CHAPITRE SIXIÈME
Antig^one.
Aucune tragédie de Sophocle * ne reçut des AthiÎDiens
un plus favorable accueil que son Anligonc, si, ccmme on
le rapporte et comme on n'en peut guère douler, ils ont, dans leur enthousiasme pour ce bel ouvrage, payé les mérites dramatiques du poëte par un commandement militaire.
Que Sophocle ait été général*, et général avec les Pé-
riclès et les Thucydide'; qu'il ait, pour sa part, commandé les flottes et les armées d'Alhènes, dans la guerre
de Samos*, au temps de la seconde expédition, très-
probablement *, c'est-à-dire la première année de la
Lxxxv* olympiade, en 440 •, c'est ce qu'établissent de
1. Il est assez étrange, vu le grand nombre et l'unanimité des témoignages, qu'elle ait été attribuée à l'un des fils de Sophocle, Jophon, par un grammairien anonyme que cite Cramer, Anecdot., t. IV, p 315-20.
2. Vit. Soph ; Plutarch., Vit. Pericl. viii; Cic, de Off.A, 40: Val. Max., IV, 3; Plm., nist. riat. XXXVJI, 2, etc.