Deipn.y XllI. Cf. Val. Max., IV, m, i
8. Celui peut-être auquel Piularque emprunte quelques détails, Vit,
Cim.^ IX, XVI ; Vit. Pericl., v, xxviii.
9. iElian., Var. hist.j III, 8. Bentley, Respons. ad C. Boyl., xiy
conteste l'anecdote et croit qu'Elien a confondu avec le poète tragique
Phrynichus »in général du même nom et d'une époque postérieure (Ttiucydide, Vlll, raconte sa mort arrivée la deuxième armée de la
xcii« olympiade), qu'en distingue quelque part le scoliaste d'Aristophane.
10. Vit. Sophocl; Arg. Antig.; Strab., XIV. Cf. Clnton, Fa^st. heU U nie, p. 5U.
HISTOIRE GÉNÉHALE
naissance Tannée même de Ja première victoire d'Eschyle la première de Ja lxxiv olympiade, en 484*, et on le fait fleurir quatre ans après Ion, vers la deuxième année de Ja Lxxxiir Olympia ie, en 447. Auteur de tragédies dont le nombre est aussi fort diversement rapporté, il ne fut qu'une fois honoré du prix%- mais ce sont ses drames satyriques souvent cités, entre autres par Athénée», qui Tont surtout illustré*.
On peut le croire, les trois tragédies que nous avons décrites, et dont la succession compose Thistoire complète de l'art chez les Grecs, les deux dernières surtout, retrouvèrent tour à tour, dans chacun des tragiques de
second ordre, classés par les Alexandrins, une expression nouvelle. Agathon d'Athènes, qui y remporta le prix de la tragédie, la première année de la xci« olympiade « en 416, au plus fort des succès d'Euripide, eut les défauts de son illustre contemporain, et, comme il était naturel, y ajouta. Aristo'e, recommandant « ce qu'Horace' semble avoir prescrit d'après lui, que le chœur tienne à la p^èce y ait son rôle, en soit un des acteurs, ajoute : « comme chez Sophocle, et non comme chez Euripide; » puis il accuse Agathon , qu'il cite au reste souvent et honorablement », d'avoir donné le fâcheux exemple de chœurs sans rapport aucun avec le sujet, s y ajoutant arbitrairement, capricieusement, comme des espèces d'intermèdes Ailleurs», il lui reproche d'avoir altéré l'unité du drame par rmtroduction de trop nombreux épisodes, plus apparemment, qu'Euripide, dont il ne parle pas, et que sans cela il eût dû citer; car cette nouveauté dangereuse venait originairement de lui. Agathon a certainement, par la mollesse, la recherche, l'atféterie de sa pensée ei de
son langage, modelés sur les exemples de Gorgias, par
PollH".'^;; '^rH- - ^r n'''^'*.' ^^' V' ^' Xï> XÏV- Cf. Casaub., dô 1 oes. satyr., I, 5. — 4. Diog. Laert , H, 133.
^^.V Athen., Deipn., V.Cf. Clmton, Fast. hellcnic, p. 79. -6. Poct., 7. Ad Pison., v. 193. - 8. Pcct., xv, xvii. - 9. Poct., xvm.
DE LA TRAGEDIE GRECQUE
le e^oût de l'antithèse et d'autres agréments auxquels il
tenait beaucoup, et qui, de son aveu, étaient tout Agathon*, précipité la décadence du style tragique, commencée en quelque chose par Euripide. Aristophane nous le fait comprendre, lorsque, avec cette exagération bouffonne
qui chez lui cache un sens si délicat et si juste, il le représente « gazouillant une marche de fourmis* ». Sans le
témoignage d'Aristote, la postérité aurait pu douter si S3S pièces, celle surtout qu'il a intitulée la Fleur, "Âvôq;*, pièce toute d'invention, sujet et personnages, étaient bien précisément des tragédies; si ce n'étaient pas plutôt des ouvrages de caractère indécis, dans lesquels, plus
encore que dans ceux d'Euripide, se marquait le passage
de Tart vers cette forme encore inconnue, qui devait bientôt venger et Euripide et Agalhoo des épigrammes d'Aristophane, en remplaçant Tancienne comédie par la nouvelle *. La critiqui, en accusant ce poëte d'avoir consommé la ruine de Tari tragique, craint de se montrer bien sévère; elle se sent comme désarmée par ces grâces trop séduc-
1. iElian., Var, hist,, XIV, 13; Plutarch.,^ Sympos,y nr,i; Philos-
trat., Vit. SophisL; Athen ,Deipn., V. Athénée cite du Télèphe d'Agathon certain pas-age r>ieri étrange. Un personnage, qui sans doute ne
sait pas lire, y décrit, lettre par lettre, le nom de Thésée, OHCKïC : • Farmi ces caract("''res, on voyait d'abord un cercle avec un trait au milieu: venaient ensuite deux lignes accouplées; la troisième figure
ressemblait à un arc de Scythie; puis c'était un trident obliquement placé; ensuite deux lignes se réunissant au sommet d'une troisième; enfin, la troisième revenait ^ la dernière place.... » Les sentences que cite d'Agaihon Aristote (Ethc. Eudem., III, l; V, i, 4), bien que sous cette forme antithétique qu'il atïectionnait, lui font plus d'honneur que ce puéril jeu d'esi>iit, dont au reste Euripide (Athen., Deipn., ibid.; Thes.^ fragm. V) lui avait donné le modèle, et que renouvela après hu Théodecie (Alhen., Deipn., ibid.). Achœus aussi avait montré sur la scène des satyres qui épelaient le nom de Bacchus (Athen. , Deipn., XI). mais c'était dans un drame satyrique.
2. Thesmoph., v. 99. Cf. Suid., v. Mûp(Ain^ Dans la môme comédie d'Aristophane, v. 52 et «uiv., l'esclave d'Agathon décrit très-plaisamment les peines que se donne son maître en quête des petites grâces de sa poésie.