I.IEDEE
dans quelques vers d'Apollonius de Rhodes*, l'étonnement d'un berger, qui ne sait encore ce que c'est qu'un vaisseau, lorsqu'il voit s'approcher du rivage celui des Argonautes :
« crest une masse énorme, qui, glissant sur les eaux, arrive de la haute mer avec un mouvement impétueux, un grand bruit, un souffle violent. Sur son passage, elle repousse les flots, elle soulève leurs tourbillons, et, tandis qu'elle avance et se précipite, l'onde recule et rejaillit. On croirait voir un nLiaf^e rouler sur les flots qui Tarrêtent, un rocher bondir dans les airs, poussé par les vents et par la tempête, une montagne humide se former du concours des vagues furieuses. Ou bien encore on dirait que c'est la mer qui bouleverse son lit, que c'est Triton, qui, ruinant avec son
trident ses grottes souterraines, lance les blocs qu'il arrache
et déracine du fond de Tabîme vers sa surface et vers les cieux. »
La citation s'interrompt malheureusement, et de trop courts extraits expliquent, par intervalles, comment, l'objet merveilleux avançant toujours, le berger distingue enfin les navigateurs eux-mêmes dont il compare les mouvements à ceux des dauphins bondissants, et dont les chants lui rappellent ceux de Sylvain dans les bois.
Tanta moles labitur Fremebunda ex alto, ingenti sonitu et spiritu ; Prae se undas volvit ; vortices vi suscitât ; Huit prolapsa ; pelagus respargit, reliât ;
lia dum interruptum credas nimbum volvier, Dum (|uod sublime ventis expulsum rapi Saxum, aut procellis, vel globosos turbines Existere ictos undis concursantibus :
Nisi quas terrestris pontus strages conciet, Aut forte Triion fuscina evertens specus Subter radiées penitus undanti in frelo Molem ex profundo saxeam adcœlum erigit.
Sic aut inciti atque alacres rostris perfremunt Delphini.
Silvani melo Consimilem ad auris cantum et auditum refert.