Dionys. Hil., de Vet. Script
HISTOIRE GÉNÉRALE
ses avocats, ses sophistes. Sans doute les discours prêtés
par lui à des personnages de l'â^e héroïque sont quelquefois la satire de l'abus que faisaient du raisonnement
et de la parole, pour corrompre les esprits, quelques-uns de ses contemporains; mais il n'échappe pas toujours Im-meme a la contagion de ce qu'il censure. Sans doute
Il montre, dans cps hors-d'œuvre d'éloquence et de philosophie une grande dextérité d'esprit, un art ingénieux
et quil met constamment au service des plus nobles doc-
nnes mora es,- Il a mérité, j'en conviens, d'être appelé
le Philosophe du théâtre \ et d'y attirer parfois, /oit
comme on 1 a cru \ à ce que nous appellerions les répétitions de ses pièces, soit aux représentations dans les jeux dramatiques d'Athènes et même dans ceux du Pirée» Socrate, qui d'ailleurs ne se souciait guère de tragédiesbocrate , qu on a quelquefois dit soi maîire , mais qui ' p US jeune que lui d'environ douze ans, ne pouvait guère
être que son condisciple à l'école d'Anaxagore , que son
ami, et dont la malignité des poêles comiques se plaisait
à faire, par des insinuations au fond fort honorables,
1. Vitruv., VIIT, i; Athen., Peipn., IV, XIII- Spit Vmn iw., Oramrn I; Clem. Alex.,«rom., V ;'ku^>r"],'aral L^T x'it Dion Chrysoslome, dans un de ses discours (Orat V^- ni d^k^'
una^ exercmo), explique par cette raison sa préférence pi'urE^n'I
2. Bœltiger, Quid sit doccre fabulam , Weimar MQ^- nr,^.^^ p. 294; Ch Magni., De la mise ei scène cheiîZncilm (Revue drl Deux-Mondes my. XXII, p. 2«5) Cf. Cic, 2to ," V M
Thucyd Vril, 93) nous apprenant d autre part rexistenc» dwfh/'l
tre au Pirée, préci-ément i celte époaue DémoslWno !■;» ifjj\ bnt des fêtes Se Cacchus célébrdesPT'uel ITen ^au' t^'H^Zl tenu e' »,« r^rr r."*'"»''!""' ''?><=>^<^"^" "ait peu fondl à pré!
sion de parler (le celui de Colyttus, où Esclline mérita lPtitrro,?^7
donna Démnslhène (de Cor ; cf. Hesych ) TcE^otn^. ^ ii? ' ^"'
DE LA TRAGÉDIE GRECQUE
presqne son collaborateur*. J'ajoute qu'il n'a pas moins inérilé que Quintilien ^ le proposât à l'étude des jeunes orateurs comme un excellent mod-!e de Fart de convaincre et de persuader. Ces éloges toutefois renferment une censure : ce qu'approuvent la philosophie, la dialectique et la rhétorique, la poétique du théâtre peut justement le condamner; des beautés qui ne sont point dramatiques, ne sont dans le drame que des défauts; et quoi de moins
dramatique que de plier aux lois du raisonnement, à la méthode oratoire, la passion de sa nature si involontaire et si libre, qu'il faut abandonner, au contraire, à sa fougue
et à ses écarts?
Les moralités d'Euripide, dont un si grand nombre, au sens, au tour frappants, nous sout parvenues avec les pièces qu'elles décoraient, ou même sans elles; qui attestent une si grande connaissance de la société, de la nature humaine, une philosophie, une religion si élevées;
pour lesquelles Plutarque a dit de lui, qu'il était habile à connaître les maladies du corps politique ' ; à qui il a dû
l'honneur d'être déclaré , par la Pythie , plus sage que Sophocle et moins sage seulement que Socrate, le premier des hommes en sagesse * ; que saint Clément d'Alexandrie, avec d'autres auteurs chrétiens, a louées plus encore, en les rapprochant du langage des Écritures, en y
1. Vit. Eurip.; Diog. Lacrt., IIj 18. On a pensé cependant que,
lorsque riaicn fait dire à Socrate, dans le Mmon, d'une pensée plus
spécieuse que juste : • Elle a je ne sais quoi de tmgitiue, » ce pouvait être ur;e allusion à certaines sentences d'Eurifàdc (voyez Œuvres de
Platon, trad. par V. Cousin, t. VI, p. 1.57). Ailleurs, dans le Tliéagês, dans le livre VllI de la République, Socrate, par une méprise qu'il n'eût peut-être pis conimise lui-même, reproche avec sévérité à Euripide une sentence dont Sophocle est réellement l'auteur (voyez ibid., t. V, p 247; IX, 179, 180). On peut penser que la lameuse distinction de
VIlippolyte, entre le serment de la langue et celu' de l'âme, nVst pas oubliée dans ces citations, ces allusions malignes, qui, maigté l'amitié
de Socrate pour Euripide, ne manquent pas (Je vraisemblance. Ellee4
rappelée par trois fois, dans le Thééthcte, dans le premier AlcibiadCf dans le Banqvet (voyez ibid.j t. H, p. 72; V, 49; VI, 291.