Ajoutez ce vers aux passages cil-s t. l, p. 3G9 sq
OntlSTE.
Cette sombre et terrible explication se continue, et développe aux yeux de Ménélas toute l'horreur du sort d'Oreste, abandonné des dieux qui l'ont poussé au crime,
poursuivi par les ennemis d'Agaraemnon, par les amis d'Êgisthe, et qui, dans ce jour oii un jugement public doit
prononcer son arrêt de mort, n'a plus de ressource ni
d'espoir que dans le parent qu'il implore.
En ce moment le chœur annonce l'arrivée du vieux
Tyndarc, le père de Glytemnestre, la tête rasée, et couvert d habits de deuil. A sa vue, Oresto se sent saisi de
honte et d'effroi , ses paroles sont pleines du trouble le plus dramatique:
« Je suis perdu, Ménélas: c'est Tyndarc qui s'approche, Tyndare, de qui «urlout je redoute les regards, après ce que j'ai fait. Il éleva mon enfance, me couvrant de ses baisers, se plaisant à porter dans ses bras le fils d'Ai^amemnon : Léda en
faisait de même, et tous deux me chérissaient à l'égal des fils de Jupiter. Hélas! malheureux que je suis! pensée qui déchire mon cœur! de quel retour j'ai payé leurs soins! N'est-il point de ténèbres où cacher mon visage? point de nuage devant moi, pour me dérober aux yeux de ce vieillard *? »
La scène qui suit est digne de cette annonce véhémente. Tyndare a quitté le tombeau de Glytemnestre, oii
il répandait des libations funèbres , pour venir en hâte saluer Ménélas, dont on lui a annoncé l'arrivée. 11 s'indigne de le trouver, contre la défense du peuple d'Argos, engagé dans un entrelien avec le parricide Oreste. L'image par laquelle il désigne ce dernier est propre à faire comprendre jusqu'à quelle hardiesse de style peut s'élever le langage si simple du dialogue grec, quand il
est soulevé par la passion. « Ce meurtrier d'une mère,
dit-il, ce serpent abhorré, qui lance à la porte du palais
le feu impur de ses regards-' . » Dans un discours suivi,
de formes un peu étudiées, il lui reproche son attentat ; Oreste se défend de même, non sans quelque embarras,