‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 509 sur 893 · Troad.y 14, 132 , Ilec, 121, 462 sqq., etc · texte numérisé non relu

Troad.y 14, 132 , Ilec, 121, 462 sqq., etc

fi

de Troie * !» Et ce n'est pas seulement d'Athènes qu'elles

se souviennent, mais encore *, on l'a quelquefois remarqué S des colonies athéniennes de l'Italie, de la Sicile, dont, au temps de la représentation des Troycnnes\ l'ambitieuse et imprudente Athènes se promettait la conquête.

L'esclavage auquel elles sont destinées est le texte le plus fréquent de leurs discours, et comme la matière générale des deux tragédies. Il est peint, non pas avec ces couleurs adoucies que lui prête, dans nos imitations modernes, une civilisation plus humaine, et qui le réduisent à une sorte d'exil dans une terre étrangère, mais avec toute son ignominie, toute sa misère, tel qu'on se figure qu'il dut être en effet au milieu de la rudesse des mœurs barbares. La poésie grecque ne fardait rien, et l'on ne s'étonnera pas qu'Euripide , même lorsque sa

pensée et son style s'élèvent le plus, exprime avec une franchise familière, sans vains détours de figure ou de périphrase, les plus humbles détails de cette condition servile, de cette domesticité à laquelle vont être ravalées ses héroïnes. Homère, avant lui, les avait bien mêlés à l'entretien d'Hector et d'Andromaque*. La critique aurait mauvaise grâce à se montrer plus dédaigneuse. Ne craignons pas de compromettre la dignité de notre analyse, en disant que les captives troyennes seioprésentent déjà, chez un Grec, réduites à garder sa porte, à balayer sa

maison, à préparer son repas, à soigner ses enfants, à

filer ses habits, quelquefois même, et c'est le comble de l'outrage et du malheur, à satisfaire sa fantaisie brutale, à passer de ses bras dans les bras d'un de ses esclaves ^ Mais combien la bassesse hardie à laquelle descend volon-

Page 1