Ad Pùon
gur un serpcr^ ailé*. Il serait possible cependant que l'allusion ne remontât pas si haut, et qu'elle dût s'arrê-
ler à Mécène, à qui Tode est adressée, et qui, poète luimême aussi bien que patron du poète, avait, à ce que l'on croit*, composé une Médée.
Nous sommes plus sûrs de l'existence d'une autre Médée dont Ovide était l'auteur et qu'on ne confond plus avec le centon tragique composé, sous ce titre, aux dépens de Virgile, par un certain Hosidius Gcta, d'époque inconnue, dont a parlé Tertullien'. La Médée d'Ovide, ouvrage de sa première jeunesse, bientôt emportée vers des genres moins sérieux*, parut avec éclat, et se maintint longtemps sur les théâtres do Rome ; nous le savons
par le poëte lui-même, qui, du fond de son exil, apprenait avec plaisir ces succès en quelque sorte posthumes, comptant sur eux pour entretenir la pitié du peuple romain et fléchir la colère de l'empereur ^ Cette tragédie a été vantée par Tacite ^ par Quinlilien', qui nous en a conservé * ce beau vers :
Servare potui, perdere an possim, rogas ?
« Je Tai pu sauver, et tu demandes si je pourrais te perdre! »
Ce vers n'a point de correspondant dans la pièce d'Euripide, et il a fait douter que celle d'Ovide en fût une