Iliad. VI, 456. . ^r
6. rroad., 198 sqq., 499 sqq. j Hec., 357 »qq., etc. Cf. Androm.,
166 sq.
LES TROYENNES. — HECUBE.
tairement Euripide, est heureusement relevée par ces images de bonheur domestique, de prospérité, de gloire, qu'un regret douloureux ramène à chaque instant dans la mémoire et dans les plaintes de ces femmes si malheureuses et quelques-unes si illustres. Car ce n'est pas seulement le vulgaire d'Ilion que le poète nous montre en proie à de telles appréhensions ; ce sont aussi les princesses du sang de ses rois, les filles de Priam et les épouses de ses fils.
Nous arrivons des derniers plans de ce tableau lugubre, à ces malh-urs d'élite qui se dessinent plus près de nos regards et doivent principalement les attirer. C'est la prêtresse d'Apollon, la prophétesse Gassandre, que, malgré son saint caractère, un sort injurieux destine à la couche d'Agamemnon; c'est Andromaque, la veuve d'Hector, condamnée à suivre sous un titre pareil, le fils de son meurtrier, à se voir arracher, pour un affreux trépas, le fils qu'il lui a laissé*; c'est Polyxène, immolée en victime expiatoire sur le tombeau d'Achille ; c'est Polydore, lâche* ment assassiné par l'hôte avare et perfide auquel l'a confié la sollicitude de ses parents^.
Yoilà les acteurs qui, dans les deux drames où les a groupés Euripide, doivent principalement représenter le désastre de Troie. Mais eux-mêmes entourent une figui-e plus touchante encore, en qui se rassemblent tant d'infop-
tunes particulières, qui les ressent, qui les déplore toutes^ et sert comme de lien commun, comme de centre à la composition.
Cet empire glorieux et florissant qui vient de s'anéantir^ Hécube en était reine ; tous ces princes, ces héros massacrés, c'étaient son époux et ses fils; ces vierges et ces veuves qu*immole, que souille la victoire, ce sont ses filles* et les dernières et chères espérances de son amour, les tendres rejetons de Priam et d'Hector, en qui pouvait r^ fleurir un jour la fortune de Troie, on les étouffe impi-