‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 401 sur 893 · Andromnque, acte IV, se · texte numérisé non relu

Andromnque, acte IV, se

3. Est-ce à roccasion de cette scène qu'Anstote critique Euripide, dans un passage assez obscur de sa Poétique (xxv, 19)? On ne sait. (Voyez à ce sujet le commentaire de M. Egger, p. 474.) 11 aurait en cela devancé le blâme à peu près unanime des modernes. Lauleur de VEuripides restilutuSj M. J. A. Hartung, est peut-ètie le seul qui ait pris, eu cette occasion, la défense de son auteur, par des raisons ingénieuses, mais, comme il lui arrive quelquefois, bien subtiles (voyez t. I, p. 338 de son ouvrage)

a voulu flatter Toreille des Athéniens, fort sensiLles à ce plaisir, des noms, toujours bienvenus pour eux, d'Athènes et de ses héros. A cette dernière intention peut, en effet, se rapporter un chœur que Ton rencontre un peu plus loin*, chœur tout rempli des louanges de l'Attique, et qui n'est pas sans ressemblance avec l'éloge de Golone dans le second des deux Œdipe de Sophocle*.

Dans les derniers vers de ce morceau», où les femmes de Gorinthe demandent à Médée comment Athènes pourra accueillir une mère impie, souillée du meurtre de ses enfants, on a vu* ingénieusement l'éloge indirect du poëtc qui, par son art, lui en a fait accepter le tableau.

Enfin, Médée est prête et va frapper. Elle annonce au chœur tout ce qui doit suivre avec une clarté et une précision que W. Schlegel a encore blâmée, mais, ce me

semble, moins raisonnablement, puisque, sans cette révélation, nous ne pourrions comprendre dans les scènes suivantes son artifice et ses remords.

Jason, qu'elle a mandé, la trouve avec surprise dans des sentiments plus calmes. La réflexion l'a changée, dit-elle; elle se résigne, quoiqu'il lui en coûte, à un exil nécessaire, même pour son repos, à un divorce, dont profiteront un jour ses enfants ; seulement qu'il leur soit permis de rester à Gorinthe près de leur père ; c'est tout ce qu'elle désire. La nouvelle épouse de Jason peut facilement leur obtenir cette grâce ; eux-mêmes , pour la fléchir, vont de la part de leur mère lui offrir cette robe, ce diadème, parures éclatantes, qu'elle tient du Soleil, son aïeul.

Le spectateur est déjà instruit que ces funestes présents, infectés par Médée de mortels poisons, doivent faire périr la jeune princesse, et avec elle son père qu'un empressement naturel fera sans doute voler à son secours.

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