Voyez plus haut, p
ALCESTE
de la chevalerie, que de celles de la fable antique. Les sentiments développés par Euripide s'aperçoivent à peine ici : ceux qu'y a substitués le poète moderne ,
s'expriment seulement en quelques vers, thèmes rapides
de rexpression musicale , et de plus à tout instant interrompus par le retour importun d'une contre-partie comique ; ils disparaissent presque parmi les merveilles sans
nombre d'un spectacle qui fait intervenir dans l'action les puissances surnaturelles du ciel, de la mer, des enfers,
et par des tableaux ingénieusement variés , amuse, enchante les sens et l'imagination, un peu aux dépens des émotions du cœur. A cette partie accessoire de l'œuvre
appartiennent quelques vers qui en sont la principale
"beauté. Marmontel* les a loués comme une parodie inimitable d'un air de LuUy ; Voltaire ^, dont La Harpe ^
trouve l'expression bien forte, a dit que rien n'est plus beau , ni même plus sublime. Les suivants de Pluton y fêtaient ainsi la venue d'Alceste * :
Toux mortel doit ici paraître;
On ne peut naître
Que pour mourir.
De cent maux le trépas délivre ;
Qui cherche à vivre
Clierche à souffrir.
Venez tous sur nos sombres bords;
Le repos qu'on désire
Ne tient son empire
Que dans le séjour des morts.
Chacun vient ici-bas prendre place :
Sans cesse on y passe ; Jamais on n'en sort.
C'est pour tous une loi nécessaire, L'effort qu'on peut faire N'est qu'un vain effort.
Est-on sage
l FAéments de LiVératnre, art. Canevas.