes et courageuses protestations dont ce personnage son représentant sur le théâtre, remplit, peut-être UQ
peu longuement, la fin du drame. Ici encore nous pouvons
1 On a cru retrouver que^^ue chose de ces menaces dans an passago
conservé de VEgtsthe d'Attius (voyez plus haut, p. 306) :
Keque fera hominum pectora Frrgescunt, donec vim imperi persen.erint.
« Les cœurs iiitraitaUes ne cèdent point que le pouvoir ne leur ait
fait sentir sa force. »»