Lemercier, dans sa tragédie ^l^Ophis
LES CIIOEPIIORES.
dévouent .à la destruction la ville de Cadmus , ils se prennent d'une pitié subite à la pecsée de leurs parents et de leur patrie, que peut-être ils ne reverront plus, et
à qui ils adressent tendrement des gages de souvenir. Le poète , par un retour imprévu et vraiment admirable, nous les représente tout à coup pleurant : quoique, ditil, leur cœur de fer soit embrasé de Tardeur de Mars; quoique leurs regards étincellent comme ceux d*un lion en fureur, et que nulle plainte ne sorte de leur bouche*.
Il est temps de donner une idée plus précise de cette tragédie des Choéphores , dont j'ai cherché jusqu'ici à exprimer le caractère général*, que j*ai comparée, sous quelques rapports principaux , avec les nombreux ouvrages où Témulation des poètes tragiques de tous les temps
et de tous les pays n'a cessé de reproduire le sujet traité, peut-être pour la première fois, par Eschyle. Je n'aurai
point de peine à en présenter l'analyse; c'est une des compositions les plus connues de son auteur; c'est celle
qui a le plus souvent attiré Tatlention des critiques , qui
les a le plus souvent mis d*accord, malgré l'opposition de leurs théories, qui a été le mieux jugée par ceux-là mêmes à qui Tintelligence de ces antiques monuments de Tart ne paraît pas familière. Dès la première scène, elle nous montre sur le seuil du palais des rois d*Argos, au
pied du tombeau d'Agamemnou', ce vengeur, dont, à la lin de la pièce précédente , le chœur menaçait Glytemnes-
tre et Egisthe, et que les dieux ont amené pour exécuter son œuvre au jour marqué ^ar leurs décrets. A celle