scène, d'ailleurs si vive, où Racine semble avoir pris la
sente la littérature latine, les beaux mouvements prêtés au désespoir d'Ariane et de Didon rar Catulle [Carm. l^iv, 7n sqq.), P^^^Vf^^ IMn. IV 320 sqq.). Celte revue condiurait jusqu'à Sérièque qui, développant à son ordinaire, longuement et subtilemct, les quelques vers d Euripide, en a fait de la pure rhétorique : . Ou me r.nvoies-tu? Ou irai-ie? Vers le Phase? En Colchide? Dans le royaume de mon père . Sur cette terre arrosée du sang fraternel? Quelles terres, quelles mers assignes.tu à mon exil? E^t-ce le détroit p.r leq.iel je ramenai es nobles fils des rois de la Grèce, fuyant moi-même à la «mie d un rau-seur? Est-ce la petite lolch- s? La Thessalie? Tempe? Touies les routes que je t'ai ouvertes, je me Ips suis fermées; ou me lenvoies-lu? A une
exilée lu imposes Texil, el ne peux le lui donner. ... »
Ad quos remittis? Phasim et Colchos pelam, Palriumque repnum, quaqne fraternus cr. or Perfudit arva' Q^aspeti terras jubés?
Ouae maria monstras? etc.
(V. 451 sqq.)
1. Telle est celle (v. 528 sq.)qu'Ennius, probablement, selon CicérOQ {Tusc. IV, :^2), avait rendue ainsi :
Tu me amoris magis quam honoris servasli gratia.
Telle est celte autre (v, 534 sqq.) dont on a cru peut-être trop légèrement (voyez O. Ribbeck, ibid., p. ICO, 317) trouver une trace parmi les tragmenls si obscurs, si peu intelligibles de la Medee d Aiiius, dans ces mots, conservés pas Nonius (v. Immane) :
Prima ex immani ad mansuetam adplicans.
Par le premier des deux passages, que le grec, dont ils sont traduits ou imiié^s nous interprète, Jason se dispense de toute reconnaissance envers Médée, en attribuant les services qu'il en a reçus au mouvement mvolon.aire de la passion; par 1h second U prétend s'être acquit é envers elle lorsqu'il l'a fait passer, de la barbarie où illa prise, à la civilisation des Grecs
MEDEE
première idée de la dispute d'Hermione et de Pyrrhus, et surtout de cette tirade qui la termine :
• Perfide, je le voi,
Tu comptes les moments que tu perds avec moi ; Ton cœur impatient de revoir ta Troyenne Ne souffre qu'à regret qu'une auti e t'entretienne. Tu lui parles du cœur, tu la cherches des yeux. Je ne te retiens plus ; sauve-toi de ces lieux : Va lui jurer la foi que tu m'avais jurée,
Va profaner des dieux la majesté sacrée.
Ces dieux, ces justes dieux, n'auront pas oublié Que les mêmes serments avec moi t'ont lié.
Porte aux pieds des autels ce cœur qui nVabandonne ;
Va, cours, mais crains encor d'y trouver Hermione'.
Ces beaux vers sont le développement de l'adieu qu'adresse Médce à Jason, dans ces courtes paroles :
« Va donc vers ta nouvelle épouse ; tu languis, je le vois, en son absence, et je t'arrête trop. Cours achever cet hymen : peut-être, s'il plaît aux dieux, te coùtera-t-il bientôt quelque
repentir*. »
Qui peut encore arrêter Médée dans l'exécution de ses
desseins? un soin que W. Schlegel juge avec raison Lien
vuls^aire, bien peu digne de son audace et de sa fierté, la
soiiî d'assurer sa retraite, et de se procurer un asile. Le roi d'Athènes Egée passe à point nommé par Gorinthe pour lui promettre, par des motifs de compassion et d'intérêt, de la recevoir dans ses États». Une telle négociation paraît froide au milieu des passions qui animent cette tra^i'die, et si elle y a trouvé place, c'est sans doute qu'Euripide n'a pas osé s'écarter de la tradition, ou qu'il