‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 178 sur 893 · Maciob., Saturn., VI, i. Cf. Virg., jEn., XII · texte numérisé non relu

Maciob., Saturn., VI, i. Cf. Virg., jEn., XII

Disce, puer, virlutem ex me, VTumque laLoreœ: Fortunam ex aliw..

SOPHOCLE

héros contre l'ingralitude des Grecs, qui, dans les jeux dramatiques dont furent accompagnées, selon l'usage, les funérailles de Jules César, et dont l'antique répertoire de Pacuvius fit en partie les frais, fut k dessein répété pour

émouvoir la pitié et l'indigaation du peuple romain : « J'ai donc sauvé ceux qui me devaient perdre ! »

Men' me servasse, ut essent, qui me perderentM

II est difficile de comprendre comment un tragique contemporain de Sénèque, et son rival en tragédie, admiré en son temps, pour les mêmes mérites, pour sa science mythologique et l'éclat de ses pensées et de ses expressions*, Pomponius Secundus a pu croire qu'il y avait

encore lieu pour lui de composer un Armorum judlcium '.

Nous ne sommes pas plus à portée de savoir comment il avait renouvelé ce sujet si vieux, si souvent traité, même à Rome, si rebattu. Singulière destinée des grands ouvrages, et même des tragédies ! Il ne reste de celle-ci que la périphrase prétentieuse par laquelle le poète avait désigné une échelle :

Tum prœ se portant ascendibilem semitam;

et elle ne nous serait pas connue si elle n'avait excité

rémulation de Stace lorsqu'il peignit l'échelle dressée

contre les murailles de Thèbes par Gapanée :

Gemina latus arbore cliisus Aerium sibi portât iter.

Après ces diverses pièces , s'offrent à nos souvenirs , dans Tordre des sujets, un Ajax^ un Télamon, imités par Ennius de ÏAjax et du Teucer de Sophocle, un Teuccr encore emprunté par Pacuvius à la seconde de cos deux

tragédies. UAjax d'Ennius n'est représenté aujourd'hui que par deux vers peu signicaiifs, à peine suffisants pour

1. Sueton., Cajs., lxxxiv. Cf. Appian. Bell. Civ., II, 46 — 2. Quintilien, Instit. orat., VIII , 3 j X, i. — 3. LacUnt., in Statii Theb, , X, 841.

AJAX

en marquer le rapport avec rorigioal. Mais de son Téla^ mon du Teucer de Pacuvius il est resté quelques débris

quelques souvenirs qui peuvent aider à retrouver en

nnagination la pièce grecque, et ajoutent beaucoup au

regret Je 1 avoir perdue. Tel est, car il faut choisir parmi lous ces fragments du théâtre romain dont la restitution explication suffiraient à un ouvrage spécial , un passage du Teucer qui exprime bien la solitude, l'anxiété de Té lamon interrogeant tous les étrangers au sujet de ses fils et ne pouvant rien apprendre de leur sort :

Postquam defessus perrogitando advenas De gnatis, neque quemquam iriyenit scium*.

Tels sont ces reproches, tour à tour emportés et tendres

adressés par le père désespéré à Teucer. Cicéron , qui les eue avec admiration dans le texte rude mais énergique

du Vieux poëie, n'en sépare point le souvenir toujours présent de 1 éloquente expression qu y joignait un grand acteur, Asopus sans doute, dont les yeux étincelaient, dit-il, de fureur à travers son masque, nubien dont les larmes, les sanglots étouffaient la voix *.

« As-tu bien osé l'abandonner et revenir sans lui à Salamine'?

Quoi! tu n'as pas redouté les regards d'un père!... Tu S 3t

dure, désespère, assassiné un père privé du soutien de sa vieillesse ; tu as été insensible à la mort de ton frère au sort de son malheureux enfant confié à tes soins ^' d

Segregare abs te ausus, aut sine illo Salamina ingredi ^ Neque paternum adspectum es veritus? "

......... Quem aetate exacta indigem

Liberum lacerasti, orbasti, extinxti; neque fratris neeis Neque gnati ejus parvi, qui tibi in tutelam est traditus'^

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