‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 475 sur 893 · V. 468 sq · texte numérisé non relu

V. 468 sq

quelque confusion, à la vue du vieillard qu'il a privé d'une fille. Les Grecs, peuple amoureux de la parole et des

combats judiciaires, se plaisaient à ces sortes de plaidoyers contradictoires, et Euripide mit peut-être trop de complaisance à les servir selon leur goût ; peut-être doiton lui reprocher d'avoir quelquefois altéré la vérité dramatique par l'apprêt du rhéteur, la subtilité du sophiste. Nous retrouvons dans ce débat, du reste animé et intéressant, les arguments déjà développés par Eschyle, dans

la scène des Euménides qui représente le jugement d'Oreste;

un entre autres des plus bizarres, que je me contenterai d'indiquer, en ayant parlé ailleurs plus au long*, celui par lequel le père est représenté comme l'unique auteur de la naissance. Il ne paraît pas qu'il ait été reproché à Eschyle ; mais on ne le passa point à Euripide, et, lorsque son Oreste fit entendre ces paroles: « Sans père, il n'est point de fils ^, » une voix, probablement une voix de femme, s'écria dans l'amphithéâtre : « Et sans more, infâme Euripide '? » Si VOrestP^ donné quatorze ans environ après les Nuées \ les eût au contraire précédées/l'élève

des sopliistes, peint par Aristophane dans le personnage de Phidippide, n'eût pas manqué d'appuyer de cette autorité son étrange et scandaleuse thèse sur le droit qa'ont les fils de battre leur mère*.

La défense d'Oreste anime Tyndare d'un nouveau courroux ; il sort en annonçant qu'il va poursuivre auprès des Argiens la condamnation du parricide, et en menaçant Ménélas, s'il ose s'y opposer, de ne le point recevoir à Sparte. Cette menace, répétée deux fois et avec

les mêmes termes, a paru à de savants interprètes* introduite, dans un des deux endroits, par une indiscrète

l.T. I, p. 379 sq.

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