Liv.XI. ch. XI
« ferames et leurs enfants. Cependant un maudit vent « contraire les retient en Aulide, semble les clouer au « port, et s'il ne change point, ils ne pourront aller
« assiéger la ville de Piiam. C'est donc le vent qui fait « l'intérêt de cette tragédie. Je prends parti pour les « Grecs, j'épouse leur dessein ; je ne souhaite que lo dé- « part de leur flotte, et jj vois d'un œil indiflerent Iphi- « génie dans 1 > péril , puisque sa mort est un moyen a d'obtenir des dieux un vent favorable. »
Prévost ne se déclare pas, il est vrai, comme Melchior de Villegas, pour les Grec^ et contre Ij^higénie; il dit même que, bien que leur entreprise fasse le sujet de la tragédie, le spectateur^ loin de s intéresser au succès de
leurs vœux, ne désire que de les voir échouer. Cependant, malgré ces prudentes restrictions, son opinion a le malheur de ressembler beaucoup à celle du savant bachelier.
Le sujet si étrangement obscurci par Prévost était-il originairement, dans une première édition dont les savants * ont cru retrouver çà et là ^ quelques traces, expliqué au moyen d'un prologue, selon l'usage à peu près invariable du poëte^? On l'a pensé généralement et l'on n'a guère varié que sur la manière de restituer, d'après Euripide lui-même, le prologue perdu.
Il en est * qui se sont servis à cet effet de quelques
1. Musgrave Markla» d, Beck; Bœckl), Grac. trag. princ, xvii sqq.; Eiihstaedt, de Dramate Grœcorum comico-satyrico etc
2. Arisioph., B^m., 1318 sqq. scho.; .Elian. llisL anim.'wil 39- Hésychius, v. AftpaucTa. Le passage cité dans les Grenouilles, et qui' selon le scoliaste, etaU pris de Vlphigénie en Aulide (peut-être, selon Matthiae Dindorf, etc , .jui corrigent Je texte, de VIphigénie en Taurtde,j. 1089) le mot donné par Hésychius, comme eïtrait de la même tragédie, ne s y trouvent pas plus que les vers conservés par Klien et on a cru pouvoir en conclure l'existence d'une première édiiion' de l ouvrage, antérieure à la représentation qui en fut donnée après ia
mort du poêle, et par les soins d'Euripide le Jeune
3. Dans »e ihéûtre d'Euripide, tel qu'il nous estpârvenu, VIphigénie en Àulideei \e Rhésus manquentseuls de prologue, mais, comme on le verra et ici même et au xvii- chapitre du livre IV, n'en ont peut-être pas toujours manqué. ^
Musyrave el autres.
vers cités par Êlien*, comme appartenant à VIphigénie en Auhde, mais qui ne s'y trouvent plus. Selon eux Diane y annonçait, sans doute après avoir dit qu'elle avait demandé Iphigénie pour victime, l'intention de la
soustraire au sacrifice en lui substituant une biche C'était, dans ce système, à Agamemnon qu'elle parlait, mais par simple forme d'apostrophe*, sans qu'il fût présent et qu Q^Uç lui adressât directement une confidence qui eût rendu la pièce impossible A cette supposition, nous ne devons pas négliger de le dire, on en a opposé^ une autre bien diflerente, d'après laquelle ce qui avait semblé un débris de prologue a été au contraire rapporté à une espèce d épilogue. Selon cette nouvelle manière de voir les paroles de Diane, conservées par Élien, auraient été adressées, vers la fin de la pièce, à Glytemnestre restée sur la scène après le départ de sa fiUe et que la déesse serait venue consoler par l'annonce de l'heureux dénoûmeni.
Une tirade* qui interrompt bizarrement les vers anapestiques de la première scène par de nombreux vers laTObiques, et de plus, fort inutilement, la confidence d Agamemnon à son vieux serviteur, par le récit rétroactil
d événements que celui-ci n'ignore pas plus que son
maître, a paru à quelques critiques* avoir été une portion notable du prologue par lequel on pense que s'ouvrait comme toutes les autres, cette tragédie. '
Qiiel qu'ait été ce prologue, comment a-t-il ou disparu de ouvrage, ou passé, par intercalation, dans la scène qu il précédait? Cela est-il du fait des éditeurs auxquels