‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 50 sur 893 · Jtan.j · texte numérisé non relu

Jtan.j

2. Dans les Phéniciennes de Phrynichus, dans les Pmw d'Eschrle on 1 a vu plus haut; dans le Mau;ole de Théodecle, on le verra f.luj

oin, p. 102; peut-être dans le Themûioc/e de Mos:hion, oùMeineke

(/rapm. comic. çn^c, t. I, p. 522), et Fr. G. Wagner (Porf. /ra^.

graj:. frogm ^ ^i^. Di. ot, p. 138) voient avec vraisemblance, comme depuis W. C Kayser {Hist, criL. trog. ur„c.. p. 94 sqq.). une tra-

gedie Meineke (tbid., p. 424^ attribue un autre Thdmist c cl" iloni a parlé Suidas comme d'une comédie de Philiscus, à un poète liacique

tés par Suidas parmi les tragédies de Lycophron, avaient un sujet

DE LA TIUGEDIE GRECQUE

doniennes, qui se la disputaient. Quand le génie et Tascendant de Philippe et d'Alexandre, triomphant de tant de

libertés qui ne pouvaient vivre en paix sur le même sol, eurent violemment ramené à TuDité grecque, pour les employer à la conquête de l'Orient, toutes ces républiques turbulentes et insociables, Athènes, par trop pacifiée, n'eut

plus de goiit que pour les élégants désordres d'une vie

toute sensuelle et les ingénieuses comédies, où en riaient, sans les corriger, les Antiphane et les Alexis, les Diphile,

les Philémon, les Ménandre.

Jusque-là et même après, la tragédie, tout épuisée,

toute déchue qu'elle était, ne laissa pas que d'exister:

elle trouva encore, ce qui manqua plus tôt à la comédie, mais dont celle-ci pouvait plus facilement se passer, des

choréges pour faire les frais de ses chœurs ; elle ne manqua jamais de poëtes pour défrayer d'ouvrages nouveaux les représentations solennelles de son principal

théâtre, le théâtre de Bacchus, et de tous ceux qu'il avait suscités, dans ce que nous pourrions appeler la banlieue et la 'province d'Athènes, dans toutes les villes grecques, dans la Macédoine, dans la Sicile, dans la Grande-Grèce et

les îles.

Il serait infini et fastidieux de reproduite ici tous les catalogues, du reste bien peu d'accord entre eux, bien peu

dignes de foi, qui nous sont parvenus des innombrables drames fournis sans relâche, des victoires dramatiques incessamment remportées par les tragiques du iv* siècle, faibles et maintenant obscurs successeurs des maîtres du v". BornoDS-nous à indiquer, autant que la chose est possible en l'absence de tout monument, l'esprit général de leurs œuvres, et pour cela, mettons principalement à

profit les témoignages précieux d'un grave contemporain,

qui, ne traitant que des principes de Fart, a, sans dessein, retrace quelques traits de son histoire à l'époque oii il écrivait.

Arislote nous apprend, par exemple, que la tragédie,

au lieu de se rajeunir, comme il eiat été naturel, en cherchant de nouveaux sujets, suit dans l'histoire, nous le

ESCHYLE — 7

HISTOIRE GÉNÉr.ALE

Hi

disions tout à l'heure, soit daus ies traditioDS les moins

usées, les moins rebattues de la mythologie, ne s'occupait plus, au contraire, que d un petit nombre de familles,

tragiques par excellence, il est vrai, mais dont il eût peutêtre été temps de laisser en paix la mémoire trop célébrée, celles des Alcméon, des Œdipe, des Oreste, des

Méléagre, des Thyeste, des TéJèphe ^ Comment ramener encore sur la scène des personnages qu'on y avait vus

tant de fois, sans rencontrer la trace des chefs-d'œuvre,

OU, si on voulait l'éviter, sans s'égarer dans de fausses

voies? Aussi les tragédies nouvelles, comme on les appelait, quand elles n'étaient point un remaniement servile d'ouvrages connus, n'offraient-elles que Texagéralion

indiscrète de quelques nouveautés dangereuses, autorisées, nous l'avons vu, par de grands exemples. On multipliait les intermèdes, les épisodes, saDS trop se soucier de l'antique unité « ; on cherchait le succès dans l'intérêt seul de l'action, et non plus, comme autrefois, dans la

peinture des mœurs *. Le haut style d'Eschyle et de Sophocle qu'Euripide déjà, avec un art, un bonheur qu'a justement vautés Longin *, s'était appliqué, en quelque sorte, à humaniser par un mélange d'expressions em- •pruntées aux plus pures et aux plus élégantes de lusage

ordinaire " ; qu'à la même époque un poëte, certes moins

habile, Sthénélus, un autre, Gléophon, nommé avec lui

par Aristote % et probablement son contemporain, ou peu

s'en faut, avaient réduit au mérite assez humble de la propriété, de la clarté, ce haut style, ainsi abaissé, descendait de plus en plus vers la prose''. L'idéal, longtemps chassé des choses mêmes par le réel, l'était maintenant des mots, son dernier retranchement. Ces drames, dont

la complication, le mouvement, probablement aussi le spectacle, plaisaient à la foule, ces drames sans mœurs

et sans poésie, sortes de livrets auxquels la représentation

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