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DE LA TRAGEDIE GRECQUE
chaussé sans gloire, et s^ètre placé, par ses soixante-dix pièces, par ses deux victoires, dans un rang assez honorable, puisqu'il n'était pas encore oublié du temps d'Ennius et de Plaute, comme l'attestent chez Tun les fragments d'une imitation de son Achille, et, dans un des prologues de l'autre, un innocent trait de parodie lancé contre la même pièce *. Une anecdote, rapportée par Suidas, nous fait connaître le titre d'un autre de ses ouvra^'es : il l'aurait intitulé Esculape, en l'honneur du dieu de la médecine, qui lavait guéri d'une grave maladie, et
avait réclamé de lui une marque de reconnaissance *. A qui eût révoqué en doute ce commerce merveilleux du
poète avec le dieu, les Athéniens eussent montré la chapelle érigée à Sophocle après sa mort, pour fui avoir donné
l'hospitalité*.
De toutes les colonies, pour ainsi dire, qu'alla fonder par le monde l'art athénien de la tragédie, celle de Sicile fut assurément la plus prospère. Elle trouva en cette île, où la comédie était déjà ancienne, un sol tout dramatique préparé pour la recevoir, et elle y fut établie, je l'ai
déjà rappelé plus haut, par Eschyle lui-même. On a dit que ce grand homme, réduit, dans la force de l'âge et du
génie, à partager, avec le jeune Sophocle, la scène où il régnait seul, aima mieux la lui céder tout entière ; qu'il voulut échapper au déplaisir, toujours si sensible, de voir
qu'Aristarque de Tégée donra le premier à la tnigéHe l'étendue qu'elle a conservée depuis. Voyez W. C. Kayser, Hùt. crit. trag.grœc. p. 210.