‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 49 sur 893 · lian. Var.hist II, 21; V, 13. - 8. /d., ,6//, XIII · texte numérisé non relu

lian. Var.hist II, 21; V, 13. - 8. /d., ,6//, XIII

9. Apollod.ap Diod Sic XIII, 103, etc. Voyez Cl nlon, Fasl hellenic p. 87.-10. /d., tbid. Cf. Bœrkh, Grœc. tmg. princip: xn - 11. Argum. Ran. - 12. Meineke, Quœst. scenic.,U,p. 10; Fra^m' comic. grœc, t. 1, p. 157; t. li, p. 592. - 13. Arg. tert. Œdip. Col'

survivre à sa défaite et arriver à la postérité, la comédie

des Grenouilles offrit, on le sait, sous une forme toute

pareille, un sujet à peu près semblable : c'était encore le

procès d'Euripide, non plus contre kîophocle, mis, en raison de sa supériorité, hors de cause, mais contre Eschyle*, objet constant des louanges de l'ancienne comédie, qui se servait de sa vieille gloire pour attaquer des

gloires plus récentes ; Eschyle, que déjà un des prédécesseurs d'Aristophane, Phérécrate, avait évoqué des enfers, et fait magnifiquement parler de lui-même*. Dans

les Grenouilles, cette histoire à la fois si houflonne et si vraie de la tragédie grecque, Aristophane cherchait en

vain, parmi les tragiques encore vivants, encore présents

k Athènes, récemment quittée par Agathon, quel serait

le successeur des grands poêles, perdus désormais pour

le théâtre. Déjà, à une époque que de savanis critiques'' font partir de la Lxxxix* olympiade, c'esl-h-dire de l'an

420, la fureur toujours croissante des Athéniens pour la tragédie avait précipité vers ce genre la luu'titude de jeunes et aventureux discoureurs* dont Aristophane compare le babil tragique au gazouillement d'une volée d'hirondelles''; elle avait amené, pour la versification et le

style particulièrement, une négligence à laquelle parti-

1. Aristophane les avait déjà opposés l'un à Vautre dans une espèce de querelle des anciens et des modernes, engagée entre deux de ses pl'is comiques peraonnages, Strepsiade et son fils Piiidippide. Vuyez

iVw5., 1347 sqq.

2. Schol. Aristoph., Pax, 748. Cf. Meineke, Fragm. comte, grâce,

t. I, p. 85; t. II, p. 289.

3. God. Hermann, Elément, dnct. metric. ^ p. 88, 125; Opusc, t. III, p. 148, 273, 287, etc.; Bœckh, Grœc. trag. princip., xx, p. 260.

4. Ce que nous savons des débuts assez hâtifs de quelques-uns des

meilleurs tragiques d'Athènes , et l'expression dont se sert Aristophane en parlant de la jeunesse de leurs successeurs, (xei!:;ax\iX>.ia, donnent

à penser qu'un auteur de tragédies n'était pas obligé d'attendre, pour se produire, l'â^e de trente ou de quararite ans, exigé de celui qui entrait dans la carrière, regardée sans doute comme plus politique, de la comédie. Voyez Schol. Aristoph., Au5., 530, et ce que disent à ce sujet, principalement Clinton, Fast. /iciirmc, proœm., p. lix; Meineke, Fragm. comic, grœc, t. I, p. 104, etc. 6. Ban., 93.

HISTOIRE GÉNÉRALE

cipèrent même, dans quelques-uDS de lenrs derniers ouvrages, Sophocle et beaucoup plus Euripide. Eux morts et Agalhon parti, qui pouvait arrêter l'art sur celte pente

où l'entraînaient vers le métier l'ambition indiscrète la

facilité expéditive et routinière de tant de poëtes, sans

vocation et sans conscience, fort épris des couronnes dionysiaques, mais indignes d'y prétendre et incapables de les mériter? Aucun de ceux, assurément, dont nous avons

emprunté la longue liste à Aristophane, et que, par une

autre comparaison, fort convenable au personnage qu'il fait parler, le dieu de la tragédie qui était aussi le dieu du vin, il appelle des grappillons oubliés dans la vigne tragique*. Les hommes manquaient et plus encore "les

choses : la tragédie avait fait son temps. Cette mythologie, sur laquelle elle vivait depuis plus d'un siècle, avait

été enfin épuisée par tant d'écrivains empressés de reproduire incessamment les mêmes sujets dans des drames qui se comptaient par centaines : en outre, une infatigable

parodie tendait depuis hien des années à la chasser du

théâtre, comme une audacieuse philosophie à l'exiler du

monde réel. L'histoire à laquelle la tragédie avait par

exception touché deux ou trois fois* eût pu renouveler heureusement les tableaux de la scène : mais Athènes,

abaissée plus encore par elle-même que par la fortune*

ne suffisait plus à une tâche trop forte pour son patriotisme expirant, et que lui eussent d'ailleurs prudemment interdite les ombrages de tant de tyrannies diverses aristocratiques et démocratiques, lacédémonisnnes et macé-

Page 1