‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 26 sur 893 · Poil., IV, c. 16, §111. — 2. Id., tbid · texte numérisé non relu

Poil., IV, c. 16, §111. — 2. Id., tbid

3. Trop souvent pour en rappeler ici les exemples qui s'offriront à nous dans l'analyse de presque toutes ses tragc lies. Le plus frappant est peut-être une lirade, d'ailleurs fort belle, de son Ère chthée^ insérée par rotateur Lycurj^^ue dans le discours contre LéocraLe (Cf. Plutarch., de Exsii)\ la suite de ce chapitre nous offrira roccasion de la citer.

HISTOIRE GENERALE

pide ne mérile que des éloges : en cela, comme en tout le

reste, il a cherché à innover. L'épuisement des sujets, bornés dans leur nombre, et tant de fois traités, ly eût forcé, quand il n'y aurait pas été poussé par son génie. On voit qu'il veut sortir de la simplicité primitive : il multinlie les personnages , les incidents , les tableaux ; il cherche à éveiller la curiosité, à frapper l'imagiDalion, à

ébranler les sens; il a même inventé une sorte de fable

toute nouvelle, en réunissant, comme dans son Hccuhe

et ses TroycnneSj ses Phéniciennes et son Herca'e fur/eux, dans un même cadre et sous un même aspect, par

lunité d*un personnage principal et d'une idée dominante, plusieurs actions diverses. Mais on doit dire aussi

que la répétition monotone des mêmes moyens et des

mêmes effets, la disposition arbitraire, fortuite, invraisemblable, imprévoyante de l'intrigue, les prologues

postiches , les dénoûments à machine qui viennent à point nommé sauver Fauteur avec ses personnages, tant

de défauts trop visibles et trop fréquents chez Euripide,

justifient, plus qu'il ne faudrait, cet arrêt d'Aristole,

« qu'il n'est pas toujours heureux dans la conduite de

ses pièces*. »

• Aristote aussi Ta proclamé le plus tragique des poètes \

et par cette expression, qu'il faut entendre dans un sens restreint, mais assez vaste encore, il a loué dignement ce pathétique admirable qui efface toutes les imperfections d'Euripide, et suffirait à sa gloire.

Son style eut naturellement les vices et les mérites de

la pensée qu'il traduisait. Aristophane y a relevé, sans

doute avec justice, quoique avec malignité, une mollesse

trop efféminée, trop de parure et en même temps trop de

négiigence. Quelques modernes, très-bons juges, se sont plaints des mêmes défauts, plus peut-être que des modernes n'en ont le droit*. Quoi qu'il en soit de ces cri-

1. Poe<. XIII. - 2. 76 d. -3. W. Schlegel, Cours de lUtêrat. dram. , leç. V, tracl. franc t. I, p. 239; God. Hermann, Prœfat. ad Euripid, Hecuh Lips.œ, 1800, p. lvi, i^ii, Animadurs.ad llocuham, p. 143 •

Bœckh., toc. traçj, princ, xxiv, p. m, eic. ' ^ '

DE LA TRAGÉDIE GRECQUE

tiques, on ne peut méconnaître dans sa poésie le caractère même que nous avons attribué à ses ouvrages et que nous résumons ici en deux mots, une expression touchante et noblement familière *.

Cette poésie ravissait les Grecs; elle balançait dans leur admiration l'incontestable supériorité des tragédies de Sophocle. Le récit plaisant que fait Lucien, au début

de son traité sur la manière d'écrire l'hisloire, de la maladie d'Abdère, en serait tout seul une preuve. Il raconte

que, SOUS le règne de Lysimaque, un comédien fameux

de ce temps, nommé Archélaiis , joua devant les Abdé-

ritains V Andromède d'Euripide. La tragédie était touchante, Facteur véhément et pathétique; de plus, on

était au cœur de l'été, et il faisait grand chaud. Tout le

public fut saisi, au sortir du théâtre, d'un mal violent

dont le principal symptôme était des plus bizarres : ils se

promecaient à grands pas, gesticulant, et déclamant; toute la ville était pleine d'acteurs maigres et pâles qui s'écriaient

comme Archélaiis dans la tragédie :

a Amour, tyran des hommes et des dieux ! »

leur imagination était obsédée du souvenir enchanteur d'Andromède et du fantôme ailé de Persée. Gstte folie tragi-comique ne finit, dit Lucien, qu'au retour de l'hiver. On n'est pas, en conscience , obligé d'ajouter foi à cette histoire, quoiqu'elle ait pour garant, outre l'autorité de

Lucien, un récit d'Eunape , assez récemment découvert

et publié en Italie ^ ; mais il nous est permis de la recueillir

comme un témoignage favorable à Euripide. Cette tra-

gèdomanie, cette euripidomanie , Lucien les prêle, dans

d'autres ouvrages», au roi des dieux Jupiter, au philosophe

Ménippe, à lui-même, attestant ainsi, par cet usage bouffon des vers du grand poète , le long empire qu'il garda sur

les imaginations.

Il ne manque pas, du reste, de témoignages plus se-

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