Diod. Sic, XI
sorte
licis par
aucun sacrifice de ce qu'exigent les lois de l'art dramatique, que sans lui la tragédie ne subsisterait pas moins : • .... Fac enim doctam esse fabulam eo tempère que Areopagi aucto-
LES EUMÉNIDES
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de rallëgorie morale. Des personnages consacrés par la
croyaDce religieuse, et qui par là n'avaient pas la froideur de personnifications arbitraires, y représentaient les mouvements contradictoires de la conscience et la difficulté insoluble de ce conflit. Sans rien perdre de son effet dramatique, ce poème, par un sens caché, s'adressait à la réflexion profonde, et lui offrait, sous des emblèmes demi-
voilés, une sorte de révélation des myslères intimes de
rame*.
Œuvre vraiment singulière, qui, dans son unité féconde,
avait de quoi satisfaire à tous les besoins de la pensée; qui,
tout en amusant la foule de merveilleux spectacles, en latant de terreur et de pitié, pouvait encore ravir d'un en-
rilas sancta adhuc et inviolala erat, argumonium taie est, ut ah amplissimi judicii laudibus non abstinuisset poeta ; fac Argivos hostes fuisse Atheniensium, fac amiciii; m sine fœdere inler civitales iniercessise, fac suspiciones sine belio : cjuidquid statuis, debuit Orestes iEschyleus etsocietatem polliceri, et rupti fœderis vindicom se fore
praedicare. A!io fortasse nnodo et aliis verbis nonnulla dixisset res et fenteniiae eaedera sane fuissent quœ sunt et quaft omnino esse debuerunt. »
1. Voyez les ingénieuses explications de W. Schlegel, ibid. L'auteur déjà cite par nous, p. 40, d'un Essai sur la fatalité dans le théâtre grec, Pans, 18ô5, M. F. R. Cambouliu, voit surtout, p. 32, dans les Eumemdes. la peinture de la révoluiion qui, sous le règne nouveau de la rel gion de Jupiter, succédant à celle? d'Uranus et de Saturne amena les hommes à l'idée d'une justice meilleure; non plus, comme auparavant, ..... dure, inexorable, aveugle en ses rigueurs :... » réclamant <' .... sang pour sang, raeirtre pour meurtre, sans égard aux circonstances, m aux motifs; ... ». n'admettant a .. r ul arbitre ent.-e le meurtrier et les parents de la victime ;... « d'après les lois de laquelle « .... Chacun vengeait les siens, et la fureur était l'uni .ue mesure de
la peine. Jupiter arrive, ajoute-t-il. et tout change d'aspect. De nouveaux cléments s'introduisent dans le dogme de la justice : les considérations de temps, de lieux, de persotmes, les circonstances atténuantes, comme nous dirions aujourd'hui, ei aussi la miséricorde Jupiter et ses enfants tempèrent, par leur intervention J)ienraisante, la farouche âpreté des Euménides, et quelquefois même pardonnent au repentir. L'antique summum jus est détrôné; le ciel devient équitable. Sur la terre une révolution analogue s'accomplit. L'Aréopage est fonde.... «
L'auteur de la nouvelle Orestie (vovez p. 309, 341. 350, 363, 377) est entré à son tour dans cette voix d'interprétation. Mais, comme l'ont remarqué plusieurs critiques, entre autres M. A. Mazure, dans un intéressant article sur la philosophie antique dans la tragédie grecque {Revue contemporaine, 31 janvier 1856), peut-être des préocciipations
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ESCHYLE
thousiasme patriotique le citoyen, plonger dans la méditation le philosophe * !
modernes et chrétiennes, l'ont-elles conduit trop loin des idées de Tantiquiré dans celte conclusion (acte III, scène IV) :