‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 23 sur 893 · Thbm. Magist., Vit. Eurip · texte numérisé non relu

Thbm. Magist., Vit. Eurip

4. Lhs rapports de la tragédie d'Euripide avec la nouvelle comédie ont souvent «iitiré l'attention de !a critique. Voyez, dans ces dernières

littéraire sur la comédie de Ménandre ; l'autre, celui de M. G. Guizot,

en 1855, sous ce litre: Ménandre, étude historique et littéraire sur la comédie et la société grecques.

DE LA TRAGEDIE GRECQUE

puisque, altérant la beauté des compositions d'Euripide, elles ont encore servi, non pas assurément de modèle,

mais du moins de prétexte et d'autorité au système antidramatique de Sénèque, et que, transmises par cette voie à notre indiscrète imitation, elles ont exercé sur les premiers développements de notre tragédie une fâcheuse influence. On comprend que je veux désigner ici cette funeste manie de discourir et de moraliser, qui porte Euripide à faire de ses personnages, quelquefois contre toute, convenance*, des philosophes et des sophistes, et, dans ses meilleures pièces, à remplacer le débat animé des passions par les formes de Targuraentation et du plaidoyer, à Tinterrompre par de longues digressions oratoires *, à partager symétriquement son dialogue, tantôt en harangues prolongées qui se suivent et se répondent, lantôt en répliques rapides et concises, où, comme dacs une sorte d'escrime , la maxime pare et repousse la

maxime. Sénèque, qui offre la charge de cette manière, peut servir du moins à faire comprendre combien elle est contraire à l'art. Euripide n'avait pas impunément écouté

les leçons du fameux Prodicus; il n'écrivait pas impunément pour un peuple épris des luttes de la parole, et qui retrouvait volontiers sur la scène les artifices de la tribune et du barreau, les subtilités de Técole, ses orateurs,

1. C'est le mot d'Aristote (Poe^,xv)ausiijetde discours philosophiques prêtés à une femme sans le«res,MénH lippe (voy. ifena/i/)p.,fragm.xxn. Cf. Dionys. Hal., Rhct., IX, ii); c'est celui d'un scolia^te (ite^, 780)

sur des développements (Je ce genre attribuésàHercxile et à Herculeivre! On en pourrait dire autant de quelques passagesdu rôle (17/écM&e, dans la pièce de ce i.om (Theon., Progymn.), de rargumentation de Jocaste sur les avantages de l'égalité dans les Phéniciennes, v. 535 sqq., et

surtout de cette scène lameuse et souvent ciiée (Plat., Gorg.; Gic. ad herenn.y IT/27; de Inve,nt., I, 50; de Oral., il, 37; de lîepubL, I, 18; Horat., Epist. I,xvni, 41; A. Oeil., X, 22; D. Chrys., Oral., LXXIII, etc.) de VAntiope, où Amphion et Zélhus passent d'une dispute sur la musique à une autre sur la philosophie. (Voyez la restitution de ce morceau singulier, chez Valckenaer, Diatr. in Eurip., vu, viii. Consultezaussi J. A. Hartung., Euripid. restitut., 1844, t. II, p. 415 sqq.; F. G. Wagner, Eurip. fragm., éd. F. Didot, 1847, p. 661 sqq ; H. Weill, articles sur l'Antiope d'Euripide, insérés en 1847 dans le Journal général de rinslruction publique, t. XVI, p. 850, 858 et suiv.)

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