‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 340 sur 893 · scène, d'ailleurs si frappante par la marche du dialogue · texte numérisé non relu

scène, d'ailleurs si frappante par la marche du dialogue

la vérité des sentiments, l'éloquence de la passion, et dont le sujet était entièrement nouveau sur le théâtre. ^ Pour la première fois on y entendait le langage de l'amour, que n'avaient jamais parlé ni la muse d'Eschyle ni même celle de Sophocle. Car, on l'a vu», si cette passion a part au dénoûment de VAntigone, elle n'est pour rien dans la pièce, ou du moins ne s'y produit point; et

quant à la jalousie, d'ailleurs si bien peinte, de Déjanire^,

c'est, plutôt celle d'une épouse qui sent sa dignité et ses droits offensés par un odieux partage, que celle d'une amante. Pourquoi les tragiques grecs avaient-ils jusquelà banni de leurs compositions une passion qui, au contraire, a régné presque seule dans les nôtres? Ce qu'on a dit là-dessus de plus raisonnable et de plus plausible', c'est que, dans les mœurs et d'après la constitution de la société antique, l'amour tenant moins à l'âme qu'aux sens et n'étant pas encore épuré par l'alliance de sentiments .

plus nobles, n'eût pas été digne d'un art qui se proposait

surtout d'exprimer et de faire ressortir, dans ses peintures, la dignité morale. Pour s'élever à la tragédie, il

fallait que, causé par une irrésistible fatalité, troublant le cours ordinaire des choses, luttant contre les obstacles de la nature et de la loi, entraînant à sa suite les consé quences les plus funestes, il présentât les caractères tou-

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